Qu’est-ce que le lazy investing ?

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L’essentiel :

  • Le lazy investing tire ses fondements de la théorie des marchés efficients ;
  • Les études statistiques montrent que la plupart des fonds de gestion active n’arrivent pas battre les fonds de gestion passive ;
  • Le Lazy investing trouve ses limites dans la gestion des risques.

Qu’est-ce que le lazy investing ?

Le lazy investing, qui se traduirait littéralement par “investissement paresseux” est une méthode d’investissement consistant à effectuer peu d’arbitrage et à laisser l’investissement fructifier naturellement sur le long terme. En d’autres termes, il s’agit d’investir dans des actifs boursiers de façon passive.

Le lazy investing et l’efficience des marchés

Dans l’inconscient collectif, l’activité d’investissement en bourse se traduit par une multiplicité de transactions d’achat et de vente au moyen d’une gestion dite active dans le but de trouver les placements les plus rentables et de réaliser rapidement des plus-values sur des variations à court terme. Ces arbitrages sont le fruit notamment d’un travail effectué grâce à une analyse fondamentale ou une analyse statistique dont l’objectif est de prédire le comportement futur d’un actif.

Inspirée par la théorie des marchés efficients, le lazy investing part du postulat inverse : il est peu probable de battre le marché de sorte qu’assurer une gestion active de ses placements boursiers n’aurait que peu d’impact sur la performance globale du portefeuille.

En effet, la notion de marché efficient part du constat que le marché financier intègre de manière continue l’ensemble des informations disponibles. Selon cette théorie, la valeur de marché d’un actif reflète parfaitement sa valeur réelle. Il est donc impossible de profiter rationnellement d’un écart de valeur dans le but de réaliser une sur-performance. Les arbitrages gagnants seraient uniquement le fruit du hasard.

Pire encore, l’énergie, le temps passé à chercher des “trades” gagnants, et les multiples transactions qui en découlent entraînent des frais de transactions, de sorte que la performance finale serait inférieure au benchmark.

La rapidité de circulation de l’information, la multiplication des investisseurs institutionnels, la régulation des marchés financiers par des autorités sanctionnant, les délits d’initiés et les manipulations de cours, contribuent à rendre le marché plus efficient.

Ces éléments ont été théorisés et analysés par des chercheurs reconnus parmi lesquels son concepteur, Eugene Fama qui reçut le prix Nobel d’économie en 2013 pour la finesse de ses travaux sur les marchés financiers.

Lazy investing ou gestion active : quelle performance du côté des professionnels du placement ?

Il existe deux grandes catégories de fonds d’investissements :

  • les fonds dits actifs tels que les OPCVM (Organisme de placement collectif de valeurs mobilières) comprenant les FCP (fonds commun de placement) et les SICAV (Société d’investissement à capital variable);
  • les fonds dits passifs regroupant les trackers ou ETF (External Traded Funds).

Une des questions sous-jacentes que pose le lazy investing est : vaut-il mieux opter pour un fonds de gestion active ou passive ? En d’autres termes, les OPCVM traditionnels sont-ils capables de surperformer des trackers ou ETF ?

Plusieurs études statistiques montrent que la majorité des fonds de gestion active ne battent pas un ETF équivalent. C’est le cas de l’étude SPIVA ou  d’étude statistique réalisée par Morningstar.

Les différences entre les OPCVM et les ETF

Les ETF, ou trackers, sont des fonds indiciels cotés en bourse qui reproduise le comportement d’un indice boursier. Comme pour les parts d’un OPCVM, il s’agit donc d’un fonds composé de plusieurs dizaines d’actifs, un panier d’actions ou d’obligations.

Contrairement aux OPCVM, un gérant d’ETF ne fait pas de paris sur les actifs sous-jacents, ils se contentent seulement reproduire le plus fidèlement possible la composition d’un indice boursier. Et en réalité la gestion d’un ETf est en grande partie automatisée de sorte que celle-ci a un coût moindre qu’un fonds traditionnel. Et cela se retrouve dans les frais de gestion : sur un OPC classique les frais de gestion sont en moyenne de 1,7% contre seulement 0,25% pour un ETF.

