Bilan boursier 2026 : 5 chiffres à retenir du 1er semestre

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Janvier 2026 s’ouvrait sur un paradoxe : des marchés américains au plus haut grâce à l’euphorie autour de l’intelligence artificielle, mais des valorisations si tendues que la plupart des analystes appelaient à la diversification, sur fond de droits de douane américains décrits comme les plus élevés depuis les années 1930. Personne n’avait anticipé le véritable événement du semestre : une guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz. Bilan d’un semestre coupé en deux, qui s’est pourtant soldé par des marchés en hausse. Bien sûr, les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

L'exemple de Nalo

L’essentiel

  • Un choc pétrolier a dominé le semestre : la guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz fin février ont propulsé le Brent de 61 à 118 dollars, avant un retour vers 74 dollars mi-juin, soit +24 % sur six mois, mais un choc violent suivi d’une normalisation presque aussi rapide.
  • Les marchés terminent pourtant en hausse, avec des écarts géographiques inédits : le KOSPI signe la meilleure performance mondiale (près de +70 %), devant le Nasdaq (+13,8 %) et le S&P 500 (+8,4 %), tandis que l’Euro Stoxx 50 gagne 6,84 % et que le CAC 40 ferme la marche à +2,5 %.
  • L’inflation est repartie et les banques centrales ont divergé : 3,2 % en zone euro et 4,2 % aux États-Unis en mai ; la BCE a relevé ses taux de 0,25 point le 11 juin par crainte de stagflation, quand la Fed est restée attentiste à 3,50 %-3,75 %.
  • Les rotations sectorielles ont été brutales : industrie, technologie et énergie dominent le semestre, mais l’énergie a perdu près de la moitié de ses gains au T2 et la défense européenne s’est dégonflée (Rheinmetall, −53 % depuis ses plus hauts), un bon thème n’est pas toujours un bon prix d’achat.
  • Les « valeurs refuges » ont déçu et la performance s’est extrêmement concentrée : l’or recule d’environ 7 % et le bitcoin de 33 %, tandis que l’essentiel des gains s’est joué sur une poignée de valeurs liées aux semi-conducteurs, ce qui rappelle l’intérêt d’une allocation diversifiée pour traverser les chocs, sans jamais supprimer le risque de perte en capital.

Un semestre sous le signe du choc pétrolier 

Presque tout ce qui a bougé au premier semestre (indices, inflation, taux) découle d’un même détonateur : le pétrole.

Le 28 février 2026, une offensive américano-israélienne contre l’Iran déclenche une guerre régionale et coûte la vie au Guide suprême Ali Khamenei.

Téhéran riposte en fermant de facto le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le trafic s’effondre (de 160 navires par jour fin février à 11 en moyenne en avril) et le Brent, parti de 61 dollars, bondit jusqu’à 118 dollars fin mars avec un risque de pénurie mondiale si le détroit reste fermé trop longtemps.

Source : Google finance du 08/01/2026 au 07/07/2026

La sortie de crise sera lente : 

  • Le cessez-le-feu du 8 avril ne lève pas le blocus : le détroit reste quasi paralysé plusieurs semaines. 
  • Il faut attendre la mi-juin et un protocole d’accord Téhéran-Washington pour que trois pétroliers iraniens franchissent enfin le détroit, une première depuis deux mois, ramenant le baril vers 74 dollars. 

Sur le semestre, le pétrole gagne environ 24 %, mais ce solde net masque l’essentiel : un choc violent, puis une normalisation presque aussi rapide. 

On peut déjà en tirer une première bonne leçon : un événement géopolitique peut faire dérailler les marchés en quelques jours et s’effacer tout aussi vite. 

Comprendre l’impact du pétrole sur la bourse en bref :

  • Le pétrole entre dans la chaîne de valeur de nombreux produits (plastiques, carburants, électricité…) qui eux-mêmes entrent dans quasiment toutes chaînes de valeur (production agricole, transport de marchandises…).
  • Une hausse des cours du pétrole génère un coût supplémentaire pour les entreprises qui voient leur marge se réduire sauf à monter les prix.
  • Cela peut se traduire par de l’inflation et une baisse des bénéfices pouvant entraîner une baisse des cours boursiers.

