Contrairement à des livrets comme le Livret A, l’assurance‑vie ne connaît pas de plafond légal strict, mais la question du « montant maximum » reste centrale pour optimiser son épargne et éviter certains écueils fiscaux. En pratique, on peut verser des sommes très élevées sur un contrat, cependant le niveau de primes engagées aura des conséquences sur la fiscalité en cas de rachat, sur les règles applicables en succession (avant ou après 70 ans) et parfois sur l’appétit des assureurs à accepter de très gros versements. Comprendre où se situent les vrais seuils importants en assurance‑vie (montant pertinent d’épargne, limites fiscales, enjeux de transmission) permet donc de définir un plafond « intelligent » adapté à sa situation, plutôt que de raisonner en simple montant théorique maximal.
Plafond de versement de l’assurance-vie : ce que dit la loi
Aucun plafond légal n’existe
Le Code des assurances ne fixe aucune limite de versement. Vous pouvez donc structurer votre allocation selon vos objectifs patrimoniaux.
Cette absence de plafond vous permet de concentrer des montants significatifs sur une enveloppe fiscale unique, contrairement au Livret A plafonné à 22 950 € ou encore au PEA limité à 150 000 € de versements.
La stratégie multi-contrats reste toutefois pertinente pour trois raisons :
- Répartir le risque entre assureurs
La garantie du Fonds de garantie des assurances de personnes est limitée à 70 000 € par assureur et par personne.
Ouvrir plusieurs contrats auprès d’établissements différents réduit donc le risque de contrepartie. - Accéder à une offre d’investissement plus large
Certains assureurs se distinguent par leurs fonds en euros performants, d’autres par leurs unités de compte spécialisées (private equity, SCPI premium, etc.).
Détenir plusieurs contrats élargit vos options de diversification. - Préserver l’antériorité fiscale de vos anciens contrats
Un contrat de plus de 8 ans permet de bénéficier de l’abattement annuel (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple).
En ouvrant un nouveau contrat pour vos versements plus dynamiques, vous conservez la fiscalité avantageuse de l’ancien tout en profitant de supports récents.
L’absence de plafond légal vous offre une grande liberté dans la gestion de votre assurance-vie.
Selon votre situation et vos objectifs, vous pouvez choisir de concentrer vos versements sur un seul contrat pour plus de simplicité, ou au contraire diversifier entre plusieurs assureurs pour répartir les risques et élargir vos options d’investissement.
Seuils fiscaux vs plafonds de versement
Un plafond signifie que vous ne pouvez pas verser au-delà d’un certain montant (comme le Livret A limité à 22 950 €), un seuil signifie qu’au-delà d’un montant la fiscalité change.
Enfin, un abattement correspond à une part de gains ou de capital non imposable.
| Montant | Ce qui change | Impact | Condition |
| 150 000 € | Impôt sur vos gains lors d’un retrait | 24,7 % devient 30 % d’impôts sur les gains | Dès que vos versements cumulés dépassent 150 000 € pour les contrats ouverts après la réforme de 2017. |
| 152 500 € | Transmission à chaque bénéficiaire | Montant possible de transmettre net d’impôt | Seuls les montants versés avant 70 ans bénéficient de cet abattement. |
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Exemple
Si vous avez versé 180 000 € sur vos contrats et que vous retirez 10 000 € de gains, ces gains seront taxés à 30 % au lieu de 24,7 %, soit 3 000 € d’impôt au lieu de 2 470 €.
Restrictions imposées par les assureurs sur les fonds euros
Si la loi française ne fixe aucune limite, certains assureurs imposent des contraintes contractuelles, particulièrement sur les fonds en euros où le capital est garanti.
Face à la période de taux bas observée entre 2015 et 2022, de nombreux assureurs ont limité l’accès à ces supports sécurisés.
Pour sécuriser des montants importants, diversifiez sur plusieurs contrats auprès d’assureurs aux contraintes différentes, ou acceptez une allocation mixte fonds euros/UC peu risquées (obligations, fonds diversifiés prudents)
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Je découvre l’assurance-vie NaloLes gains sur l’assurance-vie sont-ils plafonnés ?
Aucune limite sur la croissance de votre épargne
Non, il n’existe aucun plafond sur les gains que vous pouvez générer avec votre assurance-vie. Cette absence de plafond s’applique aussi bien aux intérêts des fonds euros qu’aux plus-values des unités de compte.
