Sur les huit premiers mois de 2026, la première ligne de ce classement affiche une hausse de 568,8 % en euros. La trentième affiche 12,4 %. Entre les deux, vingt-six valeurs sur trente relèvent d’une même chaîne industrielle : les semi-conducteurs, le stockage et l’infrastructure des centres de données. Voici ce qui est monté, pourquoi, et à quel niveau de risque.
Investir en actions comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Quelles actions ont le plus progressé en 2026 ?
SanDisk mène le classement avec une hausse de 568,8 % en euros entre le 31 décembre 2025 et le 31 août 2026, devant Soitec (+395,5 %) et Moderna (+382,2 %).
| Rang | Valeur | Secteur | Perf. € | Volatilité | Perte max. |
| 1 | SanDisk (US) | Mémoire NAND et stockage flash | +568,8 % | 117 % | -57 % |
| 2 | Soitec (FR) | Substrats pour semi-conducteurs | +395,5 % | 108 % | -55 % |
| 3 | Moderna (US) | Biotechnologie (ARNm, oncologie) | +382,2 % | 149 % | -35 % |
| 4 | AT&S (AT) | Substrats et circuits imprimés | +375,8 % | 91 % | -50 % |
| 5 | Kioxia (JP) | Mémoire NAND | +374,6 % | 117 % | -65 % |
| 6 | Dell (US) | Serveurs et infrastructure informatique | +267,1 % | 78 % | -20 % |
| 7 | Tullow Oil (UK) | Exploration-production pétrolière | +244,9 % | 95 % | -39 % |
| 8 | Micron (US) | Mémoire DRAM et NAND | +240,4 % | 88 % | -39 % |
| 9 | Seagate (US) | Stockage sur disque dur | +204,8 % | 77 % | -32 % |
| 10 | SK Hynix (KR) | Mémoire DRAM et NAND | +175,2 % | 101 % | -52 % |
| 11 | Western Digital (US) | Stockage sur disque dur | +165,0 % | 86 % | -43 % |
| 12 | Marvell (US) | Semi-conducteurs pour infrastructure de données | +152,4 % | 87 % | -47 % |
| 13 | Lumentum (US) | Composants optiques et photonique | +151,5 % | 99 % | -41 % |
| 14 | Intel (US) | Semi-conducteurs (processeurs, fonderie) | +145,8 % | 84 % | -42 % |
| 15 | Samsung Electronics (KR) | Électronique et mémoire | +132,1 % | 87 % | -39 % |
| 16 | AMD (US) | Semi-conducteurs (processeurs, GPU) | +122,7 % | 73 % | -26 % |
| 17 | STMicroelectronics (FR-IT) | Semi-conducteurs (automobile, industrie) | +91,7 % | 61 % | -39 % |
| 18 | Applied Materials (US) | Équipements de production de semi-conducteurs | +80,7 % | 66 % | -40 % |
| 19 | Screen Holdings (JP) | Équipements de production de semi-conducteurs | +76,8 % | 70 % | -40 % |
| 20 | Corning (US) | Verre technique et fibre optique | +72,1 % | 82 % | -51 % |
Cours de clôture du 31 décembre 2025 au 31 août 2026, source Yahoo Finance, performances converties en euros aux taux de référence de la Banque centrale européenne. Volatilité annualisée et perte maximale calculées sur les rendements quotidiens en euros.
De prime abord, on peut faire trois constatations majeures :
- La concentration sectorielle : vingt-six des trente valeurs appartiennent à la chaîne des semi-conducteurs, du stockage ou de l’infrastructure des centres de données, ce qui fait de ce classement l’expression d’un seul mouvement de marché et non d’une trentaine d’histoires distinctes.
- Le niveau de risque ensuite : les dix premières lignes affichent une volatilité annualisée comprise entre 77 % et 149 %, et toutes ont traversé une baisse d’au moins 20 % entre leur plus haut et leur plus bas de la période.
- L’ordre : Nvidia, valeur emblématique de l’intelligence artificielle, se classe 28e sur 30.
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Comment lire la volatilité et la perte maximale d’une action ?
La performance doit toujours s’analyser au regard du risque. Pour ce faire, on peut se baser sur deux indicateurs :
- La volatilité annualisée mesure l’amplitude moyenne des variations quotidiennes du cours, ramenée à une base annuelle. Plus elle est élevée, plus les écarts d’un jour à l’autre sont importants, à la hausse comme à la baisse.
- La perte maximale mesure l’écart entre le point le plus haut et le point le plus bas atteints sur la période. Elle répond à une question concrète : quelle baisse fallait-il être capable de supporter sans vendre pour obtenir la performance affichée.
Comparer Moderna et TSMC rend la distinction lisible :
- Moderna affiche 149 % de volatilité et une perte maximale de 35 %,
- TSMC affiche 37 % de volatilité et une perte maximale de 15 %.
