Affiché à un taux global de 30 %, ce prélèvement forfaitaire unique (PFU) se veut simple, lisible et compétitif. Mais en 2026, dans certains cas, ce taux grimpe à 31,4 %. De quoi susciter interrogations et inquiétudes chez les épargnants, les investisseurs et les dirigeants d’entreprise.
Le mécanisme de la hausse : de 30 à 31,4 %
L’augmentation des prélèvements sociaux
La raison de cette augmentation s’explique par la révision de la contribution sociale généralisée (CSG) applicable aux revenus du patrimoine et aux produits de placement.
- La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) 2026, adoptée en décembre 2025, intègre une progression de 1,4 point du taux de CSG sur une partie de ces revenus. Concrètement, il passe de 9,2 à 10,6 %.
- Cette modification n’impacte pas l’impôt sur le revenu (IR), dont le taux forfaitaire reste fixé à 12,8 % : seule la composante sociale est concernée.
Voici l’impact de cette hausse de la CSG sur le niveau global des prélèvements sociaux :
| Nature du prélèvement social | Taux applicable jusqu’au 31/12/2025 | Nouveau taux depuis le 01/01/2026(pour les revenus concernés) |
| Contribution sociale généralisée (CSG) | 9,2 % | 10,6 % |
| Contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) | 0,5 % | 0,5 % |
| Prélèvement de solidarité | 7,5 % | 7,5 % |
| Total des prélèvements sociaux | 17,2 % | 18,6 % |
Le nouveau calcul détaillé du PFU
L’équation fiscale se présente désormais sous la forme suivante :
Taux global PFU = Taux IR (12,8 %) + Taux PS (18,6 %) = 31,4 %.
Bon à savoir : Jusqu’au 31 décembre 2025, le PFU à 30 % était le taux de référence pour les revenus de capitaux mobiliers et plus-values mobilières éligibles.
Ce taux s’applique par défaut sur le montant brut des revenus perçus ou des plus-values réalisées. Cette simplicité apparente cache en réalité une complexité nouvelle.
Il existe désormais deux taux de PFU :
- certains placements conservent le taux de 30 % ;
- d’autres basculent à 31,4 %.
Pourquoi cette mesure ? Les enjeux budgétaires de 2026
L’augmentation des prélèvements sociaux s’inscrit dans un cadre macroéconomique tendu :
- un déficit public à maîtriser ;
- un déficit structurel de la Sécurité sociale, accentué par le vieillissement de la population.
Dans ce contexte, les revenus du capital apparaissent comme une base fiscale plus facilement mobilisable, car moins risquée politiquement que l’impôt sur le revenu ou la TVA.
Le gouvernement assume ainsi une hausse ciblée, sans remettre en cause l’architecture globale de la flat tax.
Quels sont les revenus et placements visés par ce taux de 31,4 % ?
Dividendes et plus-values de cession de titres
Les actionnaires individuels et les dirigeants d’entreprises sont les premiers impactés par ce changement.
Les dividendes versés par les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés (IS) sont désormais taxés à 31,4 %. Ainsi, pour les chefs d’entreprise en SAS ou en SASU, cette mesure alourdit le coût de la rémunération par dividendes.
Pour un dirigeant de SASU, voici l’impact sur son imposition globale (incluant l’impôt sur les sociétés et la flat tax) :
| Indicateur fiscal (dirigeant SASU) | Exemple de taux en 2025 | Exemple de taux en 2026 |
| Taux global d’imposition (avec IS à 15 %) | 40,5 % | 41,69 % |
| Taux global d’imposition (avec IS à 25 %) | 47,5 % | 48,55 % |
Cette augmentation de la charge fiscale globale réduit l’attractivité du dividende par rapport à d’autres formes de rémunération ou de réinvestissement au sein de la société.
Par ailleurs, les plus-values réalisées lors de la vente de titres financiers (actions, obligations, parts sociales,…) sont également soumises au taux de 31,4 %.
Les produits financiers
La hausse concerne également les revenus financiers soumis au PFU, notamment :
- les PEL (ouverts après 2018) ;
- les comptes à terme ;
- les livrets bancaires déjà fiscalisés ;
- les revenus du crowdfunding ;
- les gains sur les actifs numériques (cryptomonnaies) ;
- les dividendes d’actions sur CTO
Au titre de la flat tax, tous les revenus générés par ces produits sont donc imposables à 31,4 %.
Exemple : pour 1 000 € de gain, l’imposition passe de 300 € (30 %) à 314 € (31,4 %).
Le cas particulier du PEA
Le plan d’épargne en actions (PEA) conserve son avantage majeur : une exonération d’impôt sur le revenu après 5 ans de détention.
