Le Plan d’Épargne Retraite (PER) est devenu, en quelques années, l’enveloppe centrale pour préparer sa retraite en France. Il permet de mettre de l’argent de côté pendant sa vie active tout en bénéficiant d’avantages fiscaux attractifs, en contrepartie d’un blocage de l’épargne jusqu’à la retraite, sauf cas de sortie anticipée prévus par la loi.
1. Qu’est‑ce qu’un PER en 2026 ?
Définition du plan d’épargne retraite
Le plan d’épargne retraite (PER) est un produit d’épargne à long terme spécialement conçu pour préparer la retraite.
Il permet de se constituer progressivement un capital ou une rente, grâce à des versements effectués tout au long de la vie active.
- Concrètement, vous réalisez des versements (ponctuels ou programmés) qui sont investis sur différents supports financiers : fonds en euros, fonds actions, ETF, supports immobiliers (SCPI, SCI, OPCI), etc.
- Au moment de la retraite, vous pouvez récupérer votre épargne en capital, en rente viagère, ou sous une forme mixte capital + rente.
Le PER se distingue des autres enveloppes d’épargne par deux caractéristiques majeures :
- l’épargne est, par principe, bloquée jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi.
- les versements que vous effectuez peuvent, sous conditions, être déduits de votre revenu imposable, ce qui réduit immédiatement votre impôt l’année du versement.
Cette combinaison « blocage + avantage fiscal » en fait un produit de retraite puissant, mais qui doit être utilisé de manière réfléchie.
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Historique et contexte de création
Le PER a été créé en 2019 par la loi PACTE, avec un double objectif : simplifier l’épargne retraite et rendre les dispositifs existants plus attractifs. Avant le PER, le paysage était morcelé entre PERP, contrats Madelin, PERCO, contrats « article 83 », chacun avec ses propres règles de fonctionnement et de fiscalité.
Depuis octobre 2020, ces anciens produits ne sont plus commercialisés. Il est en revanche possible de transférer les encours vers un PER individuel afin de regrouper son épargne retraite dans une enveloppe unique, plus souple : sortie possible en capital, portabilité entre établissements, meilleure lisibilité des règles fiscales.
Les objectifs du PER
Le PER poursuit trois grands objectifs :
- Compléter les pensions de retraite : en transformant une partie de vos revenus actuels en épargne longue, vous constituez un capital ou une rente qui viendront s’ajouter à vos pensions de base et complémentaires.
- Lisser votre fiscalité dans le temps : vous déduisez vos versements à une période où votre taux marginal d’imposition (TMI) est élevé (phase de carrière), et vous serez imposé sur les sorties à un moment où vos revenus devraient être plus faibles (retraite).
- Structurer une épargne de long terme dans un cadre sécurisé et portable : vous pouvez transférer vers un PER les sommes issues d’anciens contrats retraite, regrouper plusieurs dispositifs, et continuer à alimenter votre plan même en changeant d’employeur ou de statut (salarié, TNS, inactif).
2. Les différents types de PER
La loi PACTE a harmonisé le cadre de l’épargne retraite autour d’un même « moule » PER, mais il existe trois grandes familles en fonction de qui met en place le plan et de l’origine des fonds.
PER individuel (PERin / PERI)
Le PER individuel est la version « grand public » du PER. Il s’adresse à toute personne, qu’elle soit salariée, indépendante, fonctionnaire ou sans activité professionnelle.
Vous l’ouvrez à titre personnel, auprès d’un assureur, d’une banque ou d’un acteur 100% en ligne comme Nalo.
Vous pouvez l’alimenter par :
- vos versements volontaires (ponctuels ou programmés) ;
- des transferts d’anciens contrats retraite (PERP, Madelin, article 83, PERCO…) ;
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Je découvre le PER NaloPER d’entreprise collectif (PERECO / PERcol)
Le PER d’entreprise collectif est mis en place par l’employeur, souvent en remplacement d’un PERCO. Il a vocation à accueillir l’épargne salariale :
- participation ;
- intéressement ;
- abondements de l’employeur ;
- transferts de compte épargne-temps (CET) sous forme monétaire.
Les salariés peuvent également y effectuer des versements volontaires. Le plan est facultatif pour les salariés, mais une adhésion par défaut avec possibilité de renonciation existe dans certains schémas.
