Après un printemps marqué par la volatilité liée au Moyen-Orient, les marchés financiers ont nettement rebondi en mai. Portés par la solidité de l’économie mondiale, la détente sur le pétrole et des résultats d’entreprises robustes, les actifs risqués retrouvent des couleurs.
Une accalmie géopolitique qui soutient les marchés
Le mois de mai a marqué un tournant pour les marchés mondiaux. Après plusieurs semaines de tensions au Moyen-Orient, les avancées diplomatiques ont ravivé l’espoir d’une désescalade durable.
Ce regain de visibilité s’est immédiatement traduit sur les marchés : le prix du pétrole est repassé sous les 100 dollars le baril, tandis que les spreads des obligations émergentes confirmaient leur solidité.
Dans ce contexte d’apaisement, les investisseurs ont retrouvé de l’appétit pour le risque, favorisant un rebond généralisé des marchés actions et crédit. Cette séquence illustre une nouvelle fois la capacité des marchés à anticiper et intégrer rapidement les évolutions géopolitiques.
Des fondamentaux économiques toujours solides
Malgré le choc énergétique récent, l’économie mondiale fait preuve d’une résilience notable.
Aux États-Unis, la croissance reste bien orientée, soutenue par une consommation robuste et par les gains de productivité liés à l’essor de l’intelligence artificielle, désormais bien ancrée dans l’économie réelle.
Du côté des banques centrales, la prudence reste de mise. L’inflation sous-jacente demeure légèrement élevée, incitant la Fed et la BCE à maintenir des taux directeurs élevés.
Cette situation crée néanmoins un environnement favorable pour les investisseurs obligataires, avec des rendements redevenus attractifs sur de nombreuses classes d’actifs.
Des performances solides sur l’ensemble des classes d’actifs
Les marchés actions ont enregistré des performances significatives en mai (en euros, dividendes réinvestis) :
- États-Unis : +5,8% (MSCI USA), portés par les valeurs technologiques et une saison de résultats supérieure aux attentes
- Europe : +4,4% (MSCI Europe), soutenue par l’amélioration du contexte géopolitique
- Japon : +5,5% (MSCI Japan), grâce à une dynamique économique supérieure aux prévisions
- Marchés émergents : +10,3% (MSCI EM), tirés par la Corée du Sud et Taïwan, au cœur de la chaîne de valeur de l’IA
Sur les marchés obligataires :
- Crédit US : +1,2%, High Yield US : +0,9%
- Obligations européennes : États +1,1%, crédit +0,9%, High Yield +1,1%
- Dette émergente : +1,5% (souverains) et +0,4% (entreprises)
Sur le marché des changes, le dollar s’est légèrement apprécié face à l’euro (+0,62%), conservant son statut de valeur refuge dans un environnement encore incertain.
Allocation : un positionnement défensif qui porte ses fruits
Dans ce contexte, nous avons maintenu nos allocations sans ajustement majeur. Les choix opérés en amont, notamment le renforcement du dollar, l’intégration d’actifs indexés sur l’inflation, de green bonds et de positions défensives ont permis d’amortir les phases de volatilité tout en captant le rebond.
Nous conservons également nos expositions stratégiques aux thématiques de long terme, en particulier l’énergie et l’intelligence artificielle, moteurs structurels de performance.
Cette diversification permet aujourd’hui de bénéficier de la reprise sans s’exposer excessivement à un segment de marché spécifique.
Perspective : privilégier la discipline face au bruit de marché
Dans un environnement encore marqué par des incertitudes géopolitiques et monétaires, la discipline d’investissement reste essentielle. Les mouvements de court terme ne doivent pas détourner de stratégies construites sur le long terme.
Comme le rappelle notre philosophie d’investissement :
« On ne tire jamais sur une tige pour forcer une plante à pousser plus vite. Face aux soubresauts du marché, la patience reste le meilleur engrais pour vos investissements. »
Les marchés en Avril 2026
En avril 2026, les marchés ont été marqués par un contraste fort entre euphorie boursière et tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient, avec un Brent au‑delà de 110 dollars dans un contexte de blocage du détroit d’Ormuz. Les actions mondiales ont fortement rebondi, portées par la technologie et des résultats d’entreprises solides, tandis que les marchés obligataires restent sous pression face à une inflation alimentée par le coût de l’énergie. Dans cet environnement, la diversification et l’ajustement tactique des portefeuilles restent essentiels.
Marchés actions : l’euphorie technologique malgré les risques
États-Unis : leader incontesté
- Performance : +8,5% en euros (+10,5% en devise locale).
- Moteurs : saison de résultats très robuste, tirée par les investissements massifs des géants du cloud et de l’IA (hyperscalers), propulsant S&P 500 et Nasdaq sur des sommets historiques.
Europe et Royaume-Uni : progression plus mesurée
- Zone euro (hors Royaume-Uni) : +6,0%.
