ISR : Qu’est-ce que l’investissement socialement responsable ?

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L’essentiel

  • L’ISR consiste à investir dans des entreprises en tenant compte de critères extra-financiers, principalement sociaux et environnementaux ;
  • Des labels et des agences de notation spécialisés existent pour certifier la performance extra-financière des placements socialement responsables ;
  • Les performances des investissements socialement responsables sont comparables, voire légèrement meilleures, que celles des investissements traditionnels.

Principe et définition : qu’est-ce que l’investissement socialement responsable (ISR) ? 

L’investissement socialement responsable, où ISR, est une manière d’investir qui consiste à tenir compte des problématiques liées au développement durable dans ses choix d’investissement.

L’investissement responsable restant un sujet très large et subjectif, c’est l’Association Française de la Gestion financière (AFG) qui apporte en 2013, une définition précise de l’ISR :

« L’ISR (Investissement Socialement Responsable) est un placement qui vise à concilier performance économique et impact social et environnemental en finançant les entreprises et les entités publiques qui contribuent au développement durable quel que soit leur secteur d’activité. En influençant la gouvernance et le comportement des acteurs, l’ISR favorise une économie responsable »

Historiquement, c’est l’Église catholique qui met en place les premières formes d’investissement éthique. D’abord aux Etats-Unis puis en France en 1983 avec le Crédit Coopératif lancé par le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) qui reverse une partie des revenus à la création d’entreprises dans le tiers-monde.

Au-delà de l’aspect éthique, l’investissement socialement responsable se veut aussi plus performant à travers la prise de conscience des investisseurs des facteurs sociaux et environnementaux. Cela permettrait de mieux appréhender les risques et de bénéficier d’un meilleur management. 

L’objectif de l’ISR est simple. En incitant les investisseurs particuliers et les sociétés de gestion de portefeuilles à prendre en compte des critères environnementaux et sociaux dans la sélection de leurs actifs financiers, l’ISR favorise une économie durable et soucieuse des enjeux écologiques. L’ISR en vidéo : 

Les différentes formes d’investissements éco-responsables

On considère généralement qu’il existe 4 formes d’investissement socialement responsable :

  • La sélection ESG : qui consiste à intégrer dans la sélection des entreprises cotées des critères dits ESG (Écologiques, Sociaux et de Gouvernance). On parle aussi d’approche Best in class car, dans chaque secteur d’activité, seules les entreprises répondant au mieux à ces critères ESG seront retenues ;
  • L’exclusion, qu’on appelle aussi « approche éthique ». Elle consiste à exclure certains secteurs jugés immoraux comme le secteur de l’armement, des jeux d’argent et des paris sportifs ou encore du tabac. Les fonds d’exclusion n’hésitent pas non plus à ignorer les secteurs qualifiés de trop nocifs pour l’environnement comme les secteurs liés aux OGM ou les secteurs des énergies fossiles ;
  • L’approche thématique : il s’agit d’investir uniquement dans des secteurs d’activité ayant un impact direct sur l’environnement, par exemple le secteur des énergies renouvelables ou celui du traitement de l’eau ;
  • L’engagement actionnarial ou activisme actionnarial : qui a pour objectif d’intégrer une culture et une responsabilité sociale dans les entreprises. Pour ce faire, les investisseurs doivent soit directement sensibiliser les entreprises sur le sujet, soit aborder le sujet en faisant jouer leur droit de vote lors des assemblées générales. Cela permet de pousser l’entreprise à prendre des décisions plus sociales et eco-responsables. Cette forme d’engagement est beaucoup plus développée et plus facile à mettre en place aux Etats-Unis qu’en Europe.

Le développement de l’ISR en France et dans le monde

Au niveau mondial, la Global Sustainable Investment Alliance (GSIA) publie un rapport tous les deux ans sur l’investissement responsable dans le monde. Le rapport de 2017 indique que les investissements responsables ont atteint 22 890 milliards de dollars début 2016, un chiffre en hausse de 25% depuis 2014 !

Cette augmentation est directement liée à une prise de conscience générale des problématiques liées au réchauffement climatique mais aussi à une meilleure gouvernance mondiale. En effet, plusieurs accords internationaux comme celui pris en avril 2006 par les Nations Unies permettent de codifier l’ISR. Les « Principes pour l’Investissement Responsable » (PRI) par exemple, sont au nombre de 6 et constituent les principes de base auxquels peuvent se référer les investisseurs qui souhaitent intégrer plus d’éthique dans leur politique d’investissement.

Aujourd’hui, le succès est tel qu’on considère que l’ISR représente un marché de plus de 746 milliards d’euros en France. Les méthodes de l’ISR varient d’un pays à l’autre. En France par exemple, c’est très largement l’approche de sélection ESG qui domine alors qu’en Europe du Nord, les fonds d’exclusion sont bien plus répandus.

Les labels ISR et les agences de notation extra-financières

Pour vérifier et certifier les engagements des investisseurs en matière sociale et environnementale, il existe des labels et des agences de notation spécialisées.