Quelle fiscalité est applicable lors des rachats ?
La fiscalité intervient uniquement lors des retraits. Seule la partie correspondant aux gains est taxée, jamais vos versements initiaux.
- Avant 8 ans : PFU de 30 % (12,8 % impôt + 17,2 % prélèvements sociaux) ou option pour le barème progressif selon votre TMI.
- Après 8 ans : Abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les gains. Au-delà, imposition à 24,7% après abattement.
Sur un exemple de 15 000 € de gains, vous payez 4 500 € d’impôt avant 8 ans (30 % sur tout) contre 2 569 € après 8 ans (24,7 % après l’abattement de 4 600 €), soit 43 % d’économie.
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Les trois leviers d’optimisation patrimoniale de l’assurance-vie
- Une fiscalité progressive : plus vous conservez votre contrat longtemps, plus la fiscalité devient attractive, avec des abattements significatifs après 8 ans de détention.
- Une transmission optimisée : vous avez la possibilité de transmettre jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire, sans fiscalité successorale, pour les versements effectués sur votre contrat avant vos 70 ans.
- Une flexibilité de retraits et de versements : vous versez les montants que vous souhaitez à tout moment et pouvez retirer votre argent à tout moment sans contrainte de durée minimale. Un retrait avant 8 ans de détention entraîne cependant une imposition des gains sans avantage fiscal.
Les vrais plafonds fiscaux à connaître
Comment fonctionne l’abattement annuel en assurance-vie ?
Après huit ans de détention, chaque contrat d’assurance-vie bénéficie d’un abattement annuel sur les gains retirés :
- 4 600 € pour une personne seule
- 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune
Jusqu’à ces montants, les gains retirés sont exonérés d’impôt sur le revenu ; seuls les prélèvements sociaux (17,2 %) restent dus.
Au-delà, les gains sont imposés au taux réduit de 7,5 % (pour les versements jusqu’à 150 000 €) ou 12,8 % au-delà de ce seuil.
Optimisation : en réalisant des retraits partiels chaque année plutôt qu’un rachat unique, vous profitez pleinement de l’abattement annuel.
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Exemple
Retirer 9 000 € de gains par an pendant 11 ans permet d’éviter toute imposition sur le revenu, contre une imposition immédiate si les 100 000 € de gains étaient retirés d’un seul coup.
Le plafond de succession en assurance-vie
Chaque bénéficiaire désigné sur le contrat bénéficie d’un abattement fiscal de 152 500 € sur les capitaux transmis, à condition que les versements aient été effectués avant les 70 ans de l’assuré.
- Le plafond de succession de 152 500 € s’applique par bénéficiaire, indépendamment du nombre de contrats.
- Les gains générés sur ces versements sont intégralement exonérés, quel que soit leur montant.
Exemple avec un contrat de 300 000 € (250 000 € de versements avant 70 ans + 50 000 € de gains), réparti entre deux enfants à parts égales :
- Enfant 1 : 150 000 € exonérés
- Enfant 2 : 150 000 € exonérés
Les deux enfants reçoivent ainsi 300 000 € sans impôt, alors qu’une succession classique aurait généré plusieurs dizaines de milliers d’euros de droits.
Au-delà de 152 500 € par bénéficiaire, un prélèvement de 20 % s’applique jusqu’à 700 000 €, puis 31,25 % au-delà.
Les règles applicables après 70 ans
Les versements effectués après 70 ans sont soumis à un régime beaucoup moins favorable :
- Un abattement global unique de 30 500 € s’applique, à partager entre tous les bénéficiaires.
- Au-delà, les droits de succession selon le barème progressif s’appliquent.
- Les gains associés à ces versements restent toutefois exonérés d’impôt.
Conseil patrimonial : privilégiez les versements avant 70 ans pour optimiser la fiscalité successorale. Après cet âge, mieux vaut utiliser votre épargne pour vos besoins ou explorer d’autres outils de transmission.
Désigner plusieurs bénéficiaires augmente le volume global transmis en exonération :
- 1 bénéficiaire = 152 500 € d’abattement
- 2 bénéficiaires = 305 000 €
- 3 bénéficiaires = 457 500 €
En associant enfants et petits-enfants, vous élargissez la transmission exonérée.
