Le PER permet de réduire son impôt aujourd’hui, mais il implique aussi une imposition future. C’est toute sa logique. Lorsque vous versez sur un PER et que vous choisissez la déduction, vous allégez votre impôt immédiatement. En contrepartie, les sommes récupérées à la retraite seront imposées. Le gain fiscal n’est donc pas une exonération, mais un décalage dans le temps.
Qu’est-ce qu’un Plan d’Épargne Retraite ?
Le PER est un produit d’épargne à long terme créé par la loi Pacte en 2019. Le contrat vous permet d’épargner pendant votre vie active pour compléter vos revenus au moment de la retraite. Voici comme il fonctionne :
- Vous placez de l’argent pendant votre vie active.
- Cet argent est investi (fonds en euros ou unités de compte selon vos choix).
- À l’âge de la retraite, vous pouvez récupérer l’épargne :
- soit sous forme de capital ;
- soit sous forme de rente ;
- soit un mélange des deux.
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Bon à savoir
Un PER, c’est une épargne bloquée en principe jusqu’à la retraite ;conçue pour compléter la pension ;plus souple que les anciens produits retraite ;accessible à quasiment tous les profils.
Les différents types de PER : Individuel (PERin) et d’entreprise (PERO, PERCOL)
Depuis la réforme de 2019, le PER existe sous trois formes, mais l’objectif reste toujours le même : préparer un complément de retraite.
- Le PER Individuel (PERin). Le PER individuel (PERin) est un plan que vous ouvrez à titre personnel, auprès d’une banque, d’un assureur ou d’un organisme financier. Il remplace les anciens PERP et contrats Madelin. Il est accessible à toute personne majeure.
- Le PER d’entreprise collectif (PERCOL). Le PERCOL (Plan d’Épargne Retraite d’Entreprise Collectif) est proposé par une entreprise à ses salariés. Il remplace l’ancien PERCO. Il est accessible aux salariés de l’entreprise (et parfois le dirigeant selon la structure). Il peut être alimenté par l’intéressement, la participation, l’abondement de l’employeur et des versements volontaires du salarié.
- Le PER d’Entreprise Obligatoire (PERO). Le PERO (Plan d’Épargne Retraite Obligatoire) est un plan mis en place par l’entreprise pour tous les salariés ou une catégorie de salariés (cadres par exemple). Il remplace l’ancien dispositif dit article 83. L’adhésion et les cotisations peuvent être obligatoires.
| Type de PER | Qui l’ouvre ? | Qui l’alimente ? | Caractère obligatoire ? | Public concerné |
| PERin | Le particulier | Versements volontaires uniquement | Non | Toute personne majeure |
| PERCOL | L’entreprise | Salarié et employeur (intéressement, participation, abondement…) | Non | Salariés de l’entreprise |
| PERO | L’entreprise | Employeur (et parfois salarié) | Oui (souvent) | Tous ou catégorie de salariés |
Pourquoi choisir le PER pour sa retraite ?
Dans la majorité des cas, la pension de retraite est inférieure aux revenus d’activité.
Le PER permet de constituer un capital destiné à compenser cette baisse et maintenir votre niveau de vie.
Autre avantage, le PER permet, si vous le choisissez, dedéduire vos versements de votre revenu imposable (dans certaines limites). Concrètement, cela peut réduire votre impôt aujourd’hui.
En échange, la fiscalité est reportée au moment de la sortie (ce qui peut être intéressant si vous êtes moins imposé à la retraite).
Enfin, même si le PER est un placement à long terme, il peut être débloqué avant la retraite dans certaines situations importantes (accidents de la vie, achat de la résidence principale…).
La fiscalité des versements sur le PER
Le principe de la déduction fiscale des versements volontaires
Le PER peut vous permettre de déduire de votre revenu imposable les sommes que vous versez volontairement sur votre contrat. Cela signifie que vos versements viennent réduire la base sur laquelle l’impôt est calculé.
Prenons un exemple simple. Vos revenus imposables sont de 40 000 €. Sur une année N, vous versez 3 000 € sur votre PER.
Si vous choisissez la déduction, votre revenu imposable devient : 40 000 € – 3 000 € = 37 000 €. Vous payez donc l’impôt sur 37 000 € au lieu de 40 000 €.
L’économie d’impôt réalisée dépend directement de votre taux marginal d’imposition (TMI). Plus votre taux d’imposition est élevé, plus l’économie immédiate est importante.
