Sécurisé, simple et avec un taux fixe connu à l’avance, le plan d’épargne logement coche toutes les cases de l’épargne tranquille. Mais une réforme de 2011 entraîne un changement important dès 2026 : les premiers PEL ouverts après 2011 arrivent à échéance et vont être automatiquement clôturés.
Pourquoi votre PEL ouvert après 2011 se cloturera ?
Comprendre la règle des 15 ans
Historiquement, un PEL pouvait être conservé sans limite de durée. Tant que l’épargnant respectait les conditions, le plan continuait à produire des intérêts, parfois très attractifs au regard du marché.
Le cycle de vie de ces PEL se composait alors de 2 périodes distinctes :
- une phase d’alimentation avec des versements obligatoires pendant 10 ans ;
- une phase illimitée après ces 10 ans, durant laquelle le capital continuait de fructifier, mais sans possibilité d’effectuer de nouveaux dépôts.
La réforme du 1er mars 2011 est venue mettre fin à cette logique. Les PEL ouverts après cette date ont une durée de vie maximale de 15 ans.
Concrètement, la règle reste la même pour la phase d’alimentation de 10 ans. Mais ensuite, le capital ne peut rester sur le contrat que pendant seulement 5 ans.
Passé ce délai, la clôture est automatique, sans possibilité de prolongation et sans que l’épargnant puisse s’y opposer.
Ainsi, les PEL ouverts en mars 2011 arriveront à échéance en mars 2026 et seront alors automatiquement fermés.
Ce sont les premiers d’une longue série : chaque mois, de nouveaux épargnants seront concernés par cette fermeture programmée.
Le manque à gagner financier
Les PEL ouverts entre 2011 et 2014 affichent un taux de rémunération de 2,5 % bruts. Pour rappel, avec le PEL, le taux à l’ouverture reste inchangé pendant toute la durée de détention.
Or, même après prélèvements sociaux, ce rendement reste très compétitif comparé aux autres livrets sans risque.
À titre de comparaison, les placements réglementés comme le Livret A ou le LDDS proposent depuis le 1er février 2026 un taux de 1,5 % net.
Exemple :
Un épargnant dispose de 20 000 € sur un PEL ouvert en mars 2011.
- Avec un taux de 2,5 %, les intérêts théoriques s’élèvent à 500 €. Après impôts (PFU de 30 %, soit 150 €), le gain net est de 350 €.
- Une somme similaire sur un Livret A rapporte 300 €, au taux actuel de 1,5 % net.
Les conséquences de la clôture automatique
Si le titulaire du plan ne donne aucune autre instruction à sa banque, le capital issu du PEL clôturé sera généralement transféré sur son compte bancaire, souvent pas ou peu rémunéré.
Autrement dit, un capital qui travaillait à 2,5 % peut soudainement se retrouver à produire 0 % par an. Sans décision active, l’épargnant subit donc une dégradation immédiate de la performance de son épargne.
Tableau récapitulatif des principales options après la clôture d’un PEL
| Placement | Taux indicatif | Disponibilité | Fiscalité | Intérêt principal |
| Livret A | 1,5 % net | Totale | Exonérée | Épargne de précaution |
| LDDS | 1,5 % net | Totale | Exonérée | Épargne de précaution |
| PEL actuel | 2 % brut | Tout retrait même partiel entraîne la clôture | PFU | Projet immobilier long terme |
L’assurance-vie : la destination idéale de votre PEL
Une fiscalité dégressive pour une transition en douceur
Le PEL est soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les intérêts. À l’inverse, l’assurance-vie bénéficie d’une fiscalité particulièrement avantageuse dans le temps.
Ainsi, à partir de 8 ans de détention :
- seule une partie des gains est imposée ;
- un abattement annuel réduit fortement la pression fiscale, voire l’annule partiellement.
Pour un épargnant concerné par la clôture d’un PEL, l’assurance-vie constitue donc une transition naturelle, à la fois souple et fiscalement optimisée.
Profitez d’une assurance-vie sur-mesure pour faire fructifier votre épargne
Je découvre l’assurance-vie NaloSécurité du fonds en euro vs performance des unités de compte
L’un des freins psychologiques fréquents concerne la sécurité de l’épargne. Le PEL était particulièrement rassurant, avec un taux garanti dès la souscription et pour toute la durée de vie du contrat.
Bonne nouvelle : le fonds euros de l’assurance-vie offre une sécurité comparable, avec un capital garanti et des rendements souvent supérieurs à ceux des livrets réglementés, même si le taux peut fluctuer.
Pour ceux qui acceptent une part de risque, les unités de compte permettent d’aller chercher davantage de performance, via les marchés financiers ou l’immobilier (notamment les SCPI).
La transmission du patrimoine
C’est l’un des grands atouts de l’assurance-vie. Au décès du titulaire, le PEL intègre la succession classique. Les sommes sont donc soumises aux droits de succession. L’assurance-vie, elle, est en partie « hors succession ».
