Chaque année, à l’approche du mois de septembre, une même question revient sur les marchés : faut-il craindre une baisse de la Bourse ? Cette inquiétude ne vient pas de nulle part. Historiquement, septembre affiche en effet des performances moins favorables que les autres mois, notamment pour le S&P 500.
- Cette anomalie saisonnière, souvent appelée « effet septembre », reste toutefois une tendance statistique observée sur longue période.
- Elle ne signifie pas que les marchés baissent systématiquement en septembre, ni qu’une baisse est à prévoir cette année. Reste donc à comprendre d’où vient cette réputation et ce que les chiffres montrent réellement.
Qu’est-ce que l’effet septembre en Bourse ?
L’effet septembre désigne une tendance observée depuis longtemps sur les marchés financiers. Le mois de septembre affiche souvent de moins bonnes performances que les autres mois de l’année.
Septembre est-il vraiment le pire mois en Bourse ?
Sur le marché américain, les statistiques confirment la réputation du mois de septembre.
- Selon S&P Dow Jones Indices, septembre affiche historiquement la moins bonne performance mensuelle du S&P 500, avec une baisse moyenne de 1,16 % depuis 1926.
- Cette moyenne ne signifie toutefois pas que les marchés baissent systématiquement à cette période. En septembre 2024, par exemple, le S&P 500 a progressé de 2,02 %. Il a également gagné 3,53 % en septembre 2025.
L’effet septembre traduit donc avant tout une tendance observée sur une longue période. Il ne permet pas de prévoir la performance du marché au cours d’une année donnée.
Les performances boursières moyennes selon les mois
L’effet septembre apparaît plus clairement lorsque l’on compare les performances du S&P 500 sur l’ensemble de l’année.
Entre 1950 et 2025, septembre est le mois qui affiche le rendement moyen le plus faible de l’indice.
| Mois | Rendement moyen du S&P 500 (1950-2025)* | Part d’années positives |
| Janvier | +1,0 % | 59 % |
| Février | -0,1 % | 54 % |
| Mars | +1,1 % | 64 % |
| Avril | +1,5 % | 71 % |
| Mai | +0,3 % | 59 % |
| Juin | +0,1 % | 54 % |
| Juillet | +1,2 % | 59 % |
| Août | -0,1 % | 55 % |
| Septembre | -0,7 % | 44 % |
| Octobre | +0,9 % | 61 % |
| Novembre | +1,5 % | 68 % |
| Décembre | +1,4 % | 74 % |
*Données compilées par SimianX à partir des performances mensuelles du S&P 500 entre 1950 et 2025. Valeurs arrondies.
La différence est assez nette. Alors qu’avril et novembre affichent une progression moyenne de 1,5 %, septembre recule en moyenne de 0,7 %.
Attention, ces chiffres montrent bien que septembre est historiquement un mois moins favorable sur le marché américain, sans pour autant en faire un mois systématiquement négatif.
Le S&P 500 a d’ailleurs terminé septembre en hausse dans 44 % des années observées.
Autrement dit, la saisonnalité donne une tendance générale, mais elle ne permet pas de prévoir à l’avance la performance du prochain mois de septembre.
Sources :
https://www.simianx.ai/stories/sp-500-seasonality-best-worst-months-1950-2026
https://www.spglobal.com/spdji/en/commentary/article/us-equities-market-attributes-september-2024/
https://www.yardeni.com/charts/us-stock-market/stock-market-historical-patterns/sp-500-historical-monthly-annual-returns
Pourquoi septembre est-il souvent un mauvais mois en Bourse ?
Il n’existe pas une seule explication à l’effet septembre. Plusieurs facteurs sont souvent cités pour expliquer pourquoi ce mois a, historiquement, été moins favorable aux marchés.
La rentrée est d’abord une période où de nombreux investisseurs réajustent leurs portefeuilles après l’été. Certains prennent leurs bénéfices, réduisent certaines positions ou modifient leur allocation.
