Une élection présidentielle crée de la volatilité de court terme, et les scrutins du 18 avril et du 2 mai 2027 n’y échapperont pas. La bonne décision ne dépend pourtant pas du résultat : elle dépend de votre horizon de placement et de la part de votre épargne exposée au seul risque français. La dette publique, prévue à 119,3 % du PIB fin 2026 par le projet de loi de finances pour 2027, rend aussi la fiscalité de l’épargne plus incertaine que le scrutin lui-même. Voici ce que disent les faits, et ce qu’il est possible de faire dès maintenant.
Faut-il attendre l’élection présidentielle pour placer son argent ?
Pour une somme placée à plus de cinq ans, attendre l’élection revient à parier sur un meilleur point d’entrée que personne ne sait dater (même les experts).
- L’attente ne se justifie que dans deux cas : votre épargne de précaution n’est pas encore constituée, ou l’argent doit financer un projet proche.
- L’incertitude fiscale et les sondages rendent l’attentisme tentant. En réalité, cela dépend de vos objectifs.
La grille suivante aide à trancher selon votre situation, peu importe le calendrier politique.
| Votre situation | Attendre ou agir avant l’élection | Pourquoi ? |
| Épargne de précaution non constituée | Constituer d’abord cette réserve sur un support disponible | Une épargne investie sur les marchés qu’il faudrait revendre en urgence après un choc transforme une baisse temporaire en perte réelle. Mieux vaut privilégier la sécurité et la liquidité. |
| Projet à moins de 2 ou 3 ans (achat, travaux) | Garder l’argent sur des supports sans risque de perte | Sur un horizon court, une baisse de marché n’a pas le temps de se résorber. |
| Somme à investir pour plus de 5 ans | Agir, en une fois ou progressivement | Sur un horizon long, l’effet d’un scrutin pèse peu face à la durée de placement |
| Déjà investi | Vérifier son exposition à la France plutôt que vendre | Vendre avant le scrutin, c’est parier sur une baisse, puis sur le bon moment pour revenir |
| Inquiet d’investir d’un coup | Étaler ses versements sur plusieurs mois | Le risque d’entrer juste avant un choc est réparti dans le temps |
La lecture de ce tableau tient en une règle : c’est l’horizon de la somme qui décide, pas la date du scrutin.
A noter que ces recommandations ne s’opposent pas, mais se combinent selon votre stratégie d’épargne (exemple : constituer une épargne de précaution et alimenter votre épargne à long terme).
Que coûte l’attente sur un livret ?
Laisser son argent sur un livret jusqu’en mai 2027 n’est pas neutre : avec un Livret A à 1,7 % et une inflation projetée à 2,3 % en moyenne en 2026 puis 1,9 % en 2027 (projections d’inflation de la Banque de France, publiées le 15 septembre 2026), l’épargne qui attend perd du pouvoir d’achat.
Certes, sur une courte période, la perte est modeste, mais rien ne garantit pour autant un meilleur moment pour investir après le scrutin.
Cela dit, le Livret A peut convenir à l’épargne de précaution, parce qu’il est disponible immédiatement. Toujours est-il que son rendement ne le destine pas à une épargne de long terme.
Investir en une fois ou progressivement avant l’élection ?
Programmer des versements sur plusieurs mois réduit le risque d’investir toute sa somme juste avant un choc électoral, au prix d’une partie de l’épargne investie plus tard.
- Ce que l’on gagne : le prix d’entrée est lissé sur la période, ce qui limite le regret d’avoir tout investi la veille d’une baisse.
- Ce que l’on perd : la part encore en attente ne profite pas d’une éventuelle hausse des marchés pendant ce temps.
Cette approche peut donc convenir à un épargnant dont l’inquiétude risquerait de le pousser à ne jamais investir. Pour autant, il faut rester lucide sur le fait que cette méthode n’est pas miraculeuse : elle ne promet pas un meilleur rendement.
Lire aussi : Faut-il investir progressivement ou en une fois ?
Quel placement choisir avant la présidentielle 2027 ?