Important : le conjoint marié ou partenaire de PACS est totalement exonéré, quel que soit le montant perçu.
Comment optimiser malgré les seuils fiscaux ?
Faut-il multiplier les contrats ?
Vous pouvez détenir plusieurs contrats d’assurance-vie, sans limite de nombre. Mais fiscalement, cette multiplication n’apporte aucun avantage.
Pendant la vie du contrat : L’abattement de 4 600 € (ou 9 200 € pour un couple) s’applique globalement à l’ensemble de vos contrats après huit ans de détention. Avoir trois contrats ne donne pas droit à trois fois cet abattement.
En cas de transmission : Chaque bénéficiaire conserve un seul abattement de 152 500 €, applicable au total des sommes reçues, quel que soit le nombre de contrats.
Intérêt réel de détenir plusieurs contrats :
- Répartir le risque entre plusieurs assureurs.
- Accéder à des gestions ou des supports différents (fonds euros, unités de compte spécialisées, SCPI…).
- Préserver l’antériorité fiscale d’un ancien contrat tout en ouvrant un nouveau pour des investissements plus dynamiques.
Arbitrer entre fonds euros et unités de compte
Les assureurs limitent de plus en plus l’accès aux fonds euros. Votre stratégie d’allocation doit donc tenir compte de votre profil d’investisseur.
| Type de profil | Allocation en fonds en euros | Allocation en unité de compte |
| Prudent | 60 à 70 % | 30 à 40 % |
| Équilibré | 50 % | 50 % |
| Dynamique | 70 à 100 % | 0 à 30 % |
Profil prudent:
Priorité à la garantie en capital. Cette structure permet de rester éligible aux fonds euros dans la plupart des contrats.
Ce type de profil peut correspondre aux épargnants proches de la retraite, ou très sensibles au risque, qui privilégient la stabilité du capital à la performance
Profil équilibré :
Cette approche combine stabilité et potentiel de performance à long terme.
Ce type de profil peut correspondre aux épargnants avec un horizon de placement de 8 à 15 ans, prêts à accepter des fluctuations modérées, afin d’atteindre un rendement supérieur aux fonds en euros.
Profil dynamique :
Ce type de profil peut correspondre aux épargnants avec un horizon de placement de 10 ans et plus, déjà à l’aise avec les marchés financiers et capables de supporter une forte volatilité en échange d’un potentiel de performance élevé.
Planifier rachats et transmission
Une bonne planification permet d’exploiter pleinement les avantages fiscaux de l’assurance-vie, à la fois pendant la vie du contrat et à la transmission.
Optimiser les retraits :
- Attendez au moins 8 ans pour bénéficier de l’abattement annuel.
- Fractionnez vos retraits pour rester sous l’abattement chaque année.
- Programmez les retraits importants les années où vos revenus sont plus faibles, afin de limiter l’impact du barème progressif.
Optimiser la transmission :
- Effectuez vos versements avant 70 ans pour profiter du plein abattement de 152 500 € par bénéficiaire.
- Multipliez les bénéficiaires (enfants, petits-enfants) pour augmenter le capital transmis en exonération.
- Rédigez votre clause bénéficiaire de manière précise pour éviter tout litige ou mauvaise interprétation.
Point de vigilance : verser des montants trop importants après 80 ans peut être requalifié en primes manifestement exagérées, annulant les avantages fiscaux liés à l’assurance-vie.
Comparaisons clés
Assurance-vie vs PEA
| Critère | Assurance-vie | PEA |
| Plafond versements | Aucun | 150 000 € |
| Supports | Fonds en euros, unités de compte, ETF, SCPI et plus sans limites géographiques. | Actions et fonds investis en actions européennes |
| Fiscalité des retraits | Après 8 ans : 7,5 % ou 12,8 % d’impôt sur le revenu selon les versements (+ 17,2 % de prélèvements sociaux) | Après 5 ans : exonération totale d’impôt sur le revenu (seuls 17,2 % de prélèvements sociaux sont dus) |
| Transmission | 152 500 €/bénéficiaire hors succession | Intégré à la succession classique |
| Liquidité | Retraits possibles à tout moment | Retrait avant 5 ans = clôture du plan |
Le PEA offre la meilleure fiscalité pour l’investissement en actions européennes après 5 ans, mais l’assurance-vie reste plus polyvalente pour une stratégie patrimoniale globale incluant la transmission et la diversification mondiale.