- Freins : indicateurs d’activité en contraction (PMI) et vulnérabilité structurelle aux chocs énergétiques.
- Royaume-Uni : +3,3%, pénalisé par un marché très exposé aux banques et à l’énergie et par les craintes autour de la Banque d’Angleterre.
Japon et marchés émergents : l’Asie IA en première ligne
- Japon : +7,2% en euros, avec une exposition plus limitée à l’IA et un yen faible qui freinent la progression.
- Marchés émergents : +12,7%, dopés par l’Asie (+14,2%). La performance est très concentrée sur Taïwan et la Corée du Sud, devenus centraux dans la chaîne mondiale des semi‑conducteurs liés à l’IA.
Obligations : pression des taux et appétit pour le risque
- Obligations souveraines : remontée des taux face à la résurgence de l’inflation, avec un indice Bloomberg Global Aggregate en baisse de 0,6% en euros.
- Japon : les obligations japonaises reculent de 0,9%, les taux à 10 ans atteignant un plus haut depuis 1997 dans un contexte d’inflation importée.
- États-Unis : les bons du Trésor perdent 1,7%, malgré un pays moins exposé sur le plan énergétique.
- Crédit : à l’inverse, le fort appétit pour le risque entraîne un resserrement des spreads, soutenant la dette d’entreprises Investment Grade.
Devises et matières premières : le dollar refuge, l’énergie en tension
- Devises : le dollar se renforce et joue pleinement son rôle de valeur refuge, entraînant une performance de -1,8% face à l’euro sur les actifs en devises.
- Matières premières : la classe d’actifs progresse de 4,2% au global.
- Énergie : +7,7%, portée par la hausse du pétrole dans un contexte de perturbations durables au Moyen-Orient.
- Métaux industriels : +5,0%, soutenus par les besoins massifs en matériaux liés au déploiement des data centers pour l’IA.
Banques centrales : prudence et communication millimétrée
- Fed : taux directeur maintenu à 3,75%, dans un contexte de croissance américaine robuste autour de 2,0% au premier trimestre. Jerome Powell confirme sa présence au Conseil des gouverneurs jusqu’en 2028, renforçant la visibilité institutionnelle.
- BCE : statu quo également, mais avec une tonalité plus inquiète. L’inflation globale remonte à 3,0% en avril, tandis que la croissance frôle la stagnation (+0,1%), ouvrant la voie à un possible mouvement sur les taux dès juin.
- Banque d’Angleterre et Banque du Japon : posture plus restrictive, avec une vigilance accrue face à l’inflation domestique.
Géopolitique : détroit d’Ormuz et « Project Freedom »
Le conflit entre les États-Unis et l’Iran se prolonge, maintenant une forte tension sur le détroit d’Ormuz, ce qui propulse le baril bien au‑delà de 110 dollars.
Les négociations sur le nucléaire iranien restent bloquées, poussant les États-Unis à lancer l’opération navale « Project Freedom », une mission d’escorte de grande ampleur qui renforce le risque de confrontation directe.
Parallèlement, la Chine continue d’acheter massivement du brut iranien, s’écartant des sanctions occidentales et renforçant son levier de négociation à l’approche d’un sommet clé entre Donald Trump et Xi Jinping prévu à Pékin à la mi‑mai.
Nos ajustements de portefeuille : sécuriser les gains et renforcer les protections
Face à un marché actions très optimiste qui sous‑estime, selon nous, les conséquences de la paralysie d’Ormuz (énergie, intrants agricoles, hélium industriel, consommation finale), nous renforçons le caractère défensif de nos allocations. Trois axes majeurs structurent nos décisions.
1. Réduction du pari émergent et ajustement de l’exposition au dollar
- Sortie de la surpondération historique de 5% sur les marchés émergents, alors que la performance est très concentrée sur quelques acteurs asiatiques des semi‑conducteurs.
- Réduction de la couverture de change sur les actions américaines de 75% à 55%, afin de bénéficier davantage du dollar comme valeur refuge.
- Division par deux de l’exposition « Equally Weighted » aux petites et moyennes capitalisations américaines (de 25% à 12,5%), pour limiter le risque spécifique.
2. Allègement du risque de crédit le plus risqué
- Réduction nette de la dette émergente dans la poche obligataire (de 40% à 25%).
- Baisse de l’exposition aux obligations High Yield (de 36% à 25%).
Les rendements ayant déjà bien travaillé ces derniers mois, ces prises de bénéfices permettent de sécuriser une partie des gains en attendant davantage de visibilité macroéconomique.
3. Mise en place d’un bouclier contre l’inflation
- Portefeuilles classiques : ajout tactique d’obligations indexées sur l’inflation (États-Unis et Europe) pour contrer le choc énergétique.
- Portefeuilles Écoresponsables : renforcement marqué des obligations vertes, dont le poids passe de 8% à 25%, combiné à une hausse de la poche Investment Grade pour consolider la dimension défensive.