- Cependant, il n’échappe pas à l’augmentation de la CSG : En cas de retrait après 5 ans, les gains sont exonérés des 12,8 % d’IR, mais subissent les prélèvements sociaux au taux de 18,6 % (au lieu de 17,2 % auparavant).
- Si le retrait intervient avant 5 ans de détention, le taux global de 31,4 % s’applique et entraîne la clôture du plan.
L’assurance vie, grande gagnante de la réforme
Bonne nouvelle pour les détenteurs d’une assurance vie : Le gouvernement a exclu cette enveloppe de la hausse de la CSG.
L’assurance vie conserve ainsi son taux global de 30 % pour les gains taxables (hors abattements et durée de détention supérieure à 8 ans).
Ce traitement d’exception vise à stabiliser l’encours de ce placement, pilier de l’épargne des Français.
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Bon à savoir
Les prélèvements sociaux restent à 17,2 %pourles revenus fonciers et les plus-values immobilières. Quant aux intérêts des livrets réglementés, (Livret A, LDDS, LEP…) ils restent entièrement non imposables.
Stratégies et alternatives face à l’alourdissement de la flat tax
Évaluer la pertinence de l’option pour le barème progressif
La flat tax reste une option par défaut. Chaque année, lors de la déclaration de revenus, il est possible de renoncer au PFU et de choisir l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu (IR). Ce choix s’applique alors à l’ensemble des revenus du capital de l’année.
Avec un PFU à 31,4 %, le barème progressif se montre plus attractif pour les contribuables situés dans les tranches marginales d’imposition (TMI) comprises entre 0 et 11 %.
Exemple : un épargnant perçoit 1 000 € d’intérêts et se situe dans une TMI de 11 %.
Option PFU : 1 000 € x 31,4 % = 314 € d’impôt et taxes.
Option barème :
- Prélèvements sociaux de 186 € (18,6 %).
- L’IR s’applique sur 1 000 € moins la CSG déductible (68 €), soit 932 € x 11 % = 102,52 €.
- Total : 288,52 €.
L’économie réalisée en choisissant le barème est de 25,48 €, soit une réduction de plus de 8 % de la charge fiscale.
Privilégier les enveloppes de capitalisation
Face à l’alourdissement du PFU, certaines enveloppes fiscales montrent tout leur intérêt :
- le PEA pour capitaliser sans subir le poids fiscal annuel ;
- le PER pour un report d’imposition et une déduction des versements.
L’objectif est clair avec ces placements : laisser les gains se capitaliser dans le temps, sans ponction immédiate, afin de maximiser l’effet des intérêts composés.
Miser sur l’assurance vie
Enfin, l’assurance-vie tire son épingle du jeu dans cette modification du cadre fiscal. Non seulement elle ne subit pas la hausse mais elle conserve en plus tous ses avantages, dont les abattements !
Avec la hausse de la CSG, certains placements financiers voient leur imposition s’alourdir, avec des intérêts désormais taxés à 31,4 % contre 30 % auparavant.
Certains produits échappent pourtant à cette hausse : c’est le cas notamment de l’assurance vie, qui s’impose plus que jamais comme l’un des dispositifs centraux d’optimisation patrimoniale.
FAQ
Pourquoi la flat tax passe-t-elle de 30 à 31,4 % ?
L’augmentation s’explique par la hausse de la CSG sur les revenus du capital. Elle passe de 9,2 à 10,6 %. Cela porte augmente le taux global des prélèvements sociaux à 18,6 % (au lieu de 17,2 %), auxquels s’ajoutent les 12,8 % d’impôt sur le revenu.
Quels placements conservent le taux avantageux de 30 % ?
Certains livrets d’épargne réglementée (PEL et CEL ouverts avant 2018) bénéficient d’une dérogation et restent soumis au taux global de 30 %. L’assurance vie ne subit pas non plus de hausse des prélèvements sociaux.
Quel est l’impact pour un détenteur de PEA de plus de 5 ans ?
L’exonération d’impôt sur le revenu est maintenue. Toutefois, lors d’un retrait, les prélèvements sociaux dus sur la part des gains passent de 17,2 à 18,6 % à compter du 1er janvier 2026.
Est-il possible d’éviter le taux de 31,4 % en choisissant une autre option fiscale ?
Oui, le contribuable peut renoncer à la flat tax lors de sa déclaration de revenus pour opter pour le barème progressif de l’impôt. Cette option est souvent plus avantageuse pour les foyers situés dans les tranches d’imposition les plus basses (0 ou 11 %).

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