Bourse : faut-il investir dans des actions étrangères ?

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L’essentiel :

  • Les Français investissent en France plutôt qu’à l’étranger, c’est un biais cognitif appelé “home bias”;
  • Le portefeuille d’actifs est mieux diversifié lorsqu’il est composé d’actifs issus d’espaces économiques différents;
  • Les zones économiques extérieures, en particulier les pays émergents, offrent une espérance de gain supérieure.

Il est tout à fait possible depuis la France d’investir dans des actifs de pays étrangers (sous réserve du respect du droit international public et privé notamment en cas d’embargo). En effet, depuis l’abolition du contrôle des changes, la liberté de circulation des capitaux est devenue la norme, leur interdiction l’exception. De plus, les banques et les autres établissements financiers ont développé les produits et les infrastructure permettant de simplifier ces démarches.

Le biais cognitif de l’investissement franco-français

Le plus souvent investir en France quand on est en français est plus rassurant que d’investir aux États-Unis. Pourtant, comme on le verra par la suite, cela est sous optimal d’un point de vue financier. Alors pourquoi les Français investissent à 80% dans des actions françaises alors qu’à l’échelle mondiale les actions françaises ne représentent que 5% de la capitalisation boursière mondiale ?

Ce phénomène est bien connu en finance et en économie, on parle de “home bias” ou “biais domestique”. Il s’agit d’un biais cognitif faussant la rationalité des investisseurs qui consiste à investir dans des sociétés ou même des fonds d’investissement de chez eux. Cela n’est pas propre au français, mais s’applique à l’ensemble des pays.

Les raisons sont assez simples, les entreprises domestiques sont celles qui sont connues par les épargnants du pays. Si l’on connait tous l’activité de Peugeot, Total ou Sanofi, c’est beaucoup moins vrai pour Dongfeng, un constructeur automobile chinois ou RWE, un conglomérat allemand de l’énergie. Les Français, comme les épargnants des autres pays sont par ailleurs bien mieux informés de l’actualité économique et financière des sociétés de leur pays. Cela est vrai aussi pour les indices boursiers, la presse économique commente régulièrement l’évolution du CAC 40 mais prête peu d’attention aux indices boursiers chinois, australiens ou même américains.

L’affect est aussi un facteur qui explique le biais domestique, beaucoup d’investisseurs particuliers privilégient en effet les entreprises desquelles ils se sentent proche ou dont ils aiment les produits.

Pourquoi investir à l’étranger ?

La diversification pour réduire le risque géopolitique

La valeur des actifs varie avec le temps en fonction de nombreux facteurs. Certains sont idiosyncrasiques ou endogènes, c’est-à-dire qu’ils sont propres à une entreprise donnée : ses performances commerciales, sa stratégie ou ses dirigeants. D’autres facteurs sont systématiques, ou exogènes, c’est le cas des décisions politiques, des récessions économiques, des évolutions législatives ou encore des catastrophes naturelles… Ces événements peuvent potentiellement impacter positivement ou négativement l’ensemble des entreprises d’un pays. Chaque espace économique sera sensible des actualités différentes.

Si investir au sein d’un même pays dans des actifs de nature diverse, sur des secteurs d’activité différents, permet de diluer le risque au regard de la conjoncture économique propre à chaque secteur, elles ne permettent pas de se prémunir contre les risques propres au territoire. Par exemple, une crise politique européenne qui aboutirait sur un démantèlement de la zone euro affecterait l’ensemble des actifs européens là où les actifs Sud-coréens ne devraient pas, en principe, subir la même amplitude de variation.

Dès lors, investir en dehors de nos frontières permet de réduire le risque géopolitique, une mauvaise actualité concernant un pays sera alors diluée dans le flux des nouvelles internationales. Ainsi, vous obtiendrez un portefeuille dont les fluctuations seront moins prononcées. Les mêmes mécanismes prévalent pour l’investissement dans les petites et moyennes capitalisations boursières.

En savoir plus sur la diversification de portefeuilles

Capter des rendements supérieurs en investissant à l’étranger

Si la France affiche un taux de croissance de 1,9% en 2017, ce n’est pas le cas des autres pays, notamment ceux qui émergent.

Lorsqu’on écarte ceux dont l’instabilité politique est de mise, ou ceux où les droits économiques et leur application sont balbutiants, il existe de véritables champions de la croissance économiques. C’est par exemple le cas des pays en cours de développement dont le rattrapage industriel et économique leur assure des taux de croissances important.  La Chine affiche un taux de croissance compris entre 6 et 14% depuis le début des années 90 et l’Inde affiche un taux de croissance moyen de 6% sur la même période. La zone pacifique est aussi en forte croissance, les Philippines et l’Indonésie affichent d’excellents taux de croissance du PIB de 6,9% et 5% respectivement, quant à l’Australie, pays développé, elle affiche une croissance systématiquement supérieure à celle de France depuis trois décennies sans connaître de récession.