La performance comparée entre les fonds indiciels et les OPCVM

Pour trancher entre fonds de gestion active ou passive, il convient d’analyser comparativement la performance des fonds de gestion active par rapport à leur indice de référence. Ainsi, d’après l’étude SPIVA, 87% des fonds européens affichent des performances inférieures à leur indice de référence sur une durée de 10 ans.

Par ailleurs, le site Morningstar publie régulièrement un “baromètre gestion active/passive”, par classes d’actifs, pour comparer la performances des deux écoles de gestion. Bien que cette analyse ne soit pas parfaite dans la mesure où elle s’intéresse seulement à la performance et non à la volatilité, elle met en lumière une performance globale plus forte pour les fonds de gestion passive (ETF ou trackers).

À noter que cette comparaison prend en compte les frais moyens facturés par les fonds de gestion active et les fonds de gestion passive.

Proportion de fonds actifs qui battent les fonds passifs
Classe d’actifs 1 an 3 ans 5 ans 10 ans
Actions globales grandes capitalisations 21,9% 18,3% 12,7% 11,5%
Actions globales marchés émergents 29,2% 30,5% 30% 23,7%
Actions Etats-Unis grandes capitalisations 22,7% 17,4% 15,8% 12,4%
Actions Etats-Unis petites capitalisations 39,4% 40% 42,3% 14,3%
Actions Europe grandes capitalisations 18,4% 23,1% 19,8% 16,3%
Actions Europe petites capitalisations 42% 70,8% 55,6% 26,9%
Actions Japon grandes capitalisations 41,4% 38,6% 27% 17,8%
Actions Japon petites capitalisations 82,4% 66,7% 77,8% 35,5%
Actions France grandes capitalisations 17,6% 27,4% 27% 38%

A la lecture de ce tableau, on constate que la gestion active est en général moins performante que la gestion passive. Par ailleurs, plus l’horizon d’investissement est long et plus il est difficile pour les fonds de gestion active d’afficher une rentabilité nette supérieure aux fonds de gestion passive.

Toujours selon le baromètre du Morningstar, les fonds de gestion obligataire ne sont pas épargnés. Ils affichent une performance majoritairement inférieure aux fonds indiciels.

Proportion de fonds actifs qui battent les fonds passifs
Classe d’actifs 1 an 3 ans 5 ans 10 ans
Obligations d’Etat 18% 28,3% 30,4% 14%
Obligations diversifiées 1,5% 13,1% 21,8% 15%
Obligations secteur privé 31,8% 56,6% 53,3% 44,4%

Ainsi, si vous deviez choisir entre placer votre argent dans un OPCVM ou un tracker équivalent, vous avez une plus forte probabilité d’obtenir un rendement supérieur avec ce dernier. Enfin, notez qu’il est très difficile d’identifier en amont les quelques fonds actifs qui battent leur indice de référence. En effet, les études menées montrent aussi que les fonds qui surperforment une année ne sont pas nécessairement ceux qui surperforment les années suivantes. Il est donc futile de se baser sur les performances passées.

En savoir plus : pourquoi un ETF est-il plus performant qu’un OPCVM classique ?

Comment devenir un investisseur lazy ?

Le lazy investing consiste à conserver des actifs de manière durable, ce qui implique de ne pas vendre lors d’un affaissement global des marchés. Il s’agit donc d’un investissement sur le long terme sans se soucier des fluctuations de court terme.

Nous l’avons vu, il est plus pertinent d’investir via des ETF que via des fonds d’investissement traditionnels. Cependant une autre option peut s’offrir à vous, vous pourriez constituer vous-même un portefeuille d’actions et le conserver sur le long terme.