Le choix se fait selon l’objectif et l’horizon de chaque somme :
- le Livret A et le fonds en euros pour l’épargne disponible sans risque de perte ;
- l’assurance-vie investie en unités de compte pour une épargne souple à long terme ;
- le PER pour la retraite, avec déduction des versements ;
- le PEA pour des actions détenues plus de cinq ans.
| Placement | Horizon | Fiscalité des gains (règles 2026) | Disponibilité | Pertinent pour | Point de vigilance face au contexte |
| Livret A | Court terme | Taux de 1,7 % | Immédiate | L’épargne de précaution | Rendement inférieur à l’inflation projetée pour 2026 et 2027, plafond de 22 950 € |
| Fonds en euros (assurance-vie) | Court à moyen terme | Régime de l’assurance-vie, prélèvements sociaux de 17,2 % | Rachat possible à tout moment | Une poche d’attente sans risque de perte en capital | Rendement moyen de 2,63 % en 2025, non garanti pour la suite ; le fonds en euros a figuré dans un amendement adopté à l’Assemblée en 2025, finalement écarté |
| Assurance-vie en unités de compte | Plus de 5 ans | 12,8 % avant 8 ans ; 7,5 % après 8 ans jusqu’à 150 000 € de primes, après abattement de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple) ; prélèvements sociaux de 17,2 % | Rachat possible à tout moment | Une épargne souple, diversifiable mondialement, à long terme | Risque de perte en capital ; l’écart de prélèvements sociaux avec les autres placements n’est garanti par aucun texte dans la durée |
| PER | Jusqu’à la retraite | Versements déductibles dans la limite de 10 % des revenus professionnels (plafond 37 680 €, plancher 4 710 € en 2026) ; gains taxés à 31,4 % en cas de sortie en capital | Bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé | La préparation de la retraite, surtout si le taux marginal d’imposition est élevé | Risque de perte en capital ; la fiscalité de sortie sera celle en vigueur au moment de la sortie |
| PEA | Plus de 5 ans | Après 5 ans, gains exonérés d’impôt sur le revenu, prélèvements sociaux de 18,6 % ; avant 5 ans, 12,8 % et clôture du plan sauf exceptions | Retrait possible, mais avant 5 ans il clôt le plan | Des actions européennes, ou mondiales via des ETF éligibles, sur le long terme | Risque de perte en capital ; plafond de versement de 150 000 € ; concentration sur la France si le plan est investi en actions françaises |
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Sources : service-public.gouv.fr (fiches F2365 vérifiée le 01/08/2026, F2329 vérifiée le 30/06/2026, F22414 vérifiée le 15/04/2026, F34982 vérifiée le 18/06/2026, F2385 vérifiée le 22/05/2026, F22449 vérifiée le 15/04/2026) ; ACPR, taux moyen de revalorisation des contrats individuels en 2025, publié en juin 2026.
Ce tableau se lit par objectif. Une épargne disponible et une épargne de long terme ne relèvent pas du même placement, et l’élection ne change rien à cette répartition.
Lire aussi : PEA ou assurance-vie : quel placement choisir en 2026 ?
Investir comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Fiscalité de l’épargne : qu’est-ce qui peut changer après 2027 ?
Personne ne peut prédire la fiscalité de l’épargne après l’élection. Deux faits indiquent pourtant que l’épargne financière serait une cible potentielle, quelle que soit la majorité : l’état des finances publiques, et les mesures déjà votées ou débattues depuis 2024.
| Indicateur (en % du PIB) | 2025 | 2026 | 2027 (prévision) |
| Dette publique | 115,7 % | 119,3 % | 121,7 % |
| Déficit public | 5,1 % | 5,4 % | 5,0 % |
| Prélèvements obligatoires | 43,6 % | 43,9 % | 44,2 % |
Source : projet de loi de finances pour 2027, article liminaire, enregistré à l’Assemblée nationale le 1er octobre 2026.
- La dette continue de progresser, même avec un déficit prévu en baisse (cela reste une prévision). Cette contrainte pèse sur tout gouvernement, quelle que soit sa couleur, et l’épargne des ménages offre une assiette large, relativement facile d’accès.
