Il n’existe pas de « taux du PER » unique. Le rendement de votre Plan Épargne Retraite dépend des supports que vous choisissez :
- les fonds en euros ont servi en moyenne 2,65 % net de frais de gestion(source : France Assureurs), avec un capital garanti.
- les unités de compte (actions, ETF) ne garantissent aucun taux mais visent une performance supérieure sur le long terme, en contrepartie d’un risque de perte en capital.
Pour 2026, la baisse des taux directeurs de la BCE devrait peser progressivement sur les fonds en euros, tandis que les unités de compte restent le principal moteur de rendement d’une épargne retraite de long terme.
Le PER en 2026 : un « taux » ? Non, plusieurs rendements
Le Plan Épargne Retraite n’a pas de taux qui lui serait propre. C’est une enveloppe : son rendement est celui des supports qu’elle contient, pondéré par votre répartition, et diminué des frais.
Poser la question « quel est le taux du PER en 2026 ? » revient à demander « quel est le prix d’un supermarché ? » : cela dépend de ce que vous mettez dans le panier.
Concrètement, le rendement d’un PER se décompose ainsi :
Rendement net = (rendement des fonds euros × part investie en fonds euros) + (performance des unités de compte × part investie en UC) − frais
Il faut aussi distinguer deux familles de PER :
- Le PER assurantiel, de loin le plus répandu fonctionne comme une assurance-vie : il combine un fonds en euros à capital garanti et des unités de compte.
- Le PER compte-titres, plus rare, n’a pas de fonds en euros et repose intégralement sur des supports d’investissement.
En 2026, le contexte macroéconomique pèse sur ces deux briques : le cycle de baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne, engagé en 2024 et poursuivi en 2025 dans un environnement de désinflation, réduit progressivement le rendement des obligations qui composent les fonds en euros.
À l’inverse, il constitue historiquement un terrain plutôt favorable aux marchés actions, sur lesquels reposent les unités de compte.
Rendement des fonds en euros du PER : 2024 constaté, 2025 et perspectives 2026
Ce qu’ont rapporté les fonds en euros en 2024
Le fonds en euros est la brique sécurisée du PER : le capital est garanti et les intérêts sont définitivement acquis chaque année (effet « cliquet »). En contrepartie de cette sécurité, son rendement est modeste.
En 2024, les fonds en euros ont servi en moyenne de l’ordre de 2,5 % selon France Assureurs, les meilleurs contrats souvent assortis de bonus de rendement conditionnés à une part d’unités de compte, dépassant 3,5 %.
Cette relative bonne tenue s’explique par la remontée des taux obligataires des années précédentes, qui a permis aux assureurs de renouveler leurs portefeuilles avec des obligations mieux rémunérées, et par la mobilisation de leurs réserves (la provision pour participation aux bénéfices).
| Année | Rendement moyen fonds en euros (marché)* |
|---|---|
| 2022 | ~2,0 % |
| 2023 | ~2,6 % |
| 2024 | ~2,5 % |
| 2025 | ~2,65 % |
*Moyenne de marché, source France Assureurs. Ordres de grandeur à confirmer et à compléter avec le millésime 2025 dès sa publication (février 2026).
Tendance 2025 et scénarios pour 2026
La dynamique s’inverse doucement. La baisse des taux directeurs de la BCE se répercute avec un décalage sur les fonds en euros : les obligations à haut rendement acquises en 2023-2024 restent en portefeuille plusieurs années, ce qui amortit la baisse à court terme, mais les nouveaux flux sont réinvestis à des taux plus faibles.
Pour 2026, aucun taux n’est acquis il ne sera connu qu’au début de l’année 2027. On peut néanmoins raisonner en scénarios :
- Stabilisation : les réserves des assureurs et l’inertie des portefeuilles obligataires maintiennent les rendements proches de leur niveau de 2024-2025.
- Léger tassement : la poursuite de la baisse des taux érode graduellement les fonds en euros, sans effondrement.
