Les conséquences de l’inflation en France sur vos investissements

Statisticien Économiste, chercheur au Centre de Recherche en Statistique et en Économie.

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inflation

L’essentiel :

  • L’inflation est la perte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix ;
  • le chiffre d’affaires et les recettes d’une société devraient augmenter au même rythme que l’inflation, les placements en unités de compte sont donc conseillé à condition de diversifier votre portefeuille ;
  • Les placements qui garantissent un taux d’intérêt fixe dans le temps sont à éviter

Portée par l’augmentation des cours de l’énergie et du pétrole, la hausse des prix redevient un sujet d’inquiétude. Les produits liquides ne sont plus aussi performants que dans le passé et n’offrent plus qu’un rendement très faible. À tel point que les épargnants préfèrent laisser dormir leur épargne, au risque de l’inflation. Néanmoins, il existe des solutions qui permettent de profiter de cette inflation. Que faire en période de reprise de l’inflation ? Quelle stratégie faut-il adopter ?

Qu’est ce que l’inflation ?

L’inflation est la perte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix. En France, elle est mesurée mensuellement par l’INSEE à travers l’Indice des Prix à la Consommation (IPC). Il existe principalement 4 facteurs à l’origine d’une inflation.

  • L’inflation par la demande : Lorsque la demande de produits ou de services s’accroît mais que l’offre de produits et services n’arrive pas à s’adapter à ce surcroît de demande, les prix sont poussés à la hausse.
  • L’inflation par excès de création monétaire: Lorsque le stock de monnaie circulant dans l’économie est trop important par rapport à la quantité de biens et services offerts.
  • L’inflation par les coûts : Lorsque les prix des matières premières s’accroissent, les coûts de production des entreprises grandissent aussi. Les prix augmentent. Il en est de même lorsque le chômage est faible. Les entreprises doivent augmenter les salaires pour pouvoir attirer de nouveaux employés.
  • L’inflation importée: Lorsque le taux de change d’une monnaie se déprécie par rapport aux principales devises du commerce mondial, le coût des produits importés augmente.

Etats des lieux

Au regard des taux bas constatés ces dernières années, les taux d’intérêt de long terme devraient très naturellement augmenter au cours du second semestre de l’année 2017. Néanmoins, inutile de se faire peur, les banques centrales ne peuvent se permettre une augmentation trop violente des taux d’intérêt. Ils resteront donc globalement très faibles. Mais, même lente, la remontée de l’inflation devrait tout de même avoir des conséquences importantes sur la conjoncture:

  • Sur le pouvoir d’achat: Celui-ci va marquer le pas. Les salaires ont peu de chances d’accélérer en 2017, car leur évolution dépend, au moins en partie, de l’inflation passée et de l’importance du sous-emploi.
  • Pour les épargnants: L’inflation aura pour conséquence d’engloutir une partie des rendements financiers distribués.

Faisons le tour des placements pour voir ceux qu’il faut privilégier et ceux qu’il faut éviter en période d’inflation.

Les produits d’épargne réglementés et les comptes courants en danger

Les produits d’épargne réglementés

Le livret A et les livrets réglementés permettent tout juste de maintenir le pouvoir d’achat de l’épargne. Cependant, ces produits présentent un avantage : leur rémunération est revue régulièrement en fonction de la conjoncture. Si l’inflation s’enflamme, les rendements remonteront.

Le livret A

Malgré un taux passé à 0,75% en août 2015, ce produit « star » a réalisé une collecte positive en 2016. Ce taux n’était pas si mauvais au vue de des niveaux historiquement bas de l’inflation et des produits concurrents. L’avantage fiscal que procure le livret A est aussi un facteur majeur dans l’argumentaire de l’épargnant français qui préfère conserver un placement faible, plutôt qu’un rendement supérieur mais fiscalisé.

Or dans ce contexte post-élection et avant l’adoption de la nouvelle formule pour le calcul du livret A,  l’inflation semble avoir pris tout le monde de court. Et les performances du Livret A risquent d’être atténuées à l’adoption de cette nouvelle formule.

Voici les nouvelles méthodes de calcul:

  • Quand l’écart entre les taux monétaires et le taux d’inflation dépassera 0,25%, le gouvernement devra appliquer le taux d’inflation des 6 derniers mois.
  • Si ce n’est pas le cas, il aura le choix entre utiliser le taux d’inflation ou le taux du marché monétaire majoré de 0,25 points.

Le nouveau calcul pousse donc à penser que le taux du livret A devrait être au mieux à 1,5 % au vu de l’inflation (estimée à 1,3%). Une raison de plus qui confirme que le livret A ne doit être qu’un placement de réserve. Son plafond, fixé à 22 950 euros, l’atteste. On doit donc y stocker seulement une épargne de précaution. Rien de plus.

Les autres produits d’épargne réglementées

La dépréciation des rendements concerne également les autres produits d’épargne réglementés : PEL, CEL, Livret jeune, LEP.

Ceux qui souhaitent conserver des liquidités pour financer des dépenses telles que des études ou des vacances ou juste mettre une petite somme à l’abri avant des les réinvestir peuvent les placer sur ces produits d’épargne. Cependant, afin de faire fructifier votre épargne, il est plus avantageux de se diriger vers l’assurance vie et ses fonds en euros ou en unités de compte (UC).

Les dépôts à vues

Ces dernières années, les ménages n’ont pas délaissé leurs dépôts à vue. Bien au contraire, ils y ont laissé dormir des sommes croissantes (plus de 380 milliards d’euros à la fin de l’année 2016). En période d’inflation nulle, les ménages pouvaient considérer que les rendements étaient satisfaisant en tenant compte des frais bancaires. Mais avec le retour de l’inflation, la situation change.

Ce n’est donc pas le moment d’investir dans des produits qui garantissent un taux d’intérêt fixe dans le temps.

Où investir ?

L’investissement immobilier

Concernant l’immobilier, l’augmentation des prix favorise ceux qui ont des emprunts à rembourser. Il existe une belle opportunité en ce moment : emprunter à un taux inférieur à 1% sur 15 ans alors que l’inflation anticipée est proche de 2% dès 2019 ! Au lieu de subir les taux d’intérêt négatifs, vous en profitez pour vous enrichir et valoriser votre patrimoine.

L’investissement obligataire

1,8 