PER d’entreprise obligatoire (PERO)
Le PER d’entreprise obligatoire remplace les anciens contrats « article 83 ». Il est réservé à certaines catégories de salariés définies par l’entreprise (cadres, dirigeants, etc.) et est alimenté par des cotisations obligatoires de l’employeur et/ou du salarié.
Il fonctionne davantage comme un régime de retraite supplémentaire d’entreprise : la liberté de versements et la souplesse de sortie y sont plus encadrées, notamment pour la part issue des cotisations obligatoires.
Récapitulatif des trois formes de PER
| Critère | PER individuel (PERin) | PER entreprise collectif (PERECO) | PER entreprise obligatoire (PERO) |
|---|---|---|---|
| Souscripteur | Toute personne (salarié, TNS, inactif) | Salariés d’une entreprise équipée | Salariés d’une catégorie définie par l’employeur |
| Alimentation principale | Versements volontaires + transferts | Épargne salariale + abondements + volontaires | Cotisations obligatoires + éventuellement volontaires |
| Mise en place | Décision individuelle | Décision de l’entreprise / accord collectif | Décision de l’entreprise / accord collectif |
| Blocage | Jusqu’à la retraite (sauf cas anticipés) | Idem, selon compartiments | Idem, avec contraintes spécifiques sur la sortie |
| Portabilité | Oui (transferts entre PER) | Oui (vers PER individuel ou autre PER) | Oui, sous conditions |
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Bon à savoir :
- le PER est accessible à (presque) tous les majeurs ;
- il est possible de détenir plusieurs PER ;
- depuis 2024, il n’est plus possible d’ouvrir un PER au nom d’un enfant mineur.
3. Comment fonctionne un PER : compartiments, supports, gestion
Les compartiments du PER : 1, 2 et 3
Pour gérer plus facilement l’épargne issue de différentes sources (versements volontaires, épargne salariale, cotisations obligatoires), chaque PER est structuré en trois compartiments.
Chaque compartiment a sa propre logique fiscale à l’entrée et à la sortie :
- Compartiment 1 : Versements volontaires
C’est le cœur du PER individuel. Il reçoit vos versements personnels (ponctuels ou programmés) ainsi que les transferts d’anciens produits d’épargne retraite individuels. C’est sur ce compartiment que s’applique, le cas échéant, la déduction fiscale de vos versements dans la limite de votre plafond épargne retraite. - Compartiment 2 : Épargne salariale
Il accueille l’épargne issue de l’entreprise : participation, intéressement, abondements, monétisation du CET lorsqu’elle est versée sur le PER. Ce compartiment concerne principalement les PER d’entreprise collectifs, parfois les PER obligatoires. - Compartiment 3 : Cotisations obligatoires
Ce compartiment regroupe les cotisations obligatoires versées dans le cadre des PER d’entreprise obligatoires. La sortie y est davantage encadrée, notamment en ce qui concerne les possibilités de sortie en capital.
Compartiments du PER et origine des versements
| Compartiment | Type de PER concerné | Origine des fonds |
|---|---|---|
| 1 | PER individuel, PERcol, PERO | Versements volontaires, transferts anciens produits retraite |
| 2 | Surtout PERcol, parfois PERO | Participation, intéressement, abondements, CET |
| 3 | Principalement PER obligatoire | Cotisations obligatoires employeur / salarié |
Comprendre ces compartiments est essentiel pour anticiper la fiscalité à la sortie : le traitement ne sera pas le même selon que les sommes proviennent de versements volontaires déduits, d’épargne salariale ou de cotisations obligatoires.
Les supports d’investissement : fonds en euros et unités de compte
Le PER n’est pas un simple livret bloqué, mais une enveloppe d’investissement. Selon le type de contrat (assurantiel ou bancaire), vous pouvez investir sur :
- un fonds en euros : support à capital garanti, dont le rendement est modéré mais relativement stable ;
- des unités de compte : OPCVM actions, obligations, fonds diversifiés, SCPI, SCI, OPCI, fonds thématiques, etc. Ces supports ne garantissent pas le capital, mais peuvent offrir un meilleur potentiel de performance à long terme ;
- des ETF (trackers) : pour investir à bas coûts sur des indices diversifiés (MSCI World, S&P 500, zones géographiques, secteurs…) ;
- sur certains PER bancaires, des titres vifs (actions, obligations) via un compte‑titres logé dans le PER.
Le couple rendement/risque de votre PER dépendra essentiellement de la répartition entre fonds euros et unités de compte. Plus la part actions est élevée, plus le potentiel de rendement est important, mais plus la valeur peut fluctuer.