Assurance-vie vs PER
| Critère | Assurance-vie | PER |
| Plafond de versements | Aucun | 37 094 € (salarié) à 87 135 € (TNS) |
| Avantage fiscal à l’entrée | Aucun | Versements déductibles du revenu imposable (gain fiscal immédiat) |
| Disponibilité du capital | Disponibilité totale à tout moment | Épargne bloquée jusqu’à la retraite, sauf cas exceptionnels (achat résidence principale, accident de la vie…) |
| Fiscalité à la sortie | Favorable après 8 ans (7,5 % ou 12,8 % + 17,2 % de prélèvements sociaux) | Versements déductibles imposés au barème de l’impôt sur le revenu à la sortie |
| Transmission | 152 500 € d’abattement par bénéficiaire | 152 500 € d’abattement par bénéficiaire (si le PER est assurantiel) |
Le PER s’adresse surtout aux épargnants fortement imposés qui souhaitent réduire leur impôt dès aujourd’hui tout en constituant une épargne retraite.
L’assurance-vie offre plus de flexibilité pour des objectifs variés à moyen-long terme. Il est cependant possible de combiner les deux selon ses objectifs patrimoniaux.
FAQ : Vos questions sur les plafonds
Existe-t-il un plafond de versement sur une assurance-vie ?
Non. Aucun plafond fiscal légal ne limite vos versements sur les contrats d’assurance-vie.
Vous pouvez investir librement, quels que soient les montants. Seuls certains assureurs encadrent les versements sur les fonds euros, souvent en imposant une part minimale d’unités de compte (30 % à 50 %) pour des raisons de gestion.
Y a-t-il une limite aux gains d’un contrat ?
Non plus. La valeur de votre contrat peut croître sans limite : 100 000 €, 500 000 € ou davantage. La fiscalité ne s’applique que lors des rachats et uniquement sur la part de gains, jamais sur vos versements.e
Peut-on ouvrir plusieurs contrats d’assurance-vie ?
Oui, sans aucune restriction. Détenir plusieurs contrats permet de :
- Diversifier les assureurs et les supports d’investissement.
- Adapter la gestion à différents objectifs (sécurité, dynamisation, transmission).
Attention : les abattements fiscaux (4 600 €/9 200 € après 8 ans) restent globaux, non cumulables entre contrats.
Les assureurs peuvent-ils refuser des versements ?
Oui, uniquement sur les fonds euros pour des raisons de gestion prudentielle. Ils imposent souvent une allocation minimale de 30% à 50% en unités de compte pour accepter vos versements sur fonds euros. Les versements sur unités de compte ne sont jamais limités.
Comment sont imposés les gains au-delà de l’abattement de 4 600 € ?
Après 8 ans, vos gains sont taxés :
- à 24,7 % (7,5 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux) pour la part des versements ≤ 150 000 € ;
- à 30 % (12,8 % + 17,2 %) au-delà de 150 000 € de versements.
Cette imposition concerne uniquement les gains retirés, pas le capital versé.
Peut-on transmettre plus de 152 500 € par bénéficiaire sans impôt ?
Non. Chaque bénéficiaire dispose d’un abattement individuel de 152 500 € sur les versements effectués avant vos 70 ans.
Au-delà, un prélèvement de 20 % s’applique jusqu’à 700 000 €, puis 31,25 % au-delà.
En désignant plusieurs bénéficiaires, vous multipliez cet avantage : par exemple, trois bénéficiaires = 457 500 € transmis sans impôt.
Conclusion
L’assurance-vie, c’est avant tout la liberté de verser car il n’y pas de plafond légal. Choisissez un ou plusieurs contrats selon vos besoins de diversification et les contraintes des fonds euros.
Pour vos retraits, il est recommandé d’attendre 8 ans pour bénéficier de l’abattement sur les gains de 4 600 € (9 200 € en couple). Fractionner les retraits annuellement, vous permet d’éviter l’impôt sur le revenu, si vous utilisez cet abattement de façon optimale.
Enfin pour ce qui est de la transmissions, les versements effectués sur votre contrat avant vos 70 ans permettent à vos bénéficiaires de recevoir jusqu’à 152 500 € hors impôts par personne, c’est votre meilleur levier successoral.

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