Ainsi, si vous êtes imposé à 30 %, un versement de 3 000 € peut générer environ 900 € d’économie d’impôt.
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Je découvre le PER NaloPlafonds de déduction et leur calcul
La déduction est plafonnée chaque année. Le plafond est calculé individuellement pour chaque membre du foyer fiscal et figure sur votre avis d’imposition.
Ce plafond est calculé pour vos revenus de l’année N, et s’applique aux versements réalisés l’année suivante (qui seront déclarés l’année d’après).
Les règles pour calculer le plafond sont différentes si vous êtes :
- salarié ;
- sans profession ou retraité sans revenus professionnels ;
- travailleur non salarié (TNS).
Si vous êtes salarié (ou avez des revenus d’activité), le montant que vous pouvez déduire de votre revenu imposable au titre des versements volontaires sur votre PER est plafonné. Pour 2026 (déclaration des revenus 2025), votre plafond correspond à :
- 10 % de vos revenus professionnels nets de 2025 ;
- avec un minimum de 4 710 € ;
- et un maximum de 37 680 €
Concrètement, cela signifie :
- Si 10 % de vos revenus est inférieur à 4 710 €, vous pouvez tout de même déduire 4 710 € (plancher minimal).
- Si 10 % de vos revenus dépasse 37 680 €, votre déduction sera limitée à 37 680 € (plafond maximal).
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Bon à savoir
Vous pouvez aussi reporter les plafonds non utilisés des 3 années précédentes (2023, 2024, 2025 pour 2026), du plus ancien au plus récent.
Si vous êtes sans profession ou retraité sans revenus professionnels, votre plafond de base est fixé à 4 710 €.
Pour un travailleur indépendant (BIC, BNC, gérant majoritaire, profession libérale…), le plafond est plus élevé que pour un salarié. Il se calcule en deux étages.
- Première tranche : 10 % du bénéfice imposable, plafonné à 37 680 € (jusqu’à 10 % de 8 PASS).
- Deuxième tranche (au-delà de 1 PASS) : plus 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 PASS et 8 PASS, ce qui permet d’augmenter significativement le plafond si vos revenus sont élevés.
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Bon à savoir
En pratique, vous n’avez pas besoin de calculer votre plafond PER vous-même. Chaque année, l’administration fiscale calcule automatiquement votre plafond de déduction et l’indique clairement sur votre avis d’imposition, dans la rubrique « Plafond épargne retraite ».
Ce montant tient déjà compte :de vos revenus ;de votre statut (salarié/TNS/retraité) ;des cotisations déjà déduites ;des éventuels reports des 3 années précédentes.
Impact de la déduction sur l’impôt sur le revenu
Lorsque vous déduisez vos versements PER, vous ne diminuez pas directement l’impôt. Vous diminuez votre revenu imposable. Or l’impôt est calculé sur ce revenu.
Si vous gagnez 50 000 € et que vous versez 5 000 € sur un PER en les déduisant, votre revenu imposable passe à 45 000 €. L’impôt sera donc calculé sur 45 000 € et non plus sur 50 000 €.
Plus votre taux marginal d’imposition (TMI) est élevé, plus la déduction est avantageuse :
- Si vous êtes imposé à 30 %, 5 000 € déduits peuvent générer environ 1 500 € d’économie d’impôt.
- Si vous êtes à 11 %, l’économie sera d’environ 550 €.
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Bon à savoir
La déduction est un report d’imposition, pas une exonération définitive. Vous payez moins d’impôt aujourd’hui, mais la sortie du PER sera en principe imposée plus tard.
Option pour la non-déduction : intérêts et conséquences
La déductibilité des versements PER est une option. Ce n’est pas obligatoire. Or, si vous déduisez à l’entrée, vous serez imposé à la sortie. Si vous ne déduisez pas à l’entrée, la sortie sera fiscalement allégée.
Cela peut être pertinent si :
- vous êtes peu imposé aujourd’hui (TMI faible) ;
- vous pensez être plus imposé à la retraite ;
- vous souhaitez éviter une forte taxation future en capital.
Fiscalité des sorties du PER : capital, rente ou mixte
La sortie en capital : Imposition de la part déduite et des plus-values
Lorsqu’un PER est liquidé en capital, la somme versée ne constitue pas un bloc fiscal unique. Elle est obligatoirement décomposée en deux éléments distincts.
- Le capital correspondant aux versements effectués par le titulaire (l’épargne constituée).