La première a bougé beaucoup plus violemment au quotidien, la seconde a offert un parcours nettement plus régulier pour une hausse de 54,7 %.
Comment ce palmarès a-t-il été établi ?
Le classement repose sur quatre paramètres méthodologiques, à connaître avant d’en tirer la moindre conclusion.
- La période est bornée du 31 décembre 2025 au 31 août 2026, soit les huit premiers mois de l’année, et non l’année civile complète.
- La devise est l’euro. Les cours en dollar, en won, en yen ou en livre sont convertis aux taux de référence de la Banque centrale européenne, ce qui inclut l’effet de change dans la performance affichée.
- Le calcul porte sur les cours de clôture. Les dividendes versés sur la période ne sont pas réintégrés.
- La sélection n’est pas exhaustive. Elle a été établie à partir des plus fortes hausses relevées sur les marchés développés, sans balayage systématique de l’ensemble des valeurs cotées dans le monde. D’autres titres ont pu progresser autant sans figurer ici.
La volatilité annualisée et la perte maximale sont calculées sur les rendements quotidiens en euros de la même période, avec les mêmes cours.
Pourquoi les valeurs de la mémoire dominent-elles le classement 2026 ?
Les fabricants de puces mémoire ont redirigé leurs capacités de production vers la mémoire à haute bande passante destinée aux accélérateurs d’intelligence artificielle, ce qui a créé une pénurie sur la mémoire classique et fait bondir simultanément les prix et les marges.
Quatre des onze premières lignes du classement relèvent de ce segment : SanDisk (1er, +568,8 %), Kioxia (5e, +374,6 %), Seagate (9e, +204,8 %) et Western Digital (11e, +165,0 %).
Quel mécanisme explique la performance remarquable des valeurs de mémoire ?
Le mécanisme tient en trois étapes :
- La mémoire à haute bande passante, dite HBM, dégage une marge très supérieure à celle de la DRAM ordinaire, ce qui pousse les fabricants à lui affecter leurs lignes de production les plus avancées.
- Comme la HBM mobilise davantage de capacité par unité produite, chaque plaque de silicium (wafer) affectée retire mécaniquement de l’offre au marché de la mémoire conventionnelle (DRAM et NAND).
- Cette offre réduite rencontre une demande qui continue de croître, et les prix s’ajustent.
L’ampleur de l’ajustement se lit dans les prix contractuels. Au premier trimestre 2026, ils ont progressé de 55 à 60 % en séquentiel pour la DRAM et de 33 à 38 % pour la NAND, selon TrendForce.
Pour un fabricant de mémoire, une hausse de prix de cette nature se transmet presque intégralement au résultat, puisque les coûts de production évoluent peu à court terme.
Cette hausse spectaculaire des marges à volume constant est responsable de cet engouement boursier autour de ce secteur.
Pourquoi Nvidia figure-t-il en bas de ce classement ?
Nvidia progresse de 20,0 % en euros sur les huit premiers mois de 2026, ce qui le place 28e sur 30, parce que la rareté s’est déplacée en 2026 vers la mémoire, dont il est acheteur et non vendeur.
Un accélérateur d’intelligence artificielle intègre de la mémoire à haute bande passante fournie par Samsung, SK Hynix ou Micron.
Quand le prix de ce composant augmente fortement, la valeur créée se déplace vers ses fabricants, tandis que l’assembleur (Nvidia) voit son coût de production monter.
Ce décalage illustre une propriété générale des chaînes industrielles : le gagnant boursier d’une année n’est pas nécessairement l’entreprise la plus visible du thème, mais celle qui se trouve au point où l’offre est la plus contrainte.
Quelles valeurs non technologiques figurent dans le palmarès 2026 ?
Quatre valeurs sur trente doivent leur hausse à un moteur étranger à l’intelligence artificielle : un succès clinique pour Moderna, une restructuration financière pour Tullow Oil, la protection commerciale européenne pour ArcelorMittal, et les redevances pétrolières pour Texas Pacific Land.
- Moderna (3e, +382,2 %). Le 19 août 2026, Moderna et Merck ont annoncé que l’intismeran autogene, vaccin anticancéreux personnalisé à ARN messager, avait atteint son critère d’évaluation principal en phase 3 sur le mélanome à haut risque. L’action a clôturé ce jour-là à 174,38 dollars, en hausse de 177 % sur la seule séance, soit environ 44 milliards de dollars de capitalisation supplémentaire.
- Tullow Oil (7e, +244,9 %). Le producteur pétrolier britannique a refinancé sa dette en repoussant ses échéances à 2030 et obtenu l’extension de ses licences ghanéennes sur les champs Jubilee et TEN jusqu’en 2040. Sa production a atteint 43 100 barils équivalent pétrole par jour de janvier à mai 2026, au-dessus de la fourchette annoncée de 34 000 à 42 000. Le groupe restant très endetté, l’effet de levier amplifie la revalorisation de ses fonds propres.