Les labels

En France, il existe deux labels :

  • Le Label ISR : c’est un label qui a été crée en 2016 et qui a pour objectif de rendre plus visible les produits d’investissement socialement responsables (ISR) pour les épargnants en France et en Europe. Le label est soutenu par le ministère des Finance.
  • Le Comité intersyndical de l’épargne salariale (CIES) : est un comité qui regroupe quatre organisations syndicales qui luttent pour un accès plus facile aux salariés à l’épargne salariale et qui intègrent également des critères sociaux et environnementaux dans leur gestion.

Les agences de notation extra-financières

Les agences de notation extra-financières, quant à elles, notent les entreprises en fonction de l’impact de leurs actions sur l’environnement et de leur politique sociale. Ces notes sont ensuite utilisées par les gestionnaires de fonds ISR. Elles permettent d’avoir une analyse systématique des entreprises, une traçabilité des méthodes employées, ainsi qu’un historique de l’évolution de la notation d’une entreprise donnée.

Ces agences ont vu le jour à la fin des années 90 et comptent aujourd’hui une trentaine d’acteurs localisés en Europe, en Amérique du Nord et en Asie. Pour mettre au jour cette notation, chaque agence procède à sa manière. Elles peuvent soit analyser des documents publics, soit réaliser des questionnaires ou bien directement aller à la rencontre des responsables des entreprises.

À l’international, des agences ont noué des partenariats avec les sociétés productrices d’indices boursiers (comme FTSE Group ou Dow Jones). Cela leur permet de créer de nouveaux indices boursiers qui prennent en compte des critères sociaux et environnementaux. Le Dow Jones Sustainability Indices (DJSI) par exemple est construit à partir de notes fournies par un évaluateur suisse et prend en compte ces critères de sélection.

En France, la principale agence de notation est Vigeo et son indice boursier est l’ASPI Eurozone.

Performances et fiscalité des investissement socialement responsable (ISR) 

Même si la comparaison de tous les fonds éco-responsables est difficile, la question de savoir si l’ISR est aussi performant qu’un autre type de placement est récurrente.

Tout d’abord, qu’ils soient investis en actions ou en obligations, il faut toujours garder à l’esprit ce qui fait la spécificité de l’ISR : sa double sélection financière et extra-financière.

En 2007, une étude intitulée Demystifying Responsible Investment Performance a été publiée par UNEP-FI. Cette étude confirme que la prise en compte de critères extra-financiers réduit certains risques (liés à la réputation ou à la réglementation par exemple) tout en ayant tendance à améliorer légèrement les performances financières des placements.

En ce qui concerne la fiscalité, il n’existe pas, en France, d’avantage fiscal particulier lié à la souscription de fonds ISR. L’investissement éco-responsable ou éthique est donc avant tout un choix lié à ses convictions personnelles.

En savoir plus sur la performance des investissements socialement responsables (ISR)

Comment réaliser un investissement écoresponsable ?

Les fonds ISR sont commercialisés par des sociétés de gestion de portefeuilles. La régularité des décisions des Organisme de Placement Collectif en Valeurs Mobilières (OPCVM) est contrôlée par ces sociétés qui mettent en place des dispositifs particuliers de contrôle, en créant, la plupart du temps, une cellule d’analyse extra-financière, voire une société de gestion entièrement dédiée à l’ISR.

Il est possible de souscrire à des fonds éco-responsables dans une assurance-vie, un compte titre ou même un PEA. Néanmoins, en fonction de votre banque ou de votre courtier ou conseiller, l’offre peut être réduite à quelques fonds.

Vous trouverez ci-dessous un exemple de portefeuille ISR tel que nous pouvons les recommander à nos clients à l’aide de notre simulateur.

portefeuille ISR
Exemple de portefeuille ISR

Ce portefeuille présente plusieurs avantages :

  • sa diversification internationale ;
  • une exposition thématique aux énergies renouvelables et aux entreprises spécialistes du traitement de l’eau ;
  • il est exclusivement constitué de supports indiciels à frais réduits ;
  • une partie est en fonds en euros, dont le capital est garanti.

En savoir plus : comment souscrire à un placement ISR ?

Ce que Nalo fait pour vous

Chez Nalo, nous avons dès le début voulu rendre possible un investissement socialement responsable et soucieux de l’environnement. En investissant à nos côtés, vous pouvez faire le choix d’un portefeuille d’investissements éco-responsables composé de fonds indiciels ISR, avec d’une part des fonds répondants aux critères ESG et d’autre part des fonds thématiques, investissant dans les énergies renouvelables et le traitement de l’eau.

Ces investissements sont réalisés au sein d’un contrat d’assurance-vie pour profiter d’une fiscalité réduite

Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre site, ou faites une simulation d'investissement :

Hugo Bompard

Hugo Bompard

Statisticien Économiste, précédemment chercheur au Centre de Recherche en Statistique et en Économie, Hugo Bompard est Directeur Scientifique de Nalo.

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