- Le capital correspondant aux produits générés par le plan (intérêts, plus-values et revenus des placements).
Cette distinction est fondamentale, car le régime fiscal applicable n’est pas le même selon la nature des sommes.
Par ailleurs, le traitement fiscal de la part correspondant aux versements dépend d’un choix opéré au moment des versements :
- soit les versements ont été déduits du revenu imposable ;
- soit ils ne l’ont pas été.
Finalement, si vous avez déduit vos versements, la part correspondant à vos versements. Elle est imposée au barème progressif de l’impôt sur le revenu dans la catégorie des pensions. Cette part s’ajoute intégralement à vos revenus imposables l’année de la sortie. La part correspondant aux gains (plus-values). Elle est soumise au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, soit :
- 12,8 % d’impôt ;
- 17,2 % de prélèvements sociaux
Cette partie est directement prélevée par l’établissement financier.
Si vous n’avez pas déduit vos versements, la part correspondant à vos versements est exonérée d’impôt sur le revenu. Vous ne payez rien dessus. La part correspondant aux gains reste soumise au PFU de 30 % (12,8 % + 17,2 %).
| Situation | Versements | Plus-values |
| Versements déduits | Imposition au barème IR (sans abattement 10 %) | PFU 30 % |
| Versements non déduits | Exonérés d’IR | PFU 30 % |
La sortie en rente viagère : régime fiscal des rentes
Lorsque vous choisissez de sortir votre PER sous forme de rente viagère, vous ne récupérez pas un capital en une fois. Vous recevez un revenu périodique (mensuel ou trimestriel) versé jusqu’à votre décès.
Fiscalement, cette rente est considérée comme un revenu, mais son traitement dépend là encore de la possible déduction de vos versements.
Si vous avez déduit vos versements, la rente est imposée comme une pension de retraite.
Concrètement :
- Elle s’ajoute à vos autres pensions.
- Elle est imposée au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
- L’administration applique automatiquement un abattement de 10 % (dans les limites légales).
Une fraction seulement de la rente est soumise aux prélèvements sociaux (17,2 %), et cette fraction dépend de votre âge au moment du premier versement :
- 70 % si vous avez moins de 50 ans ;
- 50 % entre 50 et 59 ans ;
- 40 % entre 60 et 69 ans ;
- 30 % au-delà de 69 ans.
Si vous n’avez pas déduit vos versements, la rente est alors imposée selon le régime des rentes viagères à titre onéreux. Cela signifie que seule une fraction de la rente est imposable. Cette fraction dépend également de votre âge au premier versement :
- 70 % si moins de 50 ans ;
- 50 % entre 50 et 59 ans ;
- 40 % entre 60 et 69 ans ;
- 30 % au-delà de 69 ans.
Cette fraction est soumise au barème de l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux.
Les cas de sortie anticipée et leur fiscalité spécifique
Le PER n’est pas bloqué de façon absolue jusqu’à la retraite. Il existe bien des cas de déblocage anticipé pour les accidents de la vie :
- Invalidité (vous, votre conjoint ou un enfant).
- Décès du conjoint ou partenaire de PACS.
- Expiration des droits au chômage.
- Situation de surendettement.
- Liquidation judiciaire (pour un indépendant).
Vous pouvez également débloquer votre PER pour financer l’achat de votre résidence principale. Mais attention, dans ce cas, les sommes issues de versements obligatoires restent bloquées.
En cas de déblocage anticipé du PER, la fiscalité dépend du motif de déblocage :
- En cas de déblocage pour accident de la vie, la part correspondant aux versements est exonérée d’impôt sur le revenu. Les gains (plus-values) sont soumis uniquement aux prélèvements sociaux (17,2 %). Cela, même si vous aviez déduit vos versements au départ.
- En cas de déblocage pour résidence principale, la fiscalité dépend de votre choix initial (déduit ou non). Si vous avez déduit vos versements, la part correspondant aux versements est imposée au barème de l’impôt. Les gains sont soumis au PFU (30 %). Si vous n’avez pas déduit, les versements sont exonérés d’impôt et les gains restent soumis au PFU (30 %).
Exemples concrets d’imposition selon le mode de sortie
Vous avez versé 40 000 € au total sur votre contrat. Au moment de la retraite, votre PER vaut 50 000 €. Cela signifie que :
- 40 000 € correspondent à votre épargne ;
- 10 000 € correspondent aux gains.
