Le Plan d’Épargne Retraite est devenu, en quelques années, l’enveloppe centrale pour préparer sa retraite en France. Il permet de mettre de l’argent de côté pendant sa vie active tout en bénéficiant d’avantages fiscaux attractifs, en contrepartie d’un blocage de l’épargne jusqu’à la retraite, sauf cas de sortie anticipée prévus par la loi.
Qu’est-ce qu’un PER en 2026 ?
Le plan d’épargne retraite (PER) est un produit d’épargne à long terme spécialement conçu pour préparer la retraite.
Il permet de se constituer progressivement un capital ou une rente, grâce à des versements effectués tout au long de la vie active.
Concrètement :
- vous réalisez des versements (ponctuels ou programmés) ;
- ces sommes sont investies sur différents supports financiers : fonds en euros, fonds actions, ETF, supports immobiliers (SCPI, SCI, OPCI), etc. ;
- au moment de la retraite, vous récupérez votre épargne en capital, en rente viagère, ou sous une forme mixte capital + rente.
Le PER se distingue des autres enveloppes par deux caractéristiques majeures :
- l’épargne est, par principe, bloquée jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi ;
- les versements peuvent, sous conditions, être déduits de votre revenu imposable, ce qui réduit immédiatement votre impôt l’année du versement.
Cette combinaison « blocage + avantage fiscal » en fait un produit de retraite puissant, qui doit être utilisé de manière réfléchie dans une stratégie globale de patrimoine.
Le PER en 30 secondes
- Une tirelire retraite : vous versez pendant la vie active, vous récupérez à la retraite, en capital ou en rente.
- Vous déduisez vos versements de vos impôts aujourd’hui (dans la limite d’un plafond).
- En échange, l’argent est bloqué jusqu’à la retraite, sauf accidents de la vie et achat de la résidence principale.
- Particulièrement intéressant si vous êtes imposé à 30 % ou plus.
Les objectifs du PER
Le PER poursuit trois grands objectifs :
- Compléter les pensions de retraite : en transformant une partie de vos revenus actuels en épargne longue, vous constituez un capital ou une rente qui s’ajouteront à vos pensions de base et complémentaires.
- Lisser votre fiscalité dans le temps : vous déduisez vos versements à une période où votre taux marginal d’imposition (TMI) est élevé, et vous serez imposé sur les sorties à un moment où vos revenus devraient être plus faibles.
- Structurer une épargne de long terme dans un cadre sécurisé et portable : vous pouvez y transférer d’anciens contrats retraite, regrouper plusieurs dispositifs et continuer à l’alimenter même en changeant d’employeur ou de statut.
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Bon à savoir
– Le PER a été créé en 2019 par la loi PACTE, avec un double objectif : simplifier l’épargne retraite et rendre les dispositifs existants plus attractifs, pour les particuliers comme pour les indépendants. Avant le PER, le paysage était éclaté entre PERP, contrats Madelin, PERCO et contrats « article 83 », chacun avec ses propres règles.
– Depuis octobre 2020, ces anciens produits ne sont plus commercialisés. Il reste possible de transférer les encours vers un PER individuel pour regrouper son épargne retraite dans une enveloppe unique, plus souple : sortie possible en capital, portabilité entre établissements, meilleure lisibilité des règles fiscales.
2. Les différents types de PER
La loi PACTE a harmonisé le cadre de l’épargne retraite autour d’un même « moule » PER, mais il existe trois grandes familles selon qui met en place le plan et l’origine des fonds.
PER individuel (PERin / PERI)
Le PER individuel est la version « grand public ». Il s’adresse à toute personne salariée, indépendante, fonctionnaire ou sans activité.
Vous l’ouvrez à titre personnel auprès d’un assureur, d’une banque ou d’un acteur 100 % en ligne comme Nalo.
Vous pouvez l’alimenter par :
- vos versements volontaires (ponctuels ou programmés) ;
- des transferts d’anciens contrats retraite (PERP, Madelin, article 83, PERCO…).
C’est l’outil privilégié pour optimiser votre impôt et construire une retraite sur mesure, avec une grande liberté de choix des supports.
PER d’entreprise collectif (PERECO / PERcol)
Mis en place par l’employeur, souvent en remplacement d’un PERCO, il accueille l’épargne salariale : participation, intéressement, abondements, transferts de compte épargne-temps (CET) sous forme monétaire.