Gestion libre ou gestion pilotée à horizon
La plupart des PER offrent deux modes de gestion :
- Gestion libre : vous choisissez vous‑même vos supports (fonds en euros, fonds actions, ETF, immobilier…) et pouvez arbitrer quand vous le souhaitez. Ce mode s’adresse plutôt aux épargnants autonomes, à l’aise avec les marchés financiers.
- Gestion pilotée à horizon : votre épargne est investie selon un profil prédéfini (prudent, équilibré, dynamique) qui évolue automatiquement avec le temps. L’allocation est généralement plus risquée lorsque la retraite est lointaine puis devient progressivement plus sécurisée à mesure que l’échéance approche.
Dans les PER d’entreprise, la gestion pilotée à horizon est très souvent proposée par défaut, sur un profil équilibré, afin de protéger les salariés les moins experts.
Vous pouvez toutefois, selon les règles du plan, basculer vers un autre profil ou passer en gestion libre.
Gestion libre vs gestion pilotée
| Mode de gestion | Pour qui ? | Avantages | Limites / points de vigilance |
|---|---|---|---|
| Gestion libre | Épargnants autonomes / expérimentés | Liberté totale de choix des supports | Temps à y consacrer, risque de mauvaises décisions |
| Gestion pilotée à horizon | Épargnants peu experts, salariés en PER d’entreprise | Allocation automatique adaptée à l’âge | Moins personnalisée, dépend de la qualité de la gestion |
4. Les avantages du PER : fiscalité, flexibilité, complémentarité
Avantages fiscaux à l’entrée
Le principal atout fiscal du PER réside dans la déductibilité des versements volontaires du compartiment 1. Vos versements peuvent être retranchés de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel.
Pour un salarié, ce plafond correspond au plus élevé des montants suivants (règles actuelles) :
- 10% du revenu net imposable de l’année précédente, dans la limite de 8 fois le plafond de la Sécurité sociale ;
- ou 10% d’un plafond minimal (pour les revenus faibles ou inexistants).
Pour un travailleur non salarié, les règles sont plus généreuses, avec un plafond composite permettant d’atteindre des montants de déduction bien supérieurs.
Plus votre tranche marginale d’imposition est élevée, plus le gain fiscal est important. Par exemple, un versement de 5 000 € pour une personne imposée à 41% peut réduire l’impôt de 2 050 €, pour un « coût net » d’effort d’épargne de 2 950 €.
Flexibilité des versements et de la sortie
Au stade de l’épargne, les versements sont généralement libres :
- vous pouvez mettre en place des versements programmés pour automatiser votre effort ;
- effectuer des versements exceptionnels en fonction de vos capacités du moment ;
- suspendre ou reprendre vos versements sans pénalité, selon les conditions du contrat.
Au moment de la retraite, plusieurs options de sortie sont possibles :
- sortie en rente viagère pour sécuriser un complément de revenus régulier ;
- sortie en capital, en une fois ou fractionnée, pour financer différents projets ;
- combinaison capital + rente, afin de concilier flexibilité et sécurité.
PER vs assurance‑vie et autres solutions
Le PER n’est pas le seul outil pour préparer sa retraite. Il se compare principalement à :
- l’assurance‑vie : enveloppe très souple, disponible à tout moment, avec fiscalité avantageuse après 8 ans mais sans déduction à l’entrée ;
- le PEA : destiné aux actions et ETF, très intéressant fiscalement après 5 ans mais plus volatil et sans avantage à l’entrée ;
- l’immobilier et l’épargne bancaire : compléments possibles, avec un profil risque/rendement différent.
En résumé :
- le PER est particulièrement pertinent pour les contribuables fortement imposés, qui veulent optimiser leur fiscalité et se constituent une épargne retraite longue ;
- l’assurance‑vie reste une enveloppe centrale pour les projets à moyen/long terme et la transmission ;
- PEA et autres supports viennent compléter la stratégie globale de patrimoine.
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Je découvre l’assurance-vie Nalo5. Fiscalité du PER : entrée, vie du contrat, sortie et déblocages
À l’entrée : déduction des versements
Les versements volontaires sur le compartiment 1 peuvent être déduits du revenu imposable dans la limite du plafond épargne retraite. Cette déduction permet de réduire immédiatement l’impôt.