- ArcelorMittal (23e, +64,0 %). Le sidérurgiste bénéficie de l’entrée en vigueur du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières au 1er janvier 2026 et du durcissement des quotas d’importation européens. Le groupe a annoncé le 30 juillet 2026 des ventes semestrielles de 32,2 milliards de dollars, en hausse de 4,9 %, et anticipe une baisse d’environ 45 % des importations d’acier dans l’Union par rapport à 2025.
- Texas Pacific Land (27e, +32,1 %). Propriétaire foncier percevant des redevances sur la production pétrolière du bassin permien, la société progresse de façon plus modérée que le reste du classement.
Le cas Moderna mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il change la lecture de son propre chiffre.
Une performance de 382,2 % sur huit mois dont 177 % se jouent en une seule séance récompense une détention antérieure à un événement clinique que personne ne pouvait dater à l’avance. Un investisseur entré le 20 août n’a pas capté cette hausse, il en a hérité le niveau de valorisation.
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Remarque :
Certaines valeurs peuvent partir de loin, une bonne nouvelle peut tirer leur performance à la hausse alors que les fondamentaux de l’entreprise restent fragiles. C’est par exemple le cas de ArcelorMittal.
Les performances des actions de 2026 se sont-elles payées au prix du risque ?
Les dix premières valeurs du classement affichent une volatilité annualisée de 77 % à 149 % et ont toutes traversé une baisse comprise entre 20 % et 65 % entre leur plus haut et leur plus bas de la période.
À titre de repère, une volatilité annualisée de 100 % signifie qu’une variation quotidienne de plusieurs points de pourcentage est la norme et non l’exception.
Kioxia, cinquième du classement avec +374,6 %, a perdu 65 % entre son sommet et son creux. Soitec, deuxième avec +395,5 %, en a perdu 55 %.
Le tableau montre aussi que le rapport entre performance et risque n’est pas linéaire :
- TSMC affiche la volatilité la plus faible du classement (37 %) et la perte maximale la plus contenue (-15 %) pour une hausse de 54,7 %.
- Lasertec affiche 80 % de volatilité et -42 % de perte maximale pour une hausse de 12,4 %.
La deuxième a fait subir bien davantage pour bien moins.
Ces données portent sur une période passée et bornée. Elles ne préjugent ni du niveau de risque ni de la performance des périodes suivantes.
Que s’est-il passé en juillet 2026 sur les valeurs de la mémoire ?
Le Kospi, indice de référence de la Bourse de Séoul, a perdu 22 % sur le seul mois de juillet 2026, son pire mois depuis 2008, entraîné par les deux poids lourds de la cote :
- Samsung Electronics a reculé de 21 %
- SK Hynix de 35 % sur le mois, selon Reuters.
Les échanges sur les composantes de l’indice ont été suspendus quatre fois dans le mois, un record de déclenchements de coupe-circuits.
Pourtant, SK Hynix a publié le trimestre le plus rentable de son histoire, mais inférieur à ce que le marché attendait après plusieurs mois de hausse continue.
La suite se lit directement dans le tableau. Au 31 août 2026, SK Hynix affiche :
- une perte maximale de 52 % ;
- une performance de +175,2 %.
Autrement dit, le titre a traversé une baisse de plus de la moitié de sa valeur entre son sommet et son creux, et termine malgré tout les huit premiers mois de l’année parmi les dix premières hausses mondiales.
Un investisseur entré en juin aurait vécu la chute sans avoir capté la montée. Le même chiffre de fin de période recouvre donc des expériences radicalement différentes selon la date d’entrée.
Que peut-on conclure d’un palmarès de performances passées ?
- Un palmarès décrit ce qui s’est produit et permet d’en identifier la cause. Il ne contient aucune information sur ce qui suivra.
- Dans le cas présent, la cause est identifiable et unique : une tension sur les prix de la mémoire provoquée par la réaffectation des capacités de production vers l’intelligence artificielle.
La question de la suite est donc une question d’offre et de demande sur un marché de composants, pas une question de classement boursier.
Elle dépend du rythme d’arrivée des nouvelles capacités de production, du maintien des dépenses d’infrastructure des grands opérateurs de centres de données, et de la durée pendant laquelle les prix resteront à leur niveau actuel.
Deux éléments du tableau méritent d’être gardés en tête sur ce point :
- Les performances les plus fortes concernent un secteur historiquement cyclique, dont les phases de hausse des prix ont toujours été suivies de phases de baisse.
- Et les mêmes valeurs affichent des pertes maximales de 40 % à 65 % sur une période de huit mois pourtant globalement haussière.
Investir en actions comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.






