Le Global Retirement Index 2026 de Natixis Investment Managers, publié le 22 septembre 2026, évalue chaque année 44 pays sur quatre volets : la santé, les finances, le bien-être matériel et la qualité de vie à la retraite.
Cette année, la France y recule à la 29ème place, faisant écho aux inquiétudes des français sur les conditions de vie à la retraite.
Quelques jours avant la publication du classement Natixis, le baromètre “La retraite et moi” d’Odoxa pour Generali mesurait déjà que 65 % des Français redoutent de manquer de moyens financiers à la retraite, loin devant la peur de la maladie (46 %)
Pourquoi la France recule-t-elle dans le classement mondial de la retraite ?
Des 44 pays étudiés par Natixis, la France a la pression fiscale la plus lourde : selon l’Insee le taux de prélèvements obligatoires (impôts + cotisations sociales) représente 43,6 % du PIB en 2025.
Une pression fiscale globale plus élevée laisse mécaniquement moins de marge de manœuvre financière aux ménages, retraités compris. C’est pourquoi chaque décision relative à son épargne doit être bien réfléchie, surtout quand certains supports permettent d’alléger la pression fiscale des gains réalisés.
- La France reste bien classée sur les trois autres volets. Sur la santé, elle occupe la 6e place sur 44 pays, porté principalement par une espérance de vie élevée.
- Le volet bien-être matériel, qui regroupe le revenu par habitant, les inégalités de revenus et le taux de chômage, explique pourquoi la hausse du chômage est le deuxième facteur contribuant au recul de la France cette année.
- Enfin, le volet qualité de vie regroupe des critères déclaratifs et environnementaux : le niveau de bonheur ressenti, la qualité de l’air, l’accès à l’eau et l’assainissement, et la biodiversité.
Partir vivre ailleurs pour mieux vivre sa retraite ?
Ce n’est pas l’option envisagée par la majorité des sondés selon le l’étude menée pour Generali.
- 67 % des futurs retraités comptent rester dans leur région actuelle, pour des raisons de sécurité (48 %), de proximité avec leurs proches (48 %) et d’accès aux soins (43 %). Seuls 11 % envisagent de partir à l’étranger une fois à la retraite.
- Tendance intéressante quand on compare la France à d’autres pays développés. Le rapport Natixis décrit, une migration retraite grandissante aux États-Unis et au Royaume-Uni, motivée par un pouvoir d’achat plus élevé dans un pays aux coûts moins élevés.
Plus de 700 000 Américains touchent déjà leurs prestations sociales à l’étranger, soit 60 % de plus qu’il y a vingt ans, et plus de 1,1 million de retraités britanniques vivent hors du Royaume-Uni.
Puisque les Français ne comptent pas résoudre leur inquiétude financière en partant, la seule variable qui reste à actionner, c’est la façon dont l’épargne est placée sur plusieurs années afin de garantir suffisamment de revenus une fois à la retraite.
Comment bien préparer sa retraite en France ?
Le taux d’épargne des ménages français atteint 12,8 %, légèrement au-dessus de la moyenne européenne de 8,8 %.
Les Français épargnent donc suffisamment, mais le choix du support peut leur faire défaut, que ce soit en restant sur des options sûres mais peu rémunératrices comme le Livret A, ou en choisissant une enveloppe fiscale peu adaptée à leurs objectifs.
Pour la retraite, l’horizon est généralement long, ce qui laisse le temps aux enveloppes dont la fiscalité diminue avec la durée de détention.
C’est notamment le cas de l’assurance-vie, dont la fiscalité s’allège après 8 ans, et qui peut servir aussi bien la retraite que d’autres projets de long terme.
Le Plan d’Epargne Retraite est aussi une enveloppe adaptée pour cet objectif : les versements effectués sur le contrat sont déductibles du revenu imposable à l’entrée.
Cela permet de réduire l’impôt pendant la vie active, période où le taux d’imposition est le plus souvent le plus élevé.
En contrepartie, les fonds restent bloqués jusqu’à la retraite, sauf dans huit cas prévus par la loi : achat de la résidence principale, invalidité du titulaire, du conjoint ou d’un enfant à charge, décès du conjoint, surendettement, fin des droits au chômage, maladie grave ou liquidation judiciaire d’une activité non salariée.
| Caractéristiques | PER | Assurance-vie |
| Objectif principal | Préparation exclusive de la retraite | Retraite, transmission ou autres projets long terme |
| Fiscalité à l’entrée | Déduction des versements du revenu imposable jusqu’à 70 ans | Pas d’avantage fiscal à l’entrée |
| Disponibilité des fonds | Bloqués jusqu’à la retraite (sauf exceptions) | Disponibles à tout moment |
| Fiscalité à la sortie | Sur capital : Versements imposés au barème + PFU sur gains | Avant 8 ans : PFU 30% sur gains uniquement Après 8 ans : Abattement 4 600€ (9 200 € pour un couple). Au-delà, ils sont imposés au taux de 7,5 % si les versements concernés n’excèdent pas 150 000 €. |
| Transmission | PER assurantiel : désignation de bénéficiaires | Hors succession avec abattement de 152 500€ par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans |
| Supports d’investissement | Fonds euros et unités de compte (ETF, actions, immobilier) | Fonds euros et unités de compte (ETF, actions, immobilier) |
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Quelles erreurs pèsent le plus sur la préparation à la retraite ?