La performance des grands indices : l’Asie écrase le classement

Passé le creux de mars, les marchés ont non seulement effacé le choc, mais l’écart entre zones géographiques a rarement été aussi spectaculaire.

États-Unis : de nouveaux records portés par l’IA

Wall Street a prolongé son cycle haussier, toujours tiré par l’intelligence artificielle : sur le semestre, le Nasdaq progresse d’environ 13,8 %, le S&P 500 de 8,4 % (10,2 % avec les dividendes réinvestis) et le Dow Jones de 7,9 %.

Le moteur ne se limite plus aux géants habituels de la tech : les fournisseurs de puissance de calcul, de mémoire et de stockage pour les centres de données (SanDisk, Micron, Intel, Marvell ou AMD) ont flambé de 180 % à 260 % sur la même période.

Source : Google finance du 08/01/2026 au 07/07/2026

Séoul, la surprise du semestre

Le fait marquant se joue pourtant en Asie. Porté par une poignée de géants des semi-conducteurs, le KOSPI de Séoul signe la meilleure performance mondiale, avec une hausse proche de 70 %.

Source : Google finance du 08/01/2026 au 07/07/2026

Attention toutefois, la performance des marchés s’est concentrée sur un très petit nombre de valeurs, ce qui accentue le risque pour un portefeuille peu diversifié.

Source : Google finance du 08/01/2026 au 07/07/2026

À l’échelle du continent, l’Euro Stoxx 50, qui regroupe les cinquante premières capitalisations de la zone euro, progresse de 6,84 % (une performance honorable, dans le sillage de Wall Street). 

Mais, le CAC 40 ferme la marche des grandes places développées, autour de +2,5 %, pénalisé notamment par le poids important du secteur du luxe dans sa composition : l’indice parisien fait donc moins bien que la moyenne de la zone euro.

Inflation et banques centrales : le même dilemme des deux côtés de l’Atlantique

Le choc pétrolier ne s’est pas arrêté à la pompe : il a rallumé l’inflation, contraignant les banques centrales à des arbitrages inconfortables.

En zone euro, la hausse des prix de l’énergie fait remonter l’inflation à 3,2 % en mai, son plus haut niveau depuis septembre 2023. Aux États-Unis, l’indice des prix à la consommation grimpe à 4,2 % sur un an en mai, après 3,8 % en avril, bien au-delà de l’objectif de 2 %.

Face à cela, la Banque centrale européenne (BCE) relève ses taux de 0,25 point le 11 juin (sa première hausse depuis 2023) portant son taux de dépôt à 2,25 %. Elle resserre sa politique alors que la croissance de la zone euro est quasi nulle (+0,8 % sur un an au premier trimestre).

Cette décision est motivée par une peur que l’on croyait oubliée, la stagflation : la combinaison d’une inflation élevée et d’une croissance atone, le pire des deux mondes pour un banquier central, qui doit choisir entre soutenir l’activité et maîtriser les prix.

De son côté, la Réserve fédérale américaine (Fed) a fait le choix inverse de l’attentisme : elle maintient sa fourchette de taux à 3,50 %-3,75 % durant tout le semestre, illustrant sa doctrine du higher for longer c’est à dire des taux maintenus élevés plus longtemps que prévu pour ancrer durablement l’inflation. 

Comprendre l’impact des taux directeurs sur la bourse en bref :

  • Les taux directeurs sont des taux à très court terme servant de taux de référence à l’économie.
  • Sauf en cas d’inversion de la courbe des taux, une hausse des taux courts entraîne une hausse des taux long (car il est en principe plus risqué de prêter à long terme qu’à court terme). 
  • Une hausse des taux long induit une augmentation du rendement des obligations nouvellement émises. 
  • Pour rester compétitives car plus risquées, les actions doivent afficher un rendement supérieur pour rester compétitives. Si elles ne le peuvent pas, le prix s’ajuste à la baisse.

