La gestion passive

La gestion passive

Qu’est-ce que la gestion passive ? La gestion active ?

Lorsqu’il s’agit d’investir en bourse, deux philosophies s’opposent : gestion passive et gestion active.

La gestion active

La gestion “active” se donne pour objectif de battre les marchés. Pour tenter d’y arriver, les gérants effectuent des achats/ventes fréquents, selon deux stratégies principales :

  1. Le Stock Picking, c’est à dire choisir certaines actions (ou certains titres financiers) parmi l’ensemble des possibilité. Par exemple, privilégier l’action Renault à celle de l’action Peugeot car on pense qu’elle sera plus performante à l’avenir. 
  2. Le Market Timing, c’est à dire investir à certains moment et pas à d’autres. Par exemple, attendre demain pour acheter l’action Orange car aujourd’hui n’est pas un “bon point d’entrée”. 

Ainsi, si l’on se place dans le référentiel français, l’objectif de la gestion active sera de délivrer une performance supérieure à celle des 40 actions du CAC 40. 

La gestion passive

La seconde dite “passive”, parfois appelée lazy investing, se donne pour objectif de capter la performance des marchés dans leur ensemble. Les stratégies sous-jacentes à la gestion passive sont: 

  1. La diversification, qui consiste à avoir un univers d’investissement le plus large possible et ainsi maximiser le nombre d’actifs en portefeuille ;
  2. Le time in market, qui consiste à investir le plus tôt possible pour maximiser “le temps dans le marché”, c’est-à-dire la durée d’investissement.   

Si l’on conserve le référentiel français, la gestion passive consiste à investir dans les 40 entreprises du CAC 40 et ainsi profiter de la performance de l’ensemble de ces entreprises.  

En savoir plus : la diversification permet de réduire le risque, pas le rendement.

La gestion active ne marche pas !

De prime abord, la gestion active peut paraître plus alléchante que la gestion passive puisqu’elle se veut plus performante. C’est d’ailleurs là, la promesse de nombreux fonds d’investissement : grâce à leurs équipes d’analystes et de gérants, les fonds d’investissement seraient en mesure de faire mieux le marché. Le problème c’est que la promesse n’est pas tenue : la gestion active ne marche pas, c’est la recherche académique qui le dit. 

La gestion active ne marche pas pour une bonne raison. Rappelons que la performance du marché, c’est-à-dire l’évolution du prix des actions, est la résultante de l’offre et de la demande pour ces mêmes actions. Or, le volume d’échange est principalement le fait des sociétés de gestion. Ce qui veut dire, pour schématiser, que lorsqu’un fonds d’investissement décide d’acheter des actions Peugeot, un autre fonds décide de les lui vendre. C’est le fonds de la Société Générale qui parie contre le fonds de la BNP. Les deux fonds sont sûrs de leurs positions, mais seulement un seul des deux peut avoir raison. 

Par conséquent, chaque année, la moitié des fonds d’investissement fait mieux que le marché, quand l’autre moitié fait nécessairement moins bien. On pourrait alors se dire qu’il suffit de choisir un fonds parmi ceux qui font mieux que le marché. Or, à ce stade on se confronte à deux autres problèmes : 

  • Le premier problème est que pour fonctionner, les fonds d’investissement exigent des frais de gestion très importants, en moyenne 1,7% de frais de gestion annuels pour des fonds en actions, un peu moins pour des fonds obligataires. L’étude SPIVA, qui compare régulièrement la performance des fonds de gestion active à celle du marché, montre que chaque année 80% des fonds ont une performance inférieure à leur indice de référence.
  • Le second problème est qu’il n’existe aucune certitude qu’un fonds qui a surperformé continue à être meilleur que les autres à l’avenir. Là encore, les études sont formelles, les meilleurs fonds une année ne sont pas nécessairement les meilleurs l’année suivante.  

Autrement dit, il est vain de chercher à sélectionner les meilleurs fonds d’investissement. Avec la gestion active, vous aurez environ 80% de chance de faire moins bien qu’avec la gestion passive

Une autre option qui pourrait venir en tête à ceux qui se sentent l’âme d’un trader serait de gérer activement un portefeuille de titres par eux-même. Mais pensez-vous franchement pouvoir faire mieux que des professionnels expérimentés et dont c’est le métier à plein temps ? De plus, si en fonctionnant ainsi, vous pensez éviter les frais de gestion des fonds, ce n’est que pour mieux payer des frais de courtage qui réduiront d’autant votre performance à chaque achat/vente. Frais de courtage qui, par ailleurs, sont bien plus importants pour un investisseur particulier que pour une société de gestion. 

A lire : comment bien investir en bourse ?

L’efficience des marchés financiers

Pour que la gestion active puisse marcher il faut qu’un gérant puisse être meilleur qu’un autre. Il faudrait pour cela : 

  • qu’il ait des informations que les autres n’ont pas, ou du moins qu’il les interprète mieux, afin de pouvoir mieux choisir ses actions ; 
  • ou qu’il puisse prédire les marchés financiers pour savoir quand investir ou désinvestir. 

Or, les universitaires et les chercheurs en économie ont montré que ces deux points n’étaient pas vrais pour les marchés financiers globalisés, tels que nous les connaissons aujourd’hui. Les flux d’informations sont normés et instantanés, et les marchés financiers sont imprévisibles. C’est ce que l’économiste Eugene Fama, prix Nobel en 2013 appelle un marché efficient.

