Médecins, avocats et professions libérales, quels placements pour préparer sa retraite ?

Retraite professions libérales

L’essentiel

  • Les personnes exerçant une activité libérale doivent se constituer une retraite supplémentaire car la faiblesse des pensions des régimes de retraite obligatoires entraîne une chute du niveau de vie.
  • L’assurance-vie est un support d’investissement flexible et avantageux pour se constituer une retraite complémentaire.
  • Le contrat retraite Madelin peut aussi être intéressant, mais il est beaucoup plus contraignant.

Ce n’est pas un secret, le niveau de vie des personnes exerçant une activité libérale a tendance à baisser drastiquement lors de leur départ à la retraite. Cet état de fait n’est toutefois pas une fatalité : il est possible, en choisissant le bon placement, de l’anticiper.

Que vous soyez médecins, avocats, vétérinaires, entrepreneurs, etc. vous avez tout intérêt à vous constituer une retraite supplémentaire au plus tôt. Quelle est votre meilleure option ? Retraite Madelin ou assurance-vie ? Nous vous le détaillons ici.

Les professions libérales voient leurs revenus fortement diminuer au moment du passage à la retraite

Indépendamment de la profession exercée, chaque passage à la retraite est synonyme de baisse de revenus. C’est encore plus vrai pour les personnes qui exercent des professions libérales : leur taux de remplacement est le plus bas parmi les cotisants au système de répartition (en moyenne 10 à 30%, contre 40 à 60% pour les salariés du privé et jusqu’à 90% pour les salariés du public). Par conséquent, les pensions des régimes de retraite obligatoires seront généralement très basses par rapport aux revenus d’activité.

Il y a plusieurs raisons à cela :

  • Plus faibles cotisations : en tant qu’indépendant, le taux de cotisation est inférieur au taux de cotisation des salariés qui cumulent cotisations salariales et patronales ;
  • Démarrage tardif de l’activité : l’âge du début de cotisation est plus tardif que pour les salariés, surtout quand l’indépendant bénéficie d’une exonération pendant les premières années d’activité (ACCRE) ;
  • Irrégularité des revenus : les cotisations sont donc fluctuantes ;
  • Pensions plafonnées : le système de la retraite de base géré par la CNAVPL, comme celui des caisses de retraite complémentaires qui en dépendent, est un système par points plafonnés. Ainsi, en cas de hauts revenus d’activité, l’acquisition de points sera plus onéreuse tout en ne pouvant pas dépasser un certain seuil ;
  • Une décote est appliquée en cas de trimestres manquants.

Pour vous donner un exemple, nous avons effectué des simulations de pensions (régime général + régime complémentaire) pour deux profils de revenus différents : l’un à 50 000 € annuels en fin de carrière, l’autre à 150 000 €, et ce pour différents TNS.

ProfessionTaux de remplacement Revenu 50 000 €Taux de remplacement Revenu 150 000 €
Médecin29 %15 %
Sage femme20 %11 %
Expert comptable31 %15 %
Avocat28 %20 %
Salarié du privé43 %34 %
Fonctionnaire de l’État88 %88 %

Hypothèses : date de naissance 1985, début de l’activité professionnelle en 2008, hypothèse de croissance des revenus forte (3% par an)
Réalisées sur le site la retraite en clair !

Concrètement, on observe que plus les revenus liés à une activité libérale sont élevés, plus il est important d’investir en sus de ses cotisations de retraite obligatoire.

A lire : les pièges à éviter quand on prépare sa retraite.

Quels placements privilégier pour se préparer une retraite supplémentaire ?

Option 1 : l’assurance-vie

L’assurance-vie est un support d’investissement flexible et fiscalement avantageux. Il permet d’investir des fonds en euros à capital garanti ou des unités de compte, des supports non garantis mais dont le potentiel de gain à long terme est plus intéressant. Il est aussi important de noter que ces contrats multisupports offrent à l’investisseur une réelle flexibilité quant à son placement : selon ses objectifs, il pourra moduler sa prise de risque en la faisant évoluer dans le temps.

Dans le cas d’une épargne visant à anticiper la baisse de revenu à la retraite, le jeune épargnant pourra investir avec une exposition au risque élevé, puis la réduira au fur et à mesure que la date de son départ à la retraite approche.