- Prime à la fidélité : les assureurs continuent de réserver leurs meilleurs taux aux contrats comportant une part d’unités de compte, creusant l’écart entre fonds en euros « nus » et fonds en euros bonifiés.
Dans tous les cas, le fonds en euros doit être vu comme un outil de sécurisation, non comme un moteur de performance.
Sur un horizon retraite, s’exposer uniquement au fonds en euros expose à un autre risque, souvent sous-estimé : celui de voir son épargne progresser moins vite que l’inflation, et donc de perdre du pouvoir d’achat.
Unités de compte et gestion pilotée : le vrai moteur de rendement à long terme
Pourquoi les unités de compte sur un horizon retraite
Un PER se construit sur 10, 20 ou 30 ans. Sur un tel horizon, les unités de compte, actions, ETF, immobilier, obligations, ont historiquement délivré une performance nettement supérieure à celle des fonds en euros.
C’est la logique même de l’épargne retraite : accepter des fluctuations à court terme pour capter, sur la durée, le rendement des marchés.
Cette performance supérieure a une contrepartie qu’il faut énoncer clairement : les unités de compte ne présentent aucune garantie en capital et comportent un risque de perte.
Leur valeur fluctue à la hausse comme à la baisse. Par ailleurs, les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Performances historiques indicatives des marchés actions
À titre indicatif et non contractuel, un portefeuille d’actions internationales diversifié a délivré, sur de longues périodes historiques, un rendement annuel moyen sensiblement supérieur à celui des fonds en euros, au prix d’une volatilité bien plus marquée d’une année sur l’autre.
Ces chiffres décrivent le passé et ne constituent en rien une promesse : une année de marché baissier peut effacer temporairement plusieurs années de gains.
C’est précisément pour cela que l’horizon compte : plus la retraite est lointaine, plus l’épargnant a de temps pour absorber les creux de marché.
Gestion pilotée à horizon : sécuriser à l’approche de la retraite
La gestion pilotée à horizon répond à ce besoin. Le principe : une exposition aux unités de compte importante tant que la retraite est lointaine, puis une désensibilisation progressive (on parle de glide path) qui sécurise mécaniquement l’épargne vers des supports moins risqués à mesure que l’échéance approche.
L’épargnant n’a pas à arbitrer lui-même : l’allocation s’ajuste dans le temps en fonction de son horizon et de son profil de risque.
C’est le mode de gestion par défaut du PER, et il est particulièrement adapté à une enveloppe dont la sortie est datée.
Chez Nalo, cette gestion pilotée s’appuie sur des ETF (fonds indiciels), un choix qui a un impact direct sur le troisième facteur de rendement, souvent le plus négligé : les frais.
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Ce qui ronge votre rendement : les frais du PER
Les quatre couches de frais à surveiller
Le rendement affiché par un support n’est pas celui qui atterrit sur votre contrat. Entre les deux, il y a les frais et sur un PER, ils s’empilent sur quatre niveaux :
| Type de frais | Ce qu’il couvre | Fourchette de marché indicative |
|---|---|---|
| Frais sur versement | Prélevés à chaque dépôt | 0 % à ~3 % |
| Frais de gestion du contrat | Annuels, sur l’encours | ~0,5 % à ~1 % / an |
| Frais des supports (UC) | Frais internes des fonds | ETF ~0,2-0,4 % / an ; fonds actifs ~1,5-2,5 % / an |
| Frais d’arbitrage | À chaque changement de support | 0 % à quelques % |
Fourchettes indicatives de marché, à ajuster selon les contrats.
Deux postes font toute la différence sur la durée : les frais de gestion annuels et les frais internes des supports. Un PER investi en fonds actifs peut cumuler facilement plus de 2 % de frais par an, quand un PER en ETF descend nettement en dessous de 1 %.
Démonstration : rendement brut contre rendement net
Un écart de frais paraît anodin sur un an. Sur vingt ans, il est massif, car il se compose année après année.