Aux États-Unis, septembre correspond aussi à la fin de l’exercice fiscal de certains fonds, ce qui peut les conduire à vendre des titres en perte pour des raisons fiscales.
Le mois de septembre marque également le retour d’une activité plus soutenue sur les marchés après l’été.
Les investisseurs doivent alors intégrer de nouvelles données économiques, les perspectives des entreprises ou encore les décisions des banques centrales. Cela peut entraîner davantage de mouvements sur les marchés.
![]()
Bon à savoir :
Ces explications restent toutefois des hypothèses. Elles peuvent aider à comprendre pourquoi septembre ressort moins bien dans les statistiques, mais elles ne permettent pas de prévoir ce qui se passera chaque année.
Comment les versements programmés réduisent-ils l’importance de l’effet septembre ?
Avec des versements programmés, l’investissement est réparti à différents moments de l’année plutôt que concentré sur une seule date. L’épargnant achète donc lorsque les marchés sont hauts comme lorsqu’ils sont plus bas.
Cette méthode, souvent appelée DCA (Dollar Cost Averaging), ne protège pas contre les pertes et ne garantit pas de meilleure performance. Elle permet en revanche de lisser les points d’entrée et de réduire l’importance accordée à la performance d’un mois particulier.
Pour un projet d’investissement prévu sur plusieurs années, une baisse ponctuelle en septembre pèse ainsi beaucoup moins que la durée de placement, la régularité des versements et la diversification du portefeuille.
![]()
Bon à savoir :
À l’échelle d’un placement conservé pendant plusieurs années, la performance d’un seul mois représente une période très courte. C’est pourquoi l’horizon d’investissement compte davantage que la recherche du « bon » mois pour entrer ou sortir des marchés.
Un mauvais mois de septembre est-il vraiment prévisible ?
Non. Même si septembre affiche historiquement de moins bonnes performances que les autres mois, cela ne permet pas de savoir à l’avance comment les marchés évolueront cette année.
Une moyenne calculée sur plusieurs décennies donne une tendance générale, pas une prévision. Certaines années, septembre se termine en baisse ; d’autres, il est positif. Le S&P 500 a par exemple clôturé septembre en hausse dans une part importante des années observées.
L’effet septembre doit donc être vu comme une statistique historique, et non comme un signal annonçant automatiquement une baisse des marchés.
Faut-il vendre ses actions avant septembre ?
La seule réputation du mois de septembre ne suffit pas à justifier une vente. Comme nous l’avons vu, l’effet septembre repose sur une moyenne historique : certaines années sont négatives, d’autres positives.
Décider de vendre avant septembre reviendrait donc à anticiper une baisse qui peut ne pas avoir lieu. Il faudrait ensuite déterminer à quel moment revenir sur les marchés, avec le risque de manquer une éventuelle reprise.
Cela ne signifie pas pour autant qu’il faut conserver ses placements dans toutes les situations.
Une décision d’investissement doit avant tout tenir compte :
- de son horizon de placement ;
- de ses objectifs ;
- de sa tolérance au risque ;
- de la composition de son portefeuille.
Pour un épargnant qui investit à long terme, les variations observées sur un seul mois doivent ainsi être replacées dans une perspective plus large.
L’AMF rappelle d’ailleurs que les placements en actions comportent un risque de perte en capital et doivent généralement être envisagés sur plusieurs années.
L’effet septembre peut donc constituer une information utile sur le comportement historique des marchés, mais il ne constitue pas, à lui seul, un signal d’achat ou de vente.
Sources :
https://live.euronext.com/en/product/indices/FR0003500008-XPAR
https://www.euronext.com/en/news/cac-40-index-0
https://www.spglobal.com/spdji/en/documents/commentary/market-attributes-us-equities-202511.pdf
https://www.spglobal.com/spdji/en/commentary/article/us-equities-market-attributes-september-2024/






