Les conséquences de l’inflation en France sur vos investissements

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Les conséquences de l’inflation en France sur vos investissements

L’essentiel :

  • L’inflation est l’augmentation générale et durable des prix qui se traduit par une  perte du pouvoir d’achat de la monnaie ;
  • Le chiffre d’affaires et les recettes d’une société devraient augmenter au même rythme que l’inflation, les placements en unités de compte sont donc conseillés à condition de diversifier votre portefeuille ;
  • Les placements qui garantissent un taux d’intérêt fixe dans le temps sont à éviter

Portée par l’augmentation des cours de l’énergie et du pétrole, les difficultés d’approvisionnement post-covid,  l’accélération de la hausse des prix devient un sujet d’inquiétude. Depuis 20 ans et le passage à l’euro, avec un taux inférieur à 2%/an, l’inflation n’était plus un problème. Les épargnants pouvaient sur des placements sécurisés obtenir un rendement faible qui maintenait au moins leur pouvoir d’achat.  Aujourd’hui,  un épargnant qui laisse  dormir son épargne s’appauvrit avec l’inflation. Néanmoins, il existe des solutions qui permettent de profiter de cette inflation. Que faire en période de reprise de l’inflation ? Quelle stratégie faut-il adopter ?

Qu’est ce que l’inflation ?

L’inflation est l’augmentation générale et durable des prix qui se traduit par une perte du pouvoir d’achat de la monnaie. En France, elle est mesurée mensuellement par l’INSEE à travers l’Indice des Prix à la Consommation (IPC). Il existe principalement 4 facteurs à l’origine d’une inflation.

  • L’inflation par la demande : Lorsque la demande de produits ou de services s’accroît mais que l’offre de produits et services n’arrive pas à s’adapter à ce surcroît de demande, les prix sont poussés à la hausse.
  • L’inflation par excès de création monétaire: Lorsque le stock de monnaie circulant dans l’économie est trop important par rapport à la quantité de biens et services offerts.
  • L’inflation par les coûts : Lorsque les prix des matières premières s’accroissent, les coûts de production des entreprises grandissent aussi. Les prix augmentent. Il en est de même lorsque le chômage est faible. Les entreprises doivent augmenter les salaires pour pouvoir attirer de nouveaux employés.
  • L’inflation importée: Lorsque le taux de change d’une monnaie se déprécie par rapport aux principales devises du commerce mondial, le coût des produits importés augmente.

Etats des lieux

La forte reprise économique mondiale, post-covid, a mis sous tension  les approvisionnements de matières premières et de certains composants. La guerre en Ukraine est venue accélérer ce mouvement et l’a étendu à d’autres secteurs tels que les matières premières agricoles. En réaction, pour contrer l’inflation, les banques centrales annoncent des augmentations de  taux et la fin de leur politique d’achat de titres émis par les institutions financières. La remontée de l’inflation devrait tout de même avoir des conséquences importantes:

  • Sur le pouvoir d’achat : Celui-ci  marque le pas. Cela pourrait être réduit par une augmentation des salaires dans le contexte actuel de marché du travail tendu.
  • Pour les épargnants : L’inflation aura pour conséquence d’engloutir une partie des rendements financiers distribués.

Faisons le tour des placements pour voir ceux qu’il faut privilégier et ceux qu’il faut éviter en période d’inflation.

Les produits d’épargne réglementés et les comptes courants en danger

Les produits d’épargne réglementés

Le livret A et les livrets réglementés ne permettent plus de maintenir le pouvoir d’achat de l’épargne. Cependant, ces produits présentent un avantage : leur rémunération est revue régulièrement en fonction de la conjoncture. Si l’inflation s’enflamme, les rendements remonteront.

Le livret A

Après un passage de 0,5 à 1% en février 2022, d’autres augmentations sont à prévoir dans les mois à venir. Ce taux n’est pas si mauvais au vu des taux de rémunération des autres produits concurrents. L’avantage fiscal que procure le livret A est aussi un facteur majeur dans l’argumentaire de l’épargnant français qui préfère conserver un placement faible, plutôt qu’un rendement supérieur mais fiscalisé.

Depuis le 1 février 2020, la méthode de calcul a été révisée. La banque de France préconise le taux au ministre de l’économie qui l’approuve. Ce taux doit obligatoirement être révisé tous les 6 mois, en Février et en Août.