Les salariés peuvent aussi y faire des versements volontaires. Le plan est facultatif, mais une adhésion par défaut avec possibilité de renonciation peut exister.
PER d’entreprise obligatoire (PERO)
Il remplace les anciens contrats « article 83 ». Réservé à certaines catégories de salariés (cadres, dirigeants…), il est alimenté par des cotisations obligatoires de l’employeur et/ou du salarié.
Il fonctionne comme un régime de retraite supplémentaire d’entreprise : la liberté de versements et la souplesse de sortie y sont plus encadrées.
Récapitulatif des trois formes de PER
| Critère | PER individuel (PERin) | PER entreprise collectif (PERECO) | PER entreprise obligatoire (PERO) |
|---|---|---|---|
| Souscripteur | Toute personne (salarié, TNS, inactif) | Salariés d’une entreprise équipée | Salariés d’une catégorie définie |
| Alimentation principale | Versements volontaires + transferts | Épargne salariale + abondements + versements perso | Cotisations obligatoires + éventuellement volontaires |
| Mise en place | Décision individuelle | Décision de l’entreprise / accord collectif | Décision de l’entreprise / accord collectif |
| Blocage | Jusqu’à la retraite (sauf cas anticipés) | Idem, selon compartiments | Idem, avec contraintes sur la sortie |
| Portabilité | Oui (transferts entre PER) | Oui (vers PER individuel ou autre PER) | Oui, sous conditions |
Bon à savoir
- Le PER est accessible à (presque) tous les majeurs.
- Il est possible de détenir plusieurs PER.
- Depuis 2024, il n’est plus possible d’ouvrir un PER au nom d’un enfant mineur.
3. Comment fonctionne un PER : compartiments, supports, gestion
Les compartiments du PER : 1, 2 et 3
Pour gérer l’épargne issue de différentes sources, chaque PER est structuré en trois compartiments, chacun avec sa propre logique fiscale.
- Compartiment 1 : Versements volontaires. Le cœur du PER individuel : vos versements personnels et les transferts d’anciens produits retraite individuels. C’est ici que s’applique la déduction fiscale, dans la limite de votre plafond épargne retraite.
- Compartiment 2 : Épargne salariale. Participation, intéressement, abondements, monétisation du CET. Il concerne surtout les PER collectifs, parfois les obligatoires.
- Compartiment 3 : Cotisations obligatoires. Les cotisations obligatoires des PER d’entreprise obligatoires. La sortie y est davantage encadrée.
| Compartiment | Type de PER concerné | Origine des fonds |
|---|---|---|
| 1 | PER individuel, PERcol, PERO | Versements volontaires, transferts anciens produits retraite |
| 2 | Surtout PERcol, parfois PERO | Participation, intéressement, abondements, CET |
| 3 | Principalement PER obligatoire | Cotisations obligatoires employeur / salarié |
Comprendre ces compartiments est essentiel pour anticiper la fiscalité à la sortie : le traitement diffère selon que les sommes proviennent de versements déduits, d’épargne salariale ou de cotisations obligatoires.
Les supports d’investissement : fonds en euros et unités de compte
Le PER n’est pas un simple livret bloqué, mais une enveloppe d’investissement. Selon le contrat (assurantiel ou bancaire), vous pouvez investir sur :
- un fonds en euros : capital garanti, rendement modéré mais stable ;
- des unités de compte : OPCVM actions, obligations, fonds diversifiés, SCPI, SCI, OPCI, fonds thématiques… sans garantie en capital, mais avec un potentiel de performance plus élevé ;
- des ETF (trackers) : pour investir à bas coûts sur des indices diversifiés (MSCI World, S&P 500, secteurs…) ;
- sur certains PER bancaires, des titres vifs (actions, obligations) via un compte-titres logé dans le PER.
Le couple rendement/risque dépend essentiellement de la répartition entre fonds euros et unités de compte. Plus la part actions est élevée, plus le potentiel de rendement est important, mais plus la valeur peut fluctuer.
Gestion libre ou gestion pilotée à horizon
- Gestion libre : vous choisissez vous-même vos supports et arbitrez quand vous le souhaitez. Pour les épargnants autonomes, à l’aise avec les marchés.