- Pour autant, depuis la crise politique de 2024, les placements des français ont été relativement protégés. Seule la CSG sur les revenus du capital a été augmentée de 1,4 points, hors assurance-vie.
- Difficile de savoir si, post-élection, la fiscalité va s’alourdir pour combler une partie du déficit. Cela dépend de nombreux paramètres tels que la présence ou non d’une majorité à l’assemblée, de la couleur politique du gouvernement, mais aussi de l’opinion publique.
Loi Sapin 2 : l’assurance-vie peut-elle être bloquée en cas de crise politique ?
La loi Sapin 2 permet au Haut Conseil de stabilité financière de limiter temporairement les rachats et les arbitrages en cas de crise grave.
En cas de faillite de l’assureur, le Fonds de garantie des assurances de personnes (FGAP) indemnise jusqu’à 70 000 € par assuré et par assureur.
- Ce que prévoit Sapin 2 : l’article L631-2-1 du Code monétaire et financier autorise le Haut Conseil de stabilité financière à limiter temporairement le paiement des valeurs de rachat, et à retarder ou limiter les arbitrages et les avances, pour tout ou partie du portefeuille d’un assureur. Le dispositif est réservé aux situations de crise. Il diffère des paiements ; il ne supprime pas l’épargne.
- Ce que garantit le FGAP : en cas de défaillance d’un assureur, l’indemnisation est plafonnée à 70 000 € par assuré, tous contrats confondus chez cet assureur. Le plafond est relevé à 90 000 € pour les rentes d’incapacité, d’invalidité et de décès (FGAP, consulté le 8 octobre 2026).
Le plafond s’appréciant par assureur, un second contrat ouvert chez un autre assureur double cette garantie.
Lire aussi : Assurance-vie et crise économique : stratégies de gestion des risques
Élections et marchés financiers : que dit l’histoire ?
Au-delà de la fiscalité, une élection présidentielle et le risque politique associé peuvent peser dans la performance des actifs boursiers. Reste à savoir si tous les actifs sont concernés.
Il n’y a pas de réaction type de la Bourse française à une élection : +4,1 % pour le CAC 40 au lendemain du premier tour de 2017, quasi rien en 2022, −6,2 % sur la semaine qui a suivi la dissolution de juin 2024.
Du côté des taux obligataires (qui conditionnent notamment le rendement des fonds en euros), le spread OAT-Bund (différence de taux entre la France et l’Allemagne pour les obligations à 10 ans) sert de thermomètre du risque français : plus il s’élargit, plus les investisseurs exigent une prime pour prêter à la France.
| Épisode | Réaction du CAC 40 | Spread OAT-Bund (moyenne mensuelle) | CAC 40 jusqu’à la fin de l’année |
| Présidentielle 2017 | +4,1 % après le premier tour (21 au 24 avril) ; −0,9 % après le second (5 au 8 mai) | 77 pb en février, 66 en avril, 47 en mai | +5,0 % du 21 avril au 29 décembre 2017 |
| Présidentielle 2022 | +0,1 % après le premier tour (8 au 11 avril) ; −2,0 % après le second (22 au 25 avril) | 50 pb en mars, 53 en avril, 57 en mai | −1,1 % du 8 avril au 30 décembre 2022 |
| Dissolution de juin 2024 | −6,2 % sur la semaine (7 au 14 juin) | 51 pb en mai, 67 en juin, 68 en juillet | −7,8 % du 7 juin au 31 décembre 2024 |
Sources : Euronext, cours de clôture du CAC 40 (variations calculées) ; Eurostat, rendements des emprunts d’État à 10 ans, série irt_lt_mcby_m (mise à jour du 11/09/2026), écart France moins Allemagne calculé.
- En 2017, la crainte d’un scénario de sortie de la zone euro avait fait monter le spread avant le vote, puis le reflux a été rapide après le premier tour.
- En 2022, le scrutin était largement anticipé et les marchés regardaient surtout la guerre en Ukraine et les banques centrales.
- En 2024, la perspective d’une Assemblée sans majorité claire a provoqué le choc le plus fort des trois épisodes, et le moins vite effacé. La leçon pour un épargnant : la réaction de court terme est imprévisible, dans un sens comme dans l’autre.