Vous pouvez toutefois choisir de ne pas déduire vos versements, ce qui peut être judicieux si vous êtes faiblement imposé ou si vous visez une fiscalité plus douce à la sortie (capital non imposé, seuls les gains étant taxés).
Pendant la vie du contrat : capitalisation sans frottement fiscal
Pendant la phase d’épargne, les gains (intérêts, dividendes, plus‑values) ne sont pas imposés. Aucun impôt sur le revenu, ni PFU, ni prélèvements sociaux ne sont dus tant que vous ne procédez pas à une sortie du plan.
Les arbitrages internes entre supports (par exemple, passer d’un fonds actions à un fonds euros) ne déclenchent pas non plus de fiscalité. Cela permet de gérer activement son allocation ou de profiter d’une gestion pilotée sans frottement fiscal intermédiaire.
À la sortie : capital ou rente, selon l’origine des sommes
Au moment de la retraite, la fiscalité dépend :
- du mode de sortie choisi (capital, rente ou mix) ;
- de l’origine des sommes (versements déduits, non déduits, épargne salariale, cotisations obligatoires).
En sortie en capital :
- la part correspondant à des versements volontaires déduits est imposée au barème de l’impôt sur le revenu ;
- la part de gains est en principe soumise à la flat tax (PFU), avec possibilité d’option pour le barème ;
- la part issue de l’épargne salariale bénéficie généralement d’un traitement plus favorable (capital exonéré, gains soumis aux seuls prélèvements sociaux).
En sortie en rente :
- les rentes financées par des versements déduits et des cotisations obligatoires sont imposées comme des pensions de retraite, après abattement de 10% ;
- les rentes issues de versements non déduits relèvent du régime des rentes viagères à titre onéreux, avec une fraction imposable dépendant de l’âge au premier versement.
Cas de déblocage anticipé
Hors retraite, la loi prévoit des cas limités de sortie anticipée :
- invalidité (2ᵉ ou 3ᵉ catégorie) de l’épargnant, de son conjoint ou de ses enfants ;
- décès du conjoint ou partenaire de PACS ;
- surendettement ;
- expiration des droits au chômage ;
- cessation d’activité non salariée à la suite d’une liquidation ;
- achat de la résidence principale.
La fiscalité dépend alors du motif et de l’origine des fonds, avec des régimes souvent plus favorables pour les accidents de la vie. Dans le cas de l’achat de la résidence principale, la fiscalité se rapproche de celle d’une sortie en capital à la retraite.
6. Souscrire, transférer et gérer son PER en pratique
Comment ouvrir un PER ?
Pour souscrire un PER :
- Choisissez le type de PER adapté à votre situation (individuel, d’entreprise collectif ou obligatoire).
- Comparez les offres (frais, qualité des supports, mode de gestion, réputation du gestionnaire).
- Remplissez un dossier d’adhésion (état civil, situation professionnelle, questionnaire MIFID/assurance).
- Effectuez un premier versement (souvent quelques centaines d’euros suffisent).
- Choisissez la répartition de vos supports et le mode de gestion (libre ou pilotée à horizon).
Les acteurs en ligne se distinguent souvent par des frais plus compétitifs et une expérience utilisateur plus fluide.
Transférer ses anciens contrats vers un PER
Il est possible de transférer les capitaux accumulés sur d’anciens produits d’épargne retraite (PERP, Madelin, PERCO, article 83, etc.) vers un PER individuel.
Ce transfert :
- n’annule pas les avantages fiscaux passés ;
- vous permet de regrouper vos droits dans une enveloppe plus flexible, notamment grâce à la possibilité de sortie en capital ;
- se fait sur demande auprès du nouvel établissement, qui coordonne généralement les démarches avec l’ancien assureur.
Quels risques et quels frais sur un PER ?
Comme tout placement comportant des unités de compte, le PER présente un risque de perte en capital sur la partie investie sur des supports non garantis. La valeur de votre épargne peut fluctuer à la hausse comme à la baisse.
Les principaux frais à surveiller :
- frais sur versements (entrée) ;
- frais de gestion annuels sur le contrat ;
- frais de gestion propres aux unités de compte (frais des fonds/ETF) ;
- frais d’arbitrage et, éventuellement, frais de transfert sortant.
Comparer plusieurs contrats et privilégier des frais maîtrisés est essentiel pour préserver votre performance nette à long terme.
Optimisez votre retraite avec le PER Nalo : gestion sur mesure et frais réduits !
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