Voici la  méthode de calcul :

  • la moyenne de l’inflation des 6 derniers mois et du taux d’intérêt interbancaire de la zone euro (appelé ESTER). Il s’agit simplement de ce que doit payer une banque lorsqu’elle emprunte.  En 2022, ce taux est encore négatif, environ -0,5% ;
  • la variation du taux semestriel ne peut pas dépasser 1,5% ;
  • le taux du livret A ne peut pas être inférieur à  0,50 % ;

Le rendement du livret A évolue mécaniquement avec l’inflation mais il reste largement inférieur à celle-ci. Votre épargne s’érode donc. Le livret A  doit impérativement n’être qu’un placement de réserve. Son plafond, fixé à 22 950 euros, l’atteste. On doit donc y stocker seulement une épargne de précaution. Rien de plus.

Les autres produits d’épargne réglementées

À 1%, le taux du livret Jeune et du livret de développement durable (LDDS) est identique à celui du livret A.  Plus avantageux, le taux du LEP est lui directement indexé sur l’inflation. Son taux actuel est de 2,2% mais il risque de fortement augmenter dans les mois avenirs. Il n’est cependant accessible que si vos revenus ne dépassent pas un certain plafond. Pour le PEL, CEL, le taux est déterminé lors de l’ouverture, il reste fixe et ne vous protège donc pas de l’inflation. 

Ceux qui souhaitent conserver des liquidités pour financer des dépenses telles que des études ou des vacances ou juste mettre une petite somme à l’abri avant de les réinvestir peuvent les placer sur ces produits d’épargne. Cependant, afin de faire fructifier votre épargne, il est plus avantageux de se diriger vers l’assurance vie et ses fonds en euros ou en unités de compte (UC).

Comptes courants

Ces dernières années, les ménages n’ont pas délaissé leurs comptes courants. Bien au contraire, ils y ont laissé dormir des sommes croissantes (plus de 509 milliards d’euros début 2022). Avec une inflation faible, les ménages en quête de sécurité pouvaient encore l’accepter. Mais avec le retour de l’inflation, leur épargne s’érode fortement.

Où investir ?

L’investissement immobilier

Concernant l’immobilier, l’augmentation des prix favorise ceux qui ont des emprunts à rembourser. Il existe une belle opportunité en ce moment : emprunter à un taux légèrement supérieur à 1,5% sur 15 ans alors que l’inflation anticipée est proche de 5% en 2022 ! Au lieu de subir les taux d’intérêt négatifs, vous en profitez pour vous enrichir et valoriser votre patrimoine.

L’investissement obligataire

1,3 % : c’est ce qu’ont rapporté en moyenne l’an dernier les fonds en euros d’assurance-vie. Les obligations sont pénalisées dans un contexte d’inflation. La hausse des prix érode leur capital. Avec l’augmentation des taux d’intérêt qui en découle, la valeur des anciennes obligations diminue rendant leur revente plus délicate. Il semble que les fonds en euros vont donc rapporter encore moins pour l’année en cours.

Les fonds en euros proposent un rendement similaire au livret A. Ces fonds disposent surtout d’une garantie de capital comparable et d’une absence de limite de montant investi.

L’investissement en action

L’inflation est une donnée fondamentale qui oblige les entreprises à adapter le prix de vente des biens ou services pour continuer à générer des bénéfices. Ceci est source de sécurité, à condition que ces investissements concernent des entreprises qui sachent réagir à ces augmentations de prix. Elle pourrait à terme peser sur les marges des entreprises et donc sur leurs résultats. Avec l’intervention des banques centrales pour limiter la hausse brutale de l’inflation, cette menace n’est pas encore d’actualité.

Les actions résistent donc assez bien à l’inflation. Même si ses rendements diminuent, les actions sont le support apportant les plus grandes performances (cf graphique ci-dessous).

Conclusion

Ainsi, l’impact de l’inflation sur votre portefeuille dépendra du type de titres que vous possédez. La baisse continue de la rémunération de la plupart des produits d’épargne poussent à modifier les habitudes de placements.

  • Les placements qui garantissent un taux d’intérêt fixe dans le temps sont donc à éviter.
  • Les produits d’épargne réglementés (Livret A, PEL) ne vous rapporteront plus autant qu’avant. Ils doivent être envisagés pour y placer une petite épargne de précaution compte tenu de leur fiscalité avantageuse.
  • Côté assurance-vie, la rémunération des fonds en euros baisse tous les ans mais dispose d’une fiscalité et d’une transmission avantageuse.
  • Sur le long terme, le chiffre d’affaires et les recettes d’une société devraient augmenter au même rythme que l’inflation. Les placements en unités de compte sont donc conseillés à condition de diversifier votre portefeuille.

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