Par ailleurs, l’argent investi n’est pas bloqué et le rachat partiel du contrat (à partir de 8 ans) est exonéré d’impôt sur le revenu tant qu’il ne dépasse pas 4600€ par an (9200€ pour un couple). De quoi se constituer l’équivalent d’une rente au moment de la retraite tout en optimisant sa fiscalité. Il est aussi important de noter que l’assurance-vie offre des avantages fiscaux à la succession (voir notre simulateur de succession).

En savoir plus sur l’assurance-vie

Option 2 : l’épargne retraite (contrat Madelin)

Le contrat de retraite Madelin est exclusivement réservé aux personnes qui exercent une activité libérale. Il a pour principe de permettre à l’épargnant de se constituer une retraite complémentaire qui sera restituée sous forme de rente viagère en parallèle des retraites obligatoires, tout en bénéficiant d’une déduction fiscale des primes versées. C’est l’aspect le plus intéressant de cet investissement : l’effort d’épargne est ainsi en partie financé par une économie d’impôt.

Il existe trois types de contrats retraite Madelin :

  • exclusivement investi en fonds euros, qui permet de garantir, contre un rendement faible, 100% du capital investi ;
  • multisupport, qui comme l’assurance-vie permet d’investir sur des fonds euros et des fonds à capital non garanti, rendant la perspective de gain à long terme plus intéressante mais expose aux fluctuations des marchés ;
  • en points, similaire au régime général et complémentaire. L’investisseur a toutefois peu de visibilité quant à la valeur qu’aura le point au moment de son départ à la retraite.

Il est important de noter que le contrat retraite Madelin est non-rachetable, ce qui signifie que contrairement à l’assurance-vie, l’argent est bloqué jusqu’à l’âge légal de départ à la retraite.

En savoir plus sur l’épargne retraite

Le conseil de Nalo

Dans l’ensemble, l’assurance-vie offre à l’épargnant une plus grande flexibilité que le contrat retraite Madelin : l’argent investi n’est pas bloqué. Aussi, si votre départ à la retraite est lointain, vous pourrez l’utiliser pour autre chose que pour votre retraite supplémentaire, notamment si vos projets venaient à évoluer. Par ailleurs, le fait de pouvoir choisir entre sortie en capital ou sortie en rente vous octroie une plus grande mainmise sur votre épargne. Si l’argent vous est versé sous forme de rente, certes viagère, vous ne pourrez pas le mobiliser pour vos projets de retraités.

Si l’assurance-vie est un support avantageux du point de vue de la fiscalité, le contrat retraite Madelin peut se révéler extrêmement intéressant si la personne exerçant une profession libérale perçoit de haut revenus. En plaçant son argent sur le contrat, il pourra déduire fiscalement l’investissement de son revenu imposable en fonction de son taux marginal d’imposition. Concrètement, plus la tranche marginale d’imposition est forte, plus l’économie d’impôt sera importante. Evidemment, cela n’a pas d’intérêt si vous ne payez pas beaucoup d’impôts. Au final, il est souvent opportun d’ouvrir un contrat Madelin en fin de carrière seulement, de cette manière les fonds ne sont pas bloqués trop longtemps.

Nous attirons votre attention sur deux points importants :

  • Une fois transformés en rente viagère, les capitaux accumulés sur le contrat Madelin ne sont pas transmis à vos héritiers ;
  • Si la fiscalité du Madelin est avantageuse pendant la phase d’épargne, elle l’est beaucoup moins pendant la phase de retraite puisque votre rente tout entière est taxée (et non pas seulement les plus-values). Autrement dit le contrat madelin permet de lisser la fiscalité dans le temps plutôt que de la réduire à proprement parler.

Tableau récapitulatif des avantages de l’assurance-vie vs contrat Madelin

assurance-vie-vs-retraite-madelin

Vous pouvez aussi retrouver notre sélection des meilleurs placements financiers, que vous soyez profession libérale ou salarié !

Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre site, ou faites une simulation d'investissement :

Hugo Bompard

Hugo Bompard

Statisticien Économiste, précédemment chercheur au Centre de Recherche en Statistique et en Économie, Hugo Bompard est Directeur Scientifique de Nalo.

Laisser un commentaire

You have to agree to the comment policy.