Prenons un exemple illustratif et hypothétique : 50 000 € placés sur 20 ans, avec une même performance brute des marchés de 5 % par an dans les deux cas seuls les frais changent.
| PER à frais élevés | PER à frais réduits (ETF) | |
|---|---|---|
| Performance brute | 5 % / an | 5 % / an |
| Frais totaux | ~2,0 % / an | ~0,85 % / an |
| Rendement net | ~3,0 % / an | ~4,15 % / an |
| Capital au bout de 20 ans | ~90 300 € | ~112 800 € |
Simulation purement illustrative, hors fiscalité, à hypothèse de performance brute identique. Elle n’a aucune valeur contractuelle et ne constitue pas une promesse de rendement.
Résultat : à performance de marché rigoureusement identique, l’écart de frais représente ici plus de 22 000 €, soit près de la moitié du capital de départ, partis en frais.
C’est le levier le plus sûr dont vous disposez : vous ne contrôlez pas les marchés, mais vous contrôlez ce que vous payez pour y accéder.
Fiscalité 2026 : son effet sur le rendement réel du PER
Le rendement financier n’est qu’une partie de l’équation. Le PER possède un atout fiscal spécifique qui améliore sa rentabilité réelle : la déductibilité des versements de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel.
Plus votre tranche marginale d’imposition est élevée, plus cet avantage à l’entrée est important c’est un « rendement fiscal » qui s’ajoute au rendement financier.
En contrepartie, cette économie d’impôt se « rembourse » partiellement à la sortie : au moment de la retraite, les sommes récupérées (en capital ou en rente) sont fiscalisées selon des modalités qui dépendent notamment de la nature de la sortie et de l’option choisie à l’entrée.
Comment choisir un PER performant en 2026 (au-delà du taux)
Les vrais critères de sélection
Choisir un PER sur son seul « taux de fonds en euros » est une erreur. Les critères qui déterminent réellement la performance nette de votre épargne sont :
- Le niveau de frais (versement, gestion, supports, arbitrage) le facteur le plus déterminant sur la durée.
- La qualité de la gestion pilotée et sa capacité à désensibiliser intelligemment à l’approche de la retraite.
- L’univers de supports disponibles : présence d’ETF, de supports responsables (ISR), diversité des classes d’actifs.
- Les services : simulation, accompagnement, transparence, souscription et pilotage en ligne.
Transférer un ancien PER vers un meilleur contrat
Si vous détenez déjà un PER (ou un ancien contrat retraite type PERP/Madelin) coûteux ou peu performant, sachez qu’un transfert vers un contrat plus compétitif est possible.
Points de vigilance : d’éventuels frais de transfert et la préservation de l’antériorité. Un transfert bien mené peut, à lui seul, réduire durablement vos frais et donc améliorer votre rendement net.

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Checklist pour choisir votre PER en 2026
- Frais de versement à 0 %
- Frais de gestion annuels sous 1 %
- Supports en ETF (frais internes réduits) disponibles
- Gestion pilotée à horizon adaptée à votre âge de départ
- Options d’investissement responsable (ISR) si souhaité
- Simulateur et suivi en ligne
- Fiscalité à l’entrée cohérente avec votre tranche d’imposition
- Comparaison avec votre contrat actuel avant tout transfert
En résumé
Trois idées à retenir avant d’investir en 2026 :
- Le PER n’a pas de taux unique. Son rendement dépend de votre répartition entre fonds en euros (sécurisé) et unités de compte (moteur de long terme).
- Pour 2026, raisonnez en tendances, pas en certitudes. Les fonds en euros sont sous pression avec la baisse des taux ; les unités de compte, via la gestion pilotée, restent le levier de performance sur un horizon retraite.
- Agissez sur ce que vous contrôlez : les frais. À performance de marché identique, un PER à frais réduits peut faire une différence de plusieurs dizaines de milliers d’euros sur vingt ans.
Le meilleur PER n’est pas celui qui affiche le fonds en euros le plus élevé cette année, mais celui qui combine des frais bas, une gestion pilotée adaptée à votre horizon et une fiscalité alignée sur votre situation.
Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Investir en unités de compte comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Nalo est une société de gestion / un intermédiaire agissant en qualité de courtier en assurance et de conseiller en investissements financiers.