Si vous avez déduit vos versements à l’entrée, l’administration considère que les 40 000 € doivent être réintégrés dans vos revenus.
Concrètement :
- Les 40 000 € sont imposés à 30 %, soit 12 000 € d’impôt.
- Les 10 000 € de gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, soit 3 000 €.
Au total, vous payez 15 000 € d’impôt et vous récupérez 35 000 € net.
En revanche, si vous n’aviez pas déduit vos versements :
- Les 40 000 € ne sont pas taxés.
- Les 10 000 € de gains restent imposés à 30 %, soit 3 000 €.
Vous payez donc seulement 3 000 € d’impôt et récupérez 47 000 € net.
Supposons maintenant que les 50 000 € permettent de générer une rente de 3 000 € par an. Si vous avez déduit vos versements, la rente est imposée comme une pension. Après l’abattement de 10 %, la base imposable est de 2 700 €. À 30 %, cela représente environ 810 € d’impôt par an.
Si vous n’aviez pas déduit vos versements, seule une fraction de la rente est imposable. À 65 ans, cette fraction est de 40 %. Cela signifie que sur 3 000 €, seulement 1 200 € sont imposables. À 30 %, l’impôt est donc d’environ 360 € par an.
| Mode de sortie | Déduction à l’entrée | Impôt estimé | Logique |
| Capital | Oui | 15 000 € | Imposition concentrée |
| Capital | Non | 3 000 € | Seuls les gains taxés |
| Rente | Oui | ≈ 800 €/an | Imposition étalée |
| Rente | Non | ≈ 360 €/an | Imposition allégée |
Optimisation fiscale du PER : stratégies et conseils
Choisir entre déduction et non-déduction des versements
Si vous déduisez vos versements, vous diminuez votre revenu imposable aujourd’hui. Cela peut être intéressant si vous êtes dans une tranche élevée (30 % ou 41 %), car l’économie d’impôt immédiate est alors plus importante. En contrepartie, vous serez imposé à la sortie.
Si vous ne déduisez pas, vous ne réduisez pas votre impôt aujourd’hui, mais la fiscalité sera plus légère au moment de récupérer l’argent, puisque votre capital versé ne sera pas taxé.
En bref, déduire est pertinent si votre taux d’imposition actuel est supérieur à celui que vous anticipez à la retraite. Ne pas déduire peut être cohérent si vous êtes peu imposé aujourd’hui ou si vous pensez l’être davantage demain.
Arbitrer entre sortie en capital et sortie en rente
La sortie en capital concentre l’imposition sur une seule année. Si vous sortez un montant important alors que vous avez encore d’autres revenus (fin de carrière, revenus locatifs, etc.), vous risquez de passer dans une tranche supérieure et d’alourdir fortement la note fiscale.
En revanche, si votre retraite vous place dans une tranche faible (11 % par exemple), sortir en capital peut coûter relativement peu cher.
La rente, elle, étale l’imposition dans le temps. Elle peut être fiscalement intéressante si vous voulez éviter un pic d’imposition une année donnée. Elle peut aussi être pertinente si votre objectif est de lisser vos revenus pour rester dans une tranche modérée.
En bref, si vos revenus à la retraite sont faibles, un capital peut être fiscalement peu coûteux. Si vous avez encore des revenus élevés (fin d’activité, loyers, etc.), la rente peut éviter un pic d’imposition.
Anticiper les changements législatifs potentiels
Anticiper les évolutions législatives peut évidemment faire partie de votre réflexion autour du PER. Après tout, il s’agit d’un produit strictement encadré par la loi : plafonds de déduction, fiscalité à la sortie, prélèvements sociaux…
Tous ces paramètres sont fixés chaque année dans les lois de finances et peuvent évoluer.
Une modification des tranches d’imposition, une hausse des prélèvements sociaux ou un ajustement des plafonds pourrait, par exemple, changer l’intérêt de déduire (ou non) vos versements. Ignorer totalement ce contexte ne serait pas réaliste.
Pour autant, il ne faut pas construire toute votre stratégie sur des réformes qui ne sont, à ce stade, que des hypothèses. Parier uniquement sur un futur durcissement ou sur un avantage fiscal incertain reviendrait à spéculer.
Le plus pertinent reste de vous appuyer sur votre situation actuelle : votre niveau d’imposition aujourd’hui, vos revenus prévus à la retraite, vos objectifs patrimoniaux. Le cadre légal peut évoluer, mais votre stratégie doit d’abord être cohérente avec votre réalité.