Pourquoi la dissolution de 2024 a-t-elle laissé une trace durable ?
Après la dissolution de 2024, l’écart de taux entre la France et l’Allemagne ne s’est pas refermé : 51 points de base en moyenne en mai 2024, 83 en décembre 2024, 101 en septembre 2026 (OCDE).
Le CAC 40, lui, affichait le 7 octobre 2026 un niveau inférieur de 2,9 % à sa clôture du 7 juin 2024 (Euronext). La prime de risque française est devenue budgétaire autant que politique : elle reflète la trajectoire de la dette et pas seulement le calendrier électoral.
Un portefeuille diversifié mondialement est-il exposé au risque politique français ?
Sans surprise, un portefeuille diversifié mondialement est faiblement exposé au risque politique français. Par exemple, la France pèse 2,24 % de l’indice MSCI World au 30 septembre 2026. Depuis la dissolution, le MSCI France a gagné 3,7 % quand le MSCI World gagnait 41,8 %.
| Type de portefeuille | Exposition à la France | Effet du choc politique de 2024 | Point de vigilance |
| Actions françaises, ETF CAC 40 | Totale | Direct : −6,2 % pour le MSCI France la semaine de la dissolution | Performance liée à un seul pays, dans les deux sens |
| PEA investi en actions françaises | Forte | Direct, comme ci-dessus | Le cadre du PEA n’impose pas de rester sur la France : des ETF éligibles donnent accès à d’autres zones |
| Portefeuille d’ETF mondiaux | Limitée (2,24 % du MSCI World) | Faible : +1,6 % pour le MSCI World la même semaine | Exposition dominante aux autres grandes économies, avec leurs propres risques |
Sources : MSCI, indices nets dividendes réinvestis en euros, du 7 au 14 juin 2024 et du 7 juin 2024 au 7 octobre 2026 ; factsheet MSCI World Index (EUR) au 30 septembre 2026.
La concentration joue dans les deux sens. En 2025, le MSCI France a progressé de 13,3 % contre 6,8 % pour le MSCI World (MSCI, indices nets en euros). En 2026, jusqu’au 7 octobre, il recule de 2,0 % quand le MSCI World gagne 18,6 %.
Le sujet n’est donc pas de fuir la France, mais d’éviter qu’une seule élection décide de l’essentiel de la performance de votre épargne.
Le maître mot (comme toujours) reste la diversification, quitte à ajuster à la marge le poids de la France dans votre portefeuille selon vos pronostics sur l’élection et son impact.
Quels réflexes adopter d’ici avril 2027 ?
Cinq réflexes valent quel que soit le résultat de l’élection :
- Constituer son épargne de précaution : une réserve disponible évite de vendre des placements après un choc de marché.
- Choisir l’enveloppe selon l’horizon de chaque somme : le court terme et le long terme ne relèvent pas des mêmes placements.
- Diversifier hors de France : la France pèse 2,24 % du MSCI World, une élection française ne devrait pas décider de toute la performance d’une épargne.
- Investir régulièrement : des versements programmés répartissent le risque d’entrer au mauvais moment.
- Ne rien décider à chaud le soir du premier tour : lors des épisodes récents, le CAC 40 a réagi de +4,1 % en une séance (2017) à −6,2 % en une semaine (2024), sans que ce premier mouvement indique la suite.
Comment Nalo aborde l’incertitude électorale avec l’assurance-vie en gestion pilotée ?
L’assurance-vie Nalo Patrimoine est un contrat en gestion déléguée qui investit dans une gamme diversifiée d’ETF couvrant majoritairement des zones géographiques hors de France.
L’allocation est construite projet par projet, à partir de votre horizon, plutôt que selon un profil de risque standardisé. Ainsi, une épargne investie de cette façon dépend peu d’un seul marché national et des conséquences électorales.
Pour la retraite, le PER Nalo applique la même logique de gestion déléguée en ETF. Un échange avec un conseiller permet d’adapter ces principes à sa situation.

Vous souhaitez investir ?
Investir comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.