Le bilan sectoriel du premier semestre 2026 : gagnants, perdants et faux refuges

Derrière la performance des indices régionaux, le semestre a creusé des écarts considérables entre secteurs, et réservé quelques leçons sur la notion de valeur refuge.

Le bilan sectoriel du S&P 500 au premier semestre 2026

Bien qu’il se concentre sur 500 plus grandes entreprises US, le S&P 500 donne une bonne image des tendances sectorielles en Bourse. Le tableau ci-dessous récapitule la performance des onze secteurs du S&P 500 sur l’ensemble du semestre. 

Secteur (S&P 500)Performance S1 2026
Industrie+20,2 %
Technologies de l’information+19,8 %
Énergie+19,7 %
Matériaux de base+12,0 %
Immobilier+11,5 %
Indice S&P 500 (référence)+10,2 %
Consommation de base+8,0 %
Services aux collectivités+7,7 %
Santé+3,5 %
Services de communication+0,8 %
Consommation discrétionnaire−0,8 %
Finance−1,2 %

Indices sectoriels S&P 500, rendement total (dividendes réinvestis), au 30 juin 2026. Source : S&P Dow Jones Indices. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Trois enseignements ressortent de ce classement : 

  • Le trio de tête (industrie, technologie et énergie) concentre les grands thèmes du semestre : le réarmement et la construction de centres de données pour l’industrie, l’euphorie de l’IA pour la technologie, la crise pétrolière pour l’énergie. 
  • À l’autre extrémité, deux secteurs terminent dans le rouge, la finance et la consommation discrétionnaire. 
  • Mais l’essentiel se joue sous la surface : ces chiffres semestriels masquent une rotation d’une rare violence. L’énergie, par exemple, avait bondi de plus de 38 % au premier trimestre avant d’en reperdre près de la moitié au second, tandis que la technologie, d’abord parmi les pires secteurs pendant le choc de mars, signait ensuite le rebond le plus spectaculaire. 

Un même secteur pouvait donc passer de premier à dernier en trois mois : la preuve, chiffrée, qu’un pari sectoriel concentré relevait largement du pile ou face. 

Les grands gagnants : énergie et intelligence artificielle

Le trio de tête du tableau n’a rien d’un hasard : il épouse les deux forces du semestre, le choc pétrolier et l’euphorie de l’IA. 

Sans surprise, l’énergie a profité de la flambée du pétrole, côté fossile comme renouvelable. A titre d’exemple : 

  • l’ETF iShares Oil & Gas Exploration & Production (ETF de référence pour investir dans les principales compagnies pétrolières et gazières) progresse d’environ 19 % sur six mois,
  • l’ETF iShares Global Clean Energy d’environ 17 % (premier ETF en termes de capitalisation pour investir dans les énergies renouvelables). 

Mais le vrai moteur reste structurel : l’intelligence artificielle. L’ETF Artificial Intelligence & Big Data avance d’environ 22 % sur la période, et c’est ce même élan qui explique le rebond spectaculaire de la technologie au second trimestre, après un premier trimestre pourtant difficile.

Les deux thématiques se rejoignent d’ailleurs : la demande d’électricité explose en partie pour alimenter les centres de données de l’IA, ce qui soutient à son tour le secteur de l’énergie. 

La défense : la fin du « trade facile »

Le tableau ci-dessus se limite aux valeurs américaines ; or l’un des mouvements marquants du semestre s’est joué en Europe, avec la défense. 

Porté par le réarmement européen (le plan ReArm Europe vise 800 milliards d’euros d’ici 2030), le secteur avait flambé en début d’année. 

Mais le mouvement s’est retourné : la valeur emblématique Rheinmetall a perdu plus de 20 % en une semaine et près de 53 % depuis ses plus hauts.

La thèse de long terme reste intacte ; ce sont les valorisations, devenues excessives, qui se sont dégonflées. La leçon vaut d’être retenue : un bon thème d’investissement n’est pas toujours un bon prix d’achat.