Les entreprises locales sont les premières à profiter de la bonne santée économique de ces pays, en devenant actionnaire vous en profitez aussi ! À titre d’illustration, vous pouvez comparer ci-dessous les performances des principaux indices boursiers, sur ces 10 dernières années, le CAC 40 fait pâle figure.

Comparaison-des-performances

Faut-il investir dans les matières premières ?

De la même manière qu’il est utile de diversifier avec des actifs à l’étranger, on pourrait vouloir diversifier son  portefeuille avec des matières premières. Les matières premières peuvent être considérées comme des actifs financiers, dont certaines font d’ailleurs l’objet d’une cotation continue.

Cependant, contrairement aux valeurs mobilières (actions et obligations entre autres), les matières premières ne créent pas de richesses, seule l’éventuelle plus-value générée peut être source de profits. En d’autres termes, il s’agit d’actifs purement spéculatifs dont seules l’offre et la demande peuvent être source de rémunération pour l’investisseur.

Outre leur forte volatilité, l’absence de création de valeur des matières premières conduit vers un rendement globalement nul à long terme. En somme, les risques pris ne sont pas en adéquation avec la rentabilité à espérer pour ce type d’actifs.

En savoir plus : faut-il investir dans des matières premières ?

Comment investir à l’étranger ?

Les ETF pour une diversification à frais réduits

Investir dans un portefeuille d’actifs étrangers peut se faire facilement à travers des fonds d’investissement qui peuvent être logés au sein de votre contrat d’assurance-vie, de votre compte-titres de votre PEA ou même de vos contrats d’épargne retraite. Ainsi, vous n’aurez pas l’obligation de choisir vous-même les entreprises dans lesquels investir. Cependant, les fonds d’investissement traditionnels ont des frais de gestion qui sont élevés qui viennent rogner la performance délivrée. Pour cette raison, nous vous conseillons d’opter pour des ETF aussi appelés trackers ou fonds indiciels, qui sont des fonds d’investissement particuliers dans la mesure où ils répliquent automatiquement un indice boursier. Leur avantage : les frais de gestion d’un ETF sont 5 à 10 fois plus faibles que ceux d’un fonds classique.

En savoir plus sur les avantages des ETF par rapports aux OPCVM classiques

Actions et obligations étrangères

Les actions sont certainement les produits financiers les plus couramment utilisés afin de capter la croissance d’un pays. Néanmoins, au même titre que les actions françaises, les actions cotées à l’étranger sont soumises à des fluctuations importantes. La volatilité des actions des pays émergents est par ailleurs plus importante que celle des pays développés.

Il peut donc être utile d’opter pour des actifs à plus faible volatilité.

Les obligations étrangères ont aussi pour beaucoup un rendement supérieur aux obligations françaises. Cela est vrai pour les obligations d’entreprises mais aussi pour les bons du trésor. À l’heure où le rendement des OAT à 10 ans (Obligation Assimilable du Trésor) est inférieur à 1%, il est judicieux de financer les pays en forte croissance.

Attention toutefois, il convient d’être vigilant sur le risque des obligations souveraines en question et ne pas être obnubilé par la rentabilité. Certains pays se financent à des taux d’intérêt élevés à cause d’une instabilité politique ou économique importante et présentent donc un risque de défaut non négligeable. Là aussi, les ETF permettent d’investir facilement dans des actifs obligataires et la bonne diversification assure que le risque de baisse soit contenu.

Ci-dessous, un exemple les performances annuelles de l’ETF iShares qui investit dans des obligations chinoises, mexicaines, brésiliennes, et de beaucoup d’autres pays.

iShares JP EM BOND

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Nalo est une entreprise d’investissement dédiée aux particulier. Avec Nalo, vous pouvez souscrire en ligne à un contrat d’assurance-vie dont nous assurons la gestion financière. Nous mettons en place une stratégie de gestion sur-mesure, adaptée à vos projets financiers et votre environnement patrimonial.

Afin de réduire les frais de gestion, Nalo n’utilise que des ETF, et pour maintenir une bonne diversification ainsi que pour maximiser le potentiel de gain, nous intégrons des investissements internationaux couvrant la totalité des zones géographiques.

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Hugo Bompard

Hugo Bompard

Statisticien Économiste, précédemment chercheur au Centre de Recherche en Statistique et en Économie, Hugo Bompard est Directeur Scientifique de Nalo.

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