En 2022, dans le contexte d’une forte inflation, le gouvernement français a permis un déblocage exceptionnel de l’épargne salariale jusqu’à 10 000 euros. Objectif alors : soutenir le pouvoir d’achat des ménages. En ce début 2026, le sujet fait son retour : le gouvernement envisagerait un nouveau déblocage exceptionnel des PER et de l’épargne salariale.
- Les salariés éligibles pourraient retirer jusqu’à 2 000 euros, sans fiscalité et sous conditions de revenus. Verrouillage fiscal avantageux d’un côté et besoin de liquidité immédiate des épargnants de l’autre : le débat agite le monde de l’épargne.
- Dans un contexte économique incertain, le PER et son épargne bloquée reste-t-il le placement le plus pertinent ? De quoi remettre au centre du jeu l’assurance vie, solution à la fois flexible et performante. Décryptage.
Pouvoir d’achat : pourquoi le débat sur le déblocage revient sur la table
Un contexte inflationniste qui pousse à libérer l’épargne
Avec le retour de l’inflation, le budget des ménages français subit une pression croissante. La hausse des prix de l’alimentation, du logement et maintenant de l’énergie avec la guerre en Iran réduit la capacité d’épargne et augmente les besoins de liquidités.
Dans ce contexte, l’épargne accumulée sur des supports longs (PER ou épargne salariale) représente pour beaucoup de ménages une réserve de secours potentielle.
Un vrai paradoxe : des ménages peuvent se retrouver en difficulté financière tout en détenant une épargne bloquée. D’où l’idée d’autoriser ponctuellement un déblocage exceptionnel…
Épargne salariale et PER : des produits par nature verrouillés
Le PER et l’épargne salariale sont deux des produits d’épargne à long terme. Le cadre juridique du PER (Plan d’épargne retraite) et de l’épargne salariale repose sur un principe structurel d’indisponibilité, en contrepartie d’un avantage fiscal immédiat (notamment la déduction des versements). Les fonds sont donc bloqués jusqu’à la retraite ou pendant une certaine période.
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Je découvre le PER NaloLe PER ne prévoit pas de déblocage anticipé, sauf dans certaines situations strictement encadrées :
- invalidité ;
- décès du souscripteur, du conjoint ou partenaire de PACS ;
- surendettement ;
- expiration des droits au chômage ;
- cessation d’activité non salariée à la suite d’un jugement de liquidation judiciaire ;
- achat de résidence principale.
L’épargne salariale suit une logique assez similaire. Elle repose sur un blocage temporaire, généralement 5 ans, avec quelques exceptions :
- mariage ou conclusion d’un PACS ;
- naissance ou adoption d’un 3e enfant ;
- divorce, séparation ou dissolution d’un PACS, avec garde d’au moins un enfant ;
- invalidité ;
- décès (dans ce cas, pas de délai imposé pour les ayants droits) ;
- rupture du contrat de travail ou cessation d’activité ;
- création ou reprise d’entreprise ;
- acquisition ou agrandissement de la résidence principale ;
- réparation de la résidence principale endommagée suite à une catastrophe naturelle ;
- rénovation de la résidence principale ;
- surendettement ;
- achat d’un véhicule propre (électrique ou fonctionnant à l’hydrogène).
Ces dispositifs reposent sur un choix initial :
- soit privilégier l’avantage fiscal au prix d’une moindre disponibilité des fonds ;
- soit opter pour une liquidité immédiate, généralement moins avantageuse fiscalement.
Déblocage exceptionnel : une solution conjoncturelle, pas structurelle
Une mesure politiquement attractive mais économiquement limitée
Un déblocage exceptionnel de l’épargne soutient immédiatement la consommation sans mobiliser directement les finances publiques. Un avantage non négligeable, dont l’impact économique reste toutefois limité :
- elle concerne uniquement les épargnants disposant déjà d’un capital ;
- elle ne crée pas de richesse supplémentaire ;
- elle peut fragiliser l’épargne de long terme.
En pratique, ce dispositif répond donc à une urgence. Mais il n’apporte pas de solution durable aux problèmes de pourvoir d’achat.
Le risque de dépendre de décisions exceptionnelles pour accéder à son épargne
L’autre risque réside dans la dépendance aux décisions politiques. Si l’accès à son épargne dépend de mesures exceptionnelles, cela peut créer une forme d’incertitude pour l’épargnant.
Or, comment construire une stratégie patrimoniale de long terme avec des dispositifs dont la liquidité dépend d’arbitrages ponctuels de l’État ?
Cette question souligne une limite structurelle : une épargne trop rigide peut devenir inadaptée en cas de besoins imprévus.
Vers une meilleure diversification des supports d’épargne
Face à ces constats, la solution ne réside pas dans l’attente d’une loi de déblocage mais dans une structuration plus fine de son patrimoine.
Autrement dit, il est important de ne pas « sur-investir » dans des produits bloqués. Une stratégie équilibrée doit inclure une enveloppe liquide capable de servir de « poche de sécurité », sans conditions de sortie.
Assurance vie : une flexibilité souvent sous-estimée
Contrairement aux idées reçues, l’assurance-vie n’est pas bloquée pendant 8 ans. Les 8 ans correspondent uniquement à un seuil de maturité fiscale qui permet de bénéficier d’abattements optimisés sur les gains générés.