- Gestion pilotée à horizon : votre épargne suit un profil prédéfini (prudent, équilibré, dynamique) qui se sécurise automatiquement à l’approche de la retraite. Souvent proposée par défaut dans les PER d’entreprise.
| Mode de gestion | Pour qui ? | Avantages | Points de vigilance |
|---|---|---|---|
| Gestion libre | Épargnants autonomes / expérimentés | Liberté totale de choix | Temps à y consacrer, risque d’erreurs d’allocation |
| Gestion pilotée à horizon | Épargnants peu experts, PER d’entreprise | Allocation automatique adaptée à l’âge | Moins personnalisée, dépend de la qualité de la gestion |
4. Les avantages et les inconvénients du PER
Les avantages : fiscalité, flexibilité, complémentarité
Le principal atout est la déductibilité des versements volontaires (compartiment 1) de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel.
Pour un salarié, ce plafond correspond au plus élevé de : 10 % du revenu net imposable de l’année précédente (dans la limite de 8 fois le PASS), ou 10 % d’un plafond minimal. Plus votre TMI est élevée, plus le gain fiscal est important.
S’ajoutent une grande flexibilité des versements (programmés, exceptionnels, suspension sans pénalité) et une liberté de sortie à la retraite : rente viagère, capital (en une fois ou fractionné), ou combinaison des deux.
Les inconvénients à connaître avant d’ouvrir
Soyons transparents : le PER a aussi ses limites.
- Épargne bloquée jusqu’à la retraite, hors cas de déblocage anticipé prévus par la loi.
- L’avantage fiscal n’est pas définitif : la déduction à l’entrée se « paie » en partie à la sortie, car les versements déduits sont réimposés au moment du retrait.
- La sortie en rente est fiscalisée comme une pension, et la rente consomme votre capital.
- Des frais à surveiller (versement, gestion, unités de compte, arbitrage, transfert) qui rognent la performance nette.
- Intérêt faible si vous êtes peu ou pas imposé.
Le PER est-il fait pour vous ?
Le PER est surtout pertinent si votre tranche marginale d’imposition est de 30 % ou plus : l’économie d’impôt immédiate compense alors le blocage.
À l’inverse, à une TMI de 0 % ou 11 %, mieux vaut souvent ne pas déduire vos versements (pour une sortie allégée) ou privilégier une assurance-vie, plus souple.
Le PER se justifie aussi par un projet de résidence principale (cas de déblocage) ou une logique de transmission.
PER vs assurance-vie et PEA : qui fait quoi ?
| Enveloppe | Horizon | Avantage fiscal principal | Liquidité | Rôle retraite |
|---|---|---|---|---|
| PER | Long terme | Déduction des versements | Bloquée hors cas anticipés | Optimiser l’impôt et préparer la retraite |
| Assurance-vie | Moyen / long | Fiscalité favorable après 8 ans | Disponible | Épargne patrimoniale et transmission |
| PEA | Long terme | Exonération des gains après 5 ans (hors PS) | Disponible (sous conditions) | Exposition actions / ETF, diversification |
En résumé : le PER pour les contribuables fortement imposés qui veulent optimiser leur fiscalité ; l’assurance-vie pour la souplesse et la transmission ; le PEA et autres supports pour compléter la stratégie globale.
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5. Fiscalité du PER : entrée, vie du contrat, sortie et déblocages
Les plafonds PER en 2026, concrètement
Le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) 2026 s’élève à 48 060 €. Pour un salarié, le plafond de déduction applicable aux versements de 2026 se calcule sur le PASS 2025 (47 100 €) : il atteint au maximum 37 680 €, avec un plancher de 4 710 € pour les revenus faibles ou nuls.
Pour un travailleur non salarié (TNS), le plafond est plus généreux et peut grimper jusqu’à environ 88 900 € selon le bénéfice.
Deux leviers à connaître : les plafonds non utilisés sont reportables sur 3 ans, et les couples mariés ou pacsés peuvent mutualiser leurs plafonds (sauf le plafond spécifique TNS). Votre plafond exact figure sur votre avis d’impôt, rubrique « Plafond épargne retraite ».
À l’entrée : déduction des versements
Les versements volontaires (compartiment 1) sont déductibles du revenu imposable dans la limite du plafond ci-dessus, ce qui réduit immédiatement l’impôt.