Pour les versements effectués avant 70 ans, vous pouvez transmettre jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire désigné, totalement exonérés de droit de succession.
Pour un parent ayant 3 enfants, cela représente un potentiel de 457 500 € transmis en totale franchise d’impôts. Cet outil de protection des proches est le complément indispensable d’un patrimoine bien géré après 15 ans de PEL.
Stratégies de réinvestissement : optimiser la sortie de son PEL
Le versement initial ou programmé
Faut-il investir tout le capital du PEL en une seule fois sur l’assurance-vie ou lisser les versements ? Il n’existe pas de réponse universelle. Le choix dépend avant tout du profil de l’épargnant :
- si vous visez la sécurité du fonds en euros, un versement unique est recommandé pour que l’intégralité du capital produise des intérêts immédiatement ;
- si vous souhaitez investir une partie en unités de compte (actions, immobilier), des versements réguliers permettent de lisser le prix d’achat des parts et de réduire l’impact de la volatilité des marchés. Une sécurité psychologique et financière appréciée des anciens détenteurs de PEL, habitués à la stabilité.
Diversification et profils d’épargnants
Trois profils d’épargnant se distinguent pour réallouer un capital PEL :
- profil prudent : 80 % en fonds euros et 20 % en SCPI. Objectif : maintenir la garantie du capital tout en optimisant la performance avec des rendements immobiliers ;
- profil équilibré : 50 % en fonds euros, 30 % en immobilier (SCPI) et 20 % actions (via des ETF). Le compromis idéal pour un horizon de placement d’au moins 8 ans ;
- profil dynamique : 30 % en fonds euros et 70 % en unités de compte diversifiées. Ce choix se destine aux investisseurs qui n’ont pas besoin de leur capital avant 10 ans et visent une valorisation forte.
S’il souhaite conserver le même niveau de sécurité qu’avec son ancien PEL, l’épargnant a tout intérêt à se tourner vers un profil prudent. Mais les autres profils laissent entrevoir de meilleures performances.
La diversification reste la clé : répartir son épargne limite les risques et améliore le potentiel de rendement sur le long terme.
Anticiper l’achat immobilier
Le PEL donne droit à un prêt immobilier, aujourd’hui moins compétitif. En 2026, avec des taux de crédit immobilier autour de 3,25 % sur 20 ans, le taux contractuel d’un prêt PEL souscrit en 2011 (4,2 %) n’offre aucun avantage.
Seuls les PEL ouverts entre 2016 et 2023 donnent droit à un prêt à moins de 3 %.
Pour un projet immobilier, l’assurance-vie joue un rôle différent du PEL, mais tout aussi stratégique. Elle permet de :
- constituer un apport ;
- sécuriser un projet à moyen terme ;
- adapter les retraits en fonction de son calendrier immobilier.
L’assurance-vie offre aussi une alternative intéressante : le nantissement. Au lieu de clôturer votre contrat pour payer un apport, vous le mettez en garantie pour obtenir votre prêt.
Votre épargne continue de fructifier sur votre assurance-vie pendant que vous remboursez votre crédit. De plus, le nantissement évite souvent les frais d’hypothèque ou de caution.
Face à la clôture automatique des premiers PEL ouverts après 2011, investir votre capital sur un livret A ou sur un nouveau PEL rimera avec baisse de votre rendement.
Pour conserver performance et sécurité de votre épargne, l’assurance-vie s’impose comme la meilleure option, avec un cadre fiscal avantageux et la possibilité de construire sereinement un projet, immobilier ou non.
FAQ
Mon PEL sera-t-il automatiquement clôturé en 2026 ?
Oui, s’il a été ouvert en mars 2011 car il atteint la nouvelle durée maximale de 15 ans. Mais ceux ouverts en janvier ou en février 2011 ne sont pas concernés.
Est-il avantageux d’ouvrir un nouveau PEL aujourd’hui ?
Pas en termes de rendement : avec 2 % brut (soit 1,40 % net), il rapporte moins que le Livret A (1,5 %) en 2026.
Que se passe-t-il si je ne fais rien à l’échéance de mon PEL ?
Le capital sera basculé par la banque sur un compte ordinaire, un compte sur livret maison ou un autre support avec un taux faible, voire nul.
Puis-je ouvrir un nouveau PEL après la clôture ?
Oui, mais le taux actuel (2 % depuis le 1er janvier 2026) est plus faible que pour un PEL ouvert en 2011 (2,5 %).
Le Livret A est-il une bonne alternative ?
Il est utile de détenir un Livret A pour se constituer une épargne de précaution mais c’est insuffisant pour optimiser un capital important.
Puis-je transférer mon PEL vers une assurance-vie sans frais ?
Il n’existe pas de « transfert » direct. Après la clôture de votre PEL (opération gratuite), vous devez effectuer un versement sur une assurance-vie. Certains assureurs comme Nalo proposent des frais de versement gratuits !
Faut-il agir avant la clôture effective du PEL ?
Oui, anticiper permet d’éviter que le capital soit placé par défaut sur un support peu rémunéré.

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