L’importance de la diversification et de la gestion pilotée
Optimiser un PER ne consiste pas seulement à réduire l’impôt. Il s’agit aussi de faire en sorte que l’épargne produise un rendement cohérent avec votre horizon de retraite.
Le PER est une enveloppe d’investissement. L’argent n’y dort pas, il est placé sur différents supports (actions, obligations, fonds euros, immobilier…). Une épargne concentrée sur un seul type d’actif expose à un risque spécifique.
La diversification permet de répartir ce risque et de lisser les performances dans le temps.
La gestion pilotée, qui est le mode par défaut du PER, adapte automatiquement le niveau de risque à votre âge. Lorsque la retraite est lointaine, l’épargne est davantage investie sur des actifs dynamiques, potentiellement plus performants.
À mesure que l’échéance approche, la part d’actifs sécurisés augmente afin de protéger le capital accumulé.
PER et transmission : fiscalité en cas de décès
Si le PER est un PER d’assurance, il fonctionne comme une assurance-vie pour la transmission. Vous désignez des bénéficiaires dans le contrat.
Au décès, l’épargne ne passe pas automatiquement par la succession classique. La fiscalité dépend de l’âge au moment du décès.
Règles fiscales spécifiques en cas de décès avant 70 ans
Lorsque le PER est un PER d’assurance et que le décès intervient avant 70 ans, la fiscalité appliquée aux bénéficiaires est comparable à celle de l’assurance-vie.
Concrètement, chaque bénéficiaire désigné dans le contrat bénéficie d’un abattement individuel de 152 500 €. Cela signifie que si, par exemple, l’un de vos enfants reçoit 150 000 €, il ne paiera aucun impôt sur cette somme.
Si la part reçue par un bénéficiaire dépasse 152 500 €, seule la fraction qui dépasse ce montant est taxable.
Sur cette fraction taxable :
- Elle est imposée à 20 % tant que le montant total transmis à ce bénéficiaire reste inférieur ou égal à 700 000 €.
- Si la part taxable dépasse 700 000 €, la portion au-delà de ce seuil est alors taxée à 31,25 %.
Règles fiscales spécifiques en cas de décès après 70 ans
Lorsque le titulaire d’un PER d’assurance décède après 70 ans, la fiscalité change sensiblement. Dans ce cas, il n’y a plus d’abattement individuel par bénéficiaire.
Un abattement global de 30 500 € s’applique sur l’ensemble des sommes transmises. Cela signifie que ces 30 500 € doivent être répartis entre tous les bénéficiaires au prorata de ce qu’ils reçoivent.
Désignation des bénéficiaires et implications fiscales
Lorsque vous détenez un PER d’assurance, vous pouvez désigner librement un ou plusieurs bénéficiaires en cas de décès. Ce sont eux qui recevront les sommes, en dehors du mécanisme classique du partage successoral.
Concrètement, cela signifie que le capital ne passe pas automatiquement selon les règles légales (réserve héréditaire, ordre des héritiers, etc.), mais selon ce que vous avez prévu dans la clause bénéficiaire. Vous pouvez par exemple prévoir un conjoint, puis des enfants, ou répartir les pourcentages différemment.
FAQ
Comment est imposée une rente issue d’un PER ?
La fiscalité dépend du choix effectué au moment des versements.
Si vous avez déduit vos versements, la rente est imposée comme une pension de retraite, elle s’ajoute à vos revenus et est soumise au barème de l’impôt sur le revenu (avec abattement de 10 %), ainsi qu’aux prélèvements sociaux.
Si vous n’avez pas déduit vos versements, la rente est imposée selon le régime des rentes viagères à titre onéreux. Seule une fraction de la rente est alors imposable (entre 30 % et 70 % selon votre âge au premier versement), ce qui allège la fiscalité.
Quels sont les cas de déblocage anticipé du PER et leur fiscalité ?
Le PER peut être débloqué avant la retraite en cas d’accidents de la vie (invalidité, décès du conjoint, chômage, surendettement, liquidation judiciaire) ou pour l’achat de la résidence principale.
En cas d’accident de la vie, les versements sont exonérés d’impôt sur le revenu et seuls les gains supportent les prélèvements sociaux.
Pour l’achat de la résidence principale, la fiscalité dépend du choix initial. Si les versements ont été déduits, ils sont imposés à la sortie. S’ils ne l’ont pas été, ils restent exonérés.