Cette méthode est déconseillée aux petits porteurs pour plusieurs raisons :

  • vous risquez de ne pas avoir assez de liquidités pour assurer une diversification suffisante ;
  • les coûts de transaction seraient très élevés par rapport aux coûts de transaction que les producteurs d’ETF ont, du fait des gains d’échelle ;
  • enfin puisqu’un ETF réplique un indice, celui-ci va régulièrement expulser les entreprises qui sortent de l’indice et ajouter celles qui y entrent. Ce faisant l’ETF fait un tri automatique entre les entreprises sur le déclin et les entreprises montantes, comme Facebook qui est entré en bourse en 2012 et directement dans les principaux indices boursiers au passage.

Au final, le plus simple est d’opter pour un portefeuille d’ETF que vous pouvez loger dans un compte-titres, un PEA, ou une assurance-vie.

Quelle enveloppe fiscale pour faire du lazy investing ?

Pour constituer votre portefeuille d’investissement passif, vous avez le choix entre plusieurs enveloppes fiscales :

  • le PEA (Plan épargne action) ;
  • le compte-titres ;
  • l’assurance-vie.

Le compte-titres est rarement la bonne solution car il n’offre aucun avantage fiscal. En revanche, il permet une large diversification.

Le PEA peut être une bonne option pour réaliser un investissement lazy. En effet, il donne droit à une exonération fiscale sur les gains à partir de la 5e année de détention, idéal pour l’horizon long terme requis par le lazy investing.

Néanmoins, le PEA ne peut être constitué que d’actions européennes (ou de fonds d’investissement composé à 75% d’actions européennes) limitant la diversification en ayant comme corollaire un risque important. Cependant, notez que certains ETF, dits synthétiques, permettent de répondre partiellement à cette problématique.

L’assurance-vie est aussi un excellent candidat pour réaliser des investissements passifs. À l’instar du PEA, les avantages fiscaux sont acquis à partir de la 8e année de détention (taux unique d’imposition de 7,5% et abattements). Si la fiscalité applicable aux produits de participation logés dans l’assurance-vie est moins intéressante que le PEA, celle-ci permet d’assurer une meilleure diversification du portefeuille puisque les actifs éligibles ne sont pas restreints aux seules actions européennes. De plus, l’assurance-vie permet d’effectuer des rachats dès la première année sans entraîner sa clôture et surtout l’assurance-vie a des avantages en cas de succession que le PEA ne possède pas.

En savoir plus : ETF et assurance-vie, une combinaison gagnante.

Quelles sont les limites de l’investissement passif ou lazy ?

En suivant les recommandations du lazy investing vous opteriez pour un ETF World (un etf mondialement diversifié) que vous conserveriez jusqu’au moment où vous avez besoin de consommer votre capital. Cette option n’est pas nécessairement la plus performante, il a par été montré qu’un portefeuille plus complet et plus diversifié était plus performant. C’est par exemple le cas en incluant des petites et moyennes capitalisations.

Mais surtout cette méthode d’investissement pèche par une absence de gestion des risques. Les actifs financiers présentent des fluctuations à court et moyen terme, la prise de risque doit donc s’adapter à l’horizon d’investissement. Si les ETF sont d’excellents supports d’investissement, il convient néanmoins d’avoir une stratégie dédiée à chacun de ses projets financiers et de mettre en place une sécurisation du portefeuille à l’approche de leur échéance. C’est ce qu’on appelle l’investissement par objectifs (ou Goal Based Investing en anglais).

Ce que Nalo fait pour vous

Nalo est un spécialiste de l’investissement financier en France et un des premiers à offrir une gestion sous mandat avec un portefeuille composé exclusivement d’ETF. Conscients des limites du lazy investing, nous mettons en place une stratégie dédiée à chaque projet financier de nos clients (préparation de la retraite, épargne de précaution, anticipation d’un achat immobilier, etc). Par ailleurs, afin d’optimiser la performance de vos investissements, une large diversification en classes d’actifs est effectuée dans vos portefeuilles.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre site, ou faites une simulation d'investissement :

Hugo Bompard

Hugo Bompard

Statisticien Économiste, précédemment chercheur au Centre de Recherche en Statistique et en Économie, Hugo Bompard est Directeur Scientifique de Nalo.

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