Vous pouvez aussi choisir de ne pas déduire vos versements, judicieux si vous êtes faiblement imposé ou si vous visez une fiscalité de sortie plus douce (capital non réimposé, seuls les gains étant taxés).
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Exemple chiffré
Un versement de 5 000 € pour une personne imposée à 41 % réduit l’impôt de 2 050 €, pour un « coût net » d’effort d’épargne de 2 950 €. Mais cette économie est un report, pas un cadeau : les 5 000 € déduits seront réintégrés à votre revenu imposable lors du retrait. Le gain réel vient de l’écart entre votre TMI aujourd’hui (élevée) et à la retraite (souvent plus faible).
Pendant la vie du contrat : capitalisation sans frottement fiscal
Pendant la phase d’épargne, les gains (intérêts, dividendes, plus-values) ne sont pas imposés tant que vous ne sortez pas du plan.
Les arbitrages internes entre supports ne déclenchent aucune fiscalité, ce qui permet de gérer activement son allocation sans frottement intermédiaire.
À la sortie : capital ou rente, selon l’origine des sommes
La fiscalité dépend du mode de sortie et de l’origine des sommes.
- En sortie en capital : la part issue de versements volontaires déduits est imposée au barème de l’impôt sur le revenu ; la part de gains relève en principe de la flat tax (PFU), avec option possible pour le barème ; la part issue de l’épargne salariale bénéficie d’un traitement plus favorable (capital exonéré, gains soumis aux seuls prélèvements sociaux).
- En sortie en rente : les rentes financées par des versements déduits et des cotisations obligatoires sont imposées comme des pensions (après abattement de 10 %) ; les rentes issues de versements non déduits relèvent du régime des rentes viagères à titre onéreux, avec une fraction imposable dépendant de l’âge au premier versement.
Cas de déblocage anticipé
Hors retraite, la loi prévoit des cas limités de sortie anticipée :
- invalidité (2ᵉ ou 3ᵉ catégorie) de l’épargnant, de son conjoint ou de ses enfants ;
- décès du conjoint ou partenaire de PACS ;
- surendettement ;
- expiration des droits au chômage ;
- cessation d’activité non salariée à la suite d’une liquidation ;
- achat de la résidence principale.
La fiscalité dépend alors du motif et de l’origine des fonds, avec des régimes souvent plus favorables pour les accidents de la vie. Pour l’achat de la résidence principale, elle se rapproche d’une sortie en capital à la retraite.
Que devient le PER en cas de décès ?
Sur un PER assurantiel (le plus courant), le capital est transmis aux bénéficiaires désignés, avec une fiscalité qui dépend de l’âge de l’assuré au décès (avant ou après 70 ans), proche de la logique de l’assurance-vie.
C’est un atout patrimonial souvent sous-estimé, à mettre en balance avec le fait que les sommes ne se débloquent qu’au décès.
6. Souscrire, transférer et gérer son PER en pratique
Comment ouvrir un PER ?
- Choisissez le type de PER adapté (individuel, collectif ou obligatoire).
- Comparez les offres (frais, qualité des supports, mode de gestion, transparence, expérience digitale).
- Remplissez un dossier d’adhésion (état civil, situation professionnelle, questionnaire MIFID/assurance).
- Effectuez un premier versement (souvent quelques centaines d’euros suffisent).
- Choisissez la répartition de vos supports et le mode de gestion (libre ou pilotée à horizon).
Les acteurs en ligne comme Nalo se distinguent souvent par des frais plus compétitifs et une expérience plus fluide (ouverture 100 % dématérialisée, suivi en temps réel, reporting détaillé).
Transférer ses anciens contrats vers un PER
Il est possible de transférer les capitaux accumulés sur d’anciens produits (PERP, Madelin, PERCO, article 83…) vers un PER individuel.
Ce transfert n’annule pas les avantages fiscaux passés, permet de regrouper vos droits dans une enveloppe plus flexible et se fait sur demande auprès du nouvel établissement, qui coordonne les démarches.
Quels risques et quels frais sur un PER ?
Comme tout placement comportant des unités de compte, le PER présente un risque de perte en capital sur la partie investie sur des supports non garantis.
Les principaux frais à surveiller : frais sur versements, frais de gestion annuels, frais des unités de compte (fonds / ETF), frais d’arbitrage et, éventuellement, frais de transfert sortant.
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