Le PER est-il intéressant pour réduire mes impôts en 2026 ?
Oui, si vous êtes imposé dans une tranche élevée (30 %, 41 % ou 45 %), la déduction des versements peut générer une économie d’impôt significative en 2026.
En revanche, si vous êtes faiblement imposé (0 % ou 11 %), l’avantage immédiat sera limité. Le PER devient alors davantage un outil d’épargne retraite que d’optimisation fiscale.
Tout dépend donc de votre taux marginal actuel et de celui que vous anticipez à la retraite.
Quelle est la différence fiscale entre un PER et une assurance-vie ?
Le PER permet une déduction fiscale à l’entrée, mais la sortie est imposée.
L’assurance-vie ne permet pas de déduire les versements, mais offre une fiscalité allégée sur les gains en cas de rachat (surtout après 8 ans) et un cadre fiscal spécifique en cas de transmission.
Quand faut-il choisir l’option de non-déduction des versements PER ?
L’option de non-déduction peut être pertinente si vous êtes peu imposé aujourd’hui ou si vous pensez être dans une tranche élevée à la retraite.
Ne pas déduire signifie renoncer à l’avantage fiscal immédiat, mais bénéficier d’une fiscalité allégée au moment de la sortie, notamment en capital.
Il s’agit, finalement, d’un arbitrage entre gain fiscal immédiat et taxation future.

Vous souhaitez investir ?

Bonjour,
Je suis retraité, j’ai 73 ans et je souhaite ouvrir un PER.
APICIL accepte t il les retraités comme la loi l’autorise ?
Bonjour,
Oui, il est tout à fait possible pour une personne retraitée d’ouvrir un PER, y compris chez APICIL. La loi ne fixe pas de limite d’âge pour souscrire à un PER, et cela reste possible après la retraite, bien que cela soit moins fréquent. Cependant, il est essentiel de vérifier les conditions spécifiques de souscription et de s’assurer que cela correspond bien à vos objectifs patrimoniaux et fiscaux.
Pour plus de détails personnalisés, nous vous conseillons de contacter directement un de nos conseillers afin d’obtenir des informations précises.
Cordialement,
L’équipe Nalo
Bonjour
Félicitations pour la clarté de vos articles par ailleurs très complets
Une confirmation ( ou infirmation ) : seules les primes versées sont imposables en cas de décès après 70 ans avec un abattement de 30 500 €, les plus-values étant exonérées
Cela vaut-il pour des bénéficiaires sans lien de parenté avec le titulaire du PER ?
Remerciements
JM GHISLAIN
Bonjour,
Merci pour votre retour sur nos articles !
Vous avez raison en partie. Après 70 ans, seules les primes versées sur un contrat d’assurance-vie ou un PER sont soumises à l’impôt sur les successions après application d’un abattement global de 30 500 € partagé entre tous les bénéficiaires, peu importe le lien de parenté avec le souscripteur. Les plus-values, quant à elles, sont en effet exonérées d’impôt dans ce cas.
Cette règle s’applique aux bénéficiaires, qu’ils soient ou non des proches parents du défunt. Cependant, au-delà de l’abattement, les montants transmis sont imposés selon les taux applicables aux droits de succession, qui varient selon le degré de parenté avec le souscripteur.
Cordialement,
L’équipe Nalo
Bonjour,
Si je comprends bien, dans le cas d’un PER en action, on peut l’utiliser comme un compte titre normal, faire des arbitrages nous même, mais avec le capital bloqué (sauf certaines situations), on peut également déposer la somme que l’on veut en 1 an, par exemple 100 000€ tout en sachant que les bénéfices sur la fiscalité ne concerne qu’une partie de ce capital.
On peut donc utiliser les intérêts composés puisque les bénéfices sur dividendes ne sont fiscalisés qu’à la clôture, comme un PEA.
Cordialement,
Vous pouvez gérer activement votre PER, mais le capital est bloqué jusqu’à la retraite (hors cas exceptionnels).
Les versements sont libres, mais seuls ceux dans la limite du plafond annuel ouvrent droit à l’avantage fiscal.
Les intérêts composés fonctionnent pleinement grâce à la capitalisation sans fiscalité jusqu’à la sortie, comme sur un PEA.
La fiscalité ne s’applique qu’à la sortie, ce qui optimise la croissance de votre épargne sur le long terme.
N’hésitez pas à consulter votre gestionnaire de PER pour connaître les modalités précises de gestion et de fiscalité de votre contrat.