Mais ils ne constituent pas une barrière au retrait (ou rachat). Vous pouvez donc effectuer un rachat partiel ou total à tout moment, sans avoir à justifier du moindre motif.
Avant 8 ans, sachez néanmoins que les gains retirés sont soumis à la flat tax, au taux global de 30 % (l’assurance vie n’a pas été affectée par la hausse de la CSG de début 2026).
Après 8 ans, l’épargnant bénéficie chaque année d’un abattement sur les gains (4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple). Il bénéficie également d’une fiscalité allégée au-delà de cet abattement.
Profitez d’une assurance-vie sur-mesure pour faire fructifier votre épargne
Je découvre l’assurance-vie NaloQuelle stratégie adopter dans ce contexte ?
Avant tout investissement à long terme, il est important de se constituer une épargne de précaution pour faire face aux dépenses imprévues, sans dépendre d’un possible déblocage exceptionnel.
En raison de sa liquidité, l’assurance vie constitue un support pertinent dans cet objectif !
Attention, le PER et l’épargne salariale ont toute leur place dans une stratégie patrimoniale, à condition d’être utilisés comme des outils de préparation à la retraite et de capitalisation sur le long terme.
Néanmoins, limitez vos versements sur le PER à ce dont vous n’aurez pas besoin avant la fin de votre carrière.
La stratégie optimale pour concilier rendement, fiscalité et liquidité repose sur une complémentarité d’enveloppes :
- le PER pour l’horizon retraite et l’optimisation fiscale ;
- l’épargne salariale pour capitaliser sur l’abondement de l’employeur ;
- l’assurance-vie pour la gestion libre du capital et la transmission.
Exemple :
Marc, 35 ans, cadre salarié, dispose d’un revenu stable. Il décide d’optimiser sa fiscalité et de répartir progressivement pour atteindre, à terme, 25 000 € sur un PER et 5 000 € sur son épargne salariale. Soit au total 30 000 € d’épargne.
Résultat : 30 000 € bloqués (hors cas exceptionnels) et aucun capital réellement disponible à court terme.
Quelques mois plus tard, il doit faire face à une panne de voiture (3 000 €) et une hausse de ses charges courantes. Il doit soit s’endetter, soit puiser dans son reliquat liquide qui est insuffisant.
Voici une stratégie équilibrée et plus adaptée :
- 15 000 € disponibles (assurance vie, livret…) ;
- 7 500 € sur son PER ;
- 7 500 € en épargne salariale.
Résultat, il dispose d’une poche de sécurité immédiatement immobilisable, d’une optimisation fiscale maintenue et d’une diversification des supports.
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Notre conseil :
Conservez l’équivalent de 3 à 6 mois de dépenses courantes sur un support liquide, et investissez le reste sur des produits de long terme. Autrement dit : ne pas immobiliser la totalité de votre épargne.
Le débat autour du déblocage exceptionnel de l’épargne accentue la place centrale de la liquidité dans la gestion patrimoniale.
Les produits comme le PER ou l’épargne salariale offrent des avantages fiscaux significatifs, mais leur manque de souplesse en restreint l’utilisation.
À l’inverse, l’assurance-vie allie flexibilité, fiscalité avantageuse et potentiel de rendement, sans dépendre de dispositifs exceptionnels.
Ne comptez pas sur une mesure politique ponctuelle pour récupérer votre épargne ! Privilégiez dès le départ une stratégie équilibrée, associant produits de long terme et supports liquides.
FAQ
Le déblocage exceptionnel de l’épargne est-il une solution efficace face à l’inflation ?
Non, elle permet seulement de soutenir temporairement le pouvoir d’achat. Cette mesure ne règle pas les causes structurelles de l’inflation et peut fragiliser l’épargne de long terme.
Peut-on récupérer son épargne d’un PER à tout moment ?
Non. Le PER est en principe bloqué jusqu’à la retraite. Des cas de déblocage anticipé existent (invalidité, décès du conjoint, surendettement, achat de résidence principale…) mais ils sont strictement encadrés par la loi.
L’épargne salariale est-elle toujours bloquée pendant plusieurs années ?
Oui, en règle générale. Les fonds placés sur un PEE sont bloqués 5 ans, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi (mariage, naissance, rupture du contrat de travail, etc.). Le PER Collectif (anciennement PERECO) suit les règles d’indisponibilité du PER.
L’assurance vie est-elle réellement bloquée pendant 8 ans ?
Non, c’est un mythe. Les 8 ans correspondent à un seuil fiscal au-delà duquel la fiscalité sur les gains devient plus avantageuse. Mais les rachats restent possibles à tout moment, partiellement ou totalement, sans justification.
Quelle stratégie adopter pour concilier liquidité, fiscalité et performance ?
L’approche optimale consiste à combiner plusieurs enveloppes : une épargne de précaution liquide (livret, assurance vie), un PER pour la retraite et l’optimisation fiscale, et l’épargne salariale pour profiter de l’abondement employeur. Chaque enveloppe joue un rôle précis dans l’architecture patrimoniale globale.