Les attentes de rendement irréaliste et la sous-estimation de l’inflation arrivent en tête, citées chacune par 42 % des conseillers financiers interrogés par Natixis.
Le marché actions offre en moyenne près de 7 % par an, mais cette moyenne ne se vérifie que sur de longs horizons de l’ordre de plusieurs décennies. Investir à court terme expose au risque de baisse juste avant d’avoir besoin de l’argent, ne laissant pas le temps de s’en remettre.
C’est pourquoi il est habituellement recommandé de prendre plus de risque quand l’horizon est long, et de sécuriser à l’approche de l’objectif.
Sur l’inflation, la Banque centrale européenne vise une hausse des prix de 2 % par an dans la zone euro. Cumulé sur 10 ans, cet objectif représente une hausse des prix d’environ 22 %, qu’il faut donc au moins compenser pour préserver son pouvoir d’achat.
Ce n’est pas le cas d’une épargne logée uniquement sur des supports peu rémunérateurs comme le Livret A.
Juste derrière, 31 % des conseillers citent une dépendance excessive aux prestations publiques pour couvrir l’ensemble des besoins.
À l’inverse, les recommandations qui reviennent le plus chez ces mêmes conseillers sont simples à mettre en place : commencer à épargner tôt et régulièrement (39 %), et prévoir que l’épargne dure plusieurs décennies et non seulement les premières années (31 %).
Ces décisions conditionnent aussi ce qu’on peut se permettre une fois le moment venu : les futurs retraités s’imaginent voyages (69 %) et sport (49 %), alors que les retraités actuels décrivent une réalité plus resserrée, où la lecture (65 % contre 38 % chez les actifs) et le temps avec les proches (64 % contre 53 % chez les actifs) prennent une place plus importante que prévu.
Comment définir un plan d’action pour bien préparer sa retraite ?
La première étape consiste à faire le diagnostic de votre situation : vos revenus, votre épargne actuelle et le niveau de dépenses que vous anticipez une fois à la retraite.
Vient ensuite la projection : à combien s’élèveront vos pensions de retraite obligatoires (base et complémentaire), et quel écart cela laisse avec le niveau de vie souhaité. C’est cet écart qui indique le montant de revenus complémentaires à constituer.
Le choix du support (PER, assurance-vie ou une combinaison des deux) dépend de deux critères : votre horizon de placement et votre profil de risque, c’est-à-dire votre capacité et votre envie d’accepter des variations de valeur en échange d’un meilleur rendement potentiel.
Une fois le support choisi, vous pouvez commencer par des versements modestes et réguliers, le temps de vous familiariser avec vos placements.
Pour l’assurance-vie, mieux vaut ouvrir un contrat tôt, même avec un petit montant : c’est la date d’ouverture qui compte, et après 8 ans, les gains retirés bénéficient d’une fiscalité allégée.
Pour le PER, l’intérêt est surtout immédiat, puisque les versements sont déductibles de votre revenu imposable, dans certaines limites.
Prenons un épargnant qui souhaite compléter sa pension de 500 € par mois pendant 25 ans de retraite, soit un capital d’environ 150 000 € à constituer. Où le loger ?
| Livret A | Assurance-vie | PER | |
| Avantage à l’entrée | Aucun | Aucun | Versements déductibles du revenu imposable (dans certaines limites) |
| Fiscalité à la sortie | Aucune | Après 8 ans, abattement annuel sur les gains pour l’impôt sur le revenu ; prélèvements sociaux dus | En sortie en capital : versements soumis à l’impôt sur le revenu, gains imposés séparément |
| Disponibilité | Totale | Totale | Bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas particuliers (achat de la résidence principale, accidents de la vie) |
| Plafond de versements | 22 950 € | Aucun | Aucun |
| Rendement potentiel | Faible, fixé par l’État | Variable selon les supports choisis | Variable selon les supports choisis |
Le Livret A ne peut pas, à lui seul, financer un tel objectif : son plafond est vite atteint et son rendement suffit à peine à compenser l’inflation sur le long terme. Il reste utile pour l’épargne de précaution.
L’assurance-vie offre de la souplesse : l’argent reste disponible et la fiscalité devient avantageuse après 8 ans.
Le PER est le plus intéressant pour ceux qui sont fortement imposés pendant leur vie active, à condition d’accepter que l’épargne soit bloquée jusqu’à la retraite.