Cela est vrai pour les bourses internationales mais ce n’est pas forcément le cas pour le marché du private equity par exemple, ou pour certains marchés naissants comme le marché africain. Sur ces marchés, il existe des asymétries d’informations (une personne peut avoir une information sur une société ou un secteur d’activité, qui n’est pas partagée par l’ensemble des acteurs). Ces marchés ne sont pas efficients, ce qui crée des opportunités pour les “gérants actifs”. 

Sur un marché efficient, il est vain de payer pour une pseudo-expertise. Mieux vaut réduire les frais au maximum. C’est aussi l’avis de Daniel Kahneman, prix Nobel en 2002, qui a analysé le comportement et la psychologie des marchés financiers.

Limiter les frais, l’ennemi de la performance

Vous payez des frais lorsque vous investissez via un fonds d’investissement. Ces frais sont un pourcentage du montant de votre épargne (et pas seulement sur la plus-value). Ainsi, un fonds qui génère une performance moyenne de 8% par an mais dont les frais sont de 2% ne vous versera in fine que 6%. Et si une année sa performance est négative, disons -2%, votre épargne baissera de 4%. 

De tous ces frais il faut être vigilant. Le graphique ci-après montre la performance qu’on obtient lorsque avec un investissement qui rapporte 8% par an et, le même investissement avec 2% de frais, soit une performance de 6% par an. Pour un placement de 100 000 euros, 25 ans plus tard la différence se chiffre à plus de 200 000 euros ! 

Impact de 2% de frais sur la performance d’un investissement

Heureusement, la marge de réduction des frais est importante. En effet, il existe des fonds d’investissement spécifiques, appelés “fonds indiciels” ou ETF pour “Exchanged traded Fund”, dont les frais sont jusqu’à 20 fois inférieurs aux fonds d’investissement traditionnels.   

Les ETF sont les supports d’investissement idéaux pour mettre en oeuvre une stratégie de gestion passive. 

Gestion passive : investir avec des ETF

Les supports d’investissement les plus répandus portent des acronymes quelque peu barbares. On parle d’OPCVM (Organisme de Placement Collectifs), de SICAV (Société d’investissement à capital variable) en encore de FCP (Fonds Commun de Placement). Autant de noms pour désigner un fonds d’investissement. Une équipe de gestion – plus ou moins étoffée – gère le portefeuille de titres qui composent ces fonds. Vous avez alors la possibilité d’acheter des parts du fonds, ce qui vous permet d’investir indirectement dans l’ensemble des titres du portefeuille. 

Traditionnellement, ces fonds sont gérés de manière active et les frais qu’ils prélèvent sont élevés : 1,7% en moyenne. Or nous l’avons vu, cela n’est pas efficient. 

Les fonds indiciels (ou ETF) ont été créés pour contourner ce problème. Comme un fonds traditionnel, un ETF est un panier de titres financiers. Cependant, sa gestion est automatisée et son objectif est de capter la performance du marché. Pour cela, le fonds va tout simplement acheter l’ensemble des actions (ou des obligations) d’un indice boursier. Par exemple, un “ETF CAC 40” va être composé des 40 entreprises de l’indice, tout simplement. La performance de l’ETF sera donc très fidèle à celle de son indice de référence, raison pour laquelle ils sont aussi appelés “trackers” car ils “trackent”, ils répliquent leur indice de référence. 

Les ETF présentent trois gros avantages : 

  • des frais réduits : comptez entre 0,1% et 0,5% de frais de gestion annuels. C’est parfois 20 fois moins qu’un fonds traditionnel ; 
  • une large diversification : certains indices boursiers peuvent être composés de plusieurs centaines de titres financiers, voire plusieurs milliers ! Et il ira de même pour l’ETF correspondant. 
  • une performance fidèle au marché : alors qu’avec les fonds traditionnels, vous aviez 80% de chances de sous performer le marché, avec l’ETF la performance est trés fidèle à celle de l’indice de référence. Vous n’aurez donc pas de mauvaises surprises. 

Finalement les ETF présentent tous les avantages de l’investissement passif que nous évoquions tout à l’heure. Un ETF n’a pas d’équipe de gérants, mais il permet de capter l’intelligence collective de tous les gérants de la place. 

Gestion du risque, gestion par objectifs

Si la gestion passive et les ETF sont efficaces pour capter la performance des marchés financiers. Elle ne répond pas à la question “quels risques dois-je prendre ?”. Et en matière de gestion du risque il ne faut pas être passif ! Au contraire. 

Voici quelques bonnes pratiques à mettre en place :

  • Organiser vos investissements en fonction de vos projets patrimoniaux ; 
  • Calibrer votre prise de risque en fonction de votre horizon d’investissement ;
  • Sécuriser progressivement votre portefeuille à mesure que votre horizon se rapproche. 

C’est ce qu’on appelle la gestion par objectifs (cliquez pour en savoir plus)

Nalo a justement créé une gestion pilotée unique, exclusivement composée d’ETF, qui met en oeuvre toutes les bonnes pratiques de la gestion par objectif. Vous profitez ainsi d’investissements à frais réduits, associés à une gestion du risque adéquate !

Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre site, ou faites une simulation d'investissement :

Hugo Bompard

Hugo Bompard

Statisticien Économiste, précédemment chercheur au Centre de Recherche en Statistique et en Économie, Hugo Bompard est Directeur Scientifique de Nalo.

Laisser un commentaire

You have to agree to the comment policy.