Les perdants et les faux refuges

À l’autre extrémité du classement, la consommation discrétionnaire termine dans le rouge (−0,8 %), pénalisée par sa dépendance à la conjoncture et par la pression du choc énergétique sur le pouvoir d’achat des ménages. 

Plus instructif encore, les actifs censés protéger ont déçu :

  • L’or perd environ 7 % après un record en début d’année, 
  • Bitcoin chute de 33 % (bien que sa fonction de valeur refuge fait très largement débat).

Ces baisses peuvent s’expliquer par l’évaporation des espoirs de baisse de taux ayant pesé sur les actifs sans rendement. Un rappel salutaire : aucun actif, même réputé « refuge », n’offre une réelle garantie.

Anticipations de janvier vs réalité : la leçon du semestre

En janvier, le consensus des analystes tenait en un mot : prudence. Après deux années de hausse portée par une poignée de valeurs technologiques, les valorisations américaines paraissaient tendues, et l’imprévisibilité de la politique commerciale de Donald Trump faisait craindre un choc venu du commerce mondial. 

La recommandation dominante était donc la diversification notamment avec un renforcement au niveau des actions UE (reconnues pour avoir des niveaux de valorisation plus raisonnables), afin d’amortir une correction que beaucoup jugeaient probable.

La réalité a donné raison aux prudents, mais pas de la manière attendue : 

  • Le choc a bien eu lieu, mais il n’est pas venu du terrain anticipé : ce n’est pas la guerre commerciale qui a fait plonger les marchés en mars, mais une guerre tout court, au Moyen-Orient. 
  • Ce choc a été bref : violemment ressenti en mars, il était déjà largement effacé en juin. Les marchés ont non seulement encaissé, mais terminé le semestre en hausse, un démenti pour ceux qui attendaient une correction durable.

Toujours est-il que la performance s’est concentrée à l’extrême sur quelques valeurs, principalement asiatiques et liées aux semi-conducteurs (Samsung Electronics, SK Hynix, TSMC, SanDisk…). 

Autrement dit, un investisseur diversifié a été relativement bien protégé pendant le choc, mais un investisseur trop concentré sur les seules stars du moment a pu réaliser des gains spectaculaires (au prix néanmoins d’un risque considérable). Reste à savoir pour combien de temps cette stratégie sera payante…

Conclusion : diversifier pour traverser les chocs à venir

Malgré le sentiment que la crise est derrière nous, le second semestre conserve certaines zones d’ombre : 

  • La trajectoire des taux reste incertaine : la BCE a laissé la porte ouverte à un nouveau tour de vis, et la Réserve fédérale, sous la direction de Kevin Warsh, pourrait durcir sa position face à une inflation persistante. 
  • La réouverture du détroit d’Ormuz demeure fragile, laissant planer un risque pétrolier résiduel. 
  • La concentration extrême des gains et les valorisations élevées, notamment américaines, constituent un terrain propice à la volatilité. 

Autant de raisons de ne pas miser son épargne sur un seul scénario.

C’est précisément la logique d’une allocation diversifiée. En répartissant l’épargne sur de nombreuses zones géographiques, secteurs et classes d’actifs via des ETF, on évite de dépendre d’un unique moteur de performance : si un marché flanche, les autres peuvent amortir le choc. 

C’est l’approche que propose Nalo à travers ses assurances-vie et son plan d’épargne retraite (PER) 100 % ETF, avec des portefeuilles construits sur mesure selon l’horizon de placement et la tolérance au risque de chaque épargnant (plutôt qu’au gré des modes de marché).

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Aucune allocation, aussi diversifiée soit-elle, ne supprime le risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent jamais des performances futures.

Mais le premier semestre 2026 l’a montré avec force : dans un monde imprévisible, répartir ses risques reste la meilleure façon de rester investi sereinement sur le long terme et de laisser le temps, plutôt que les paris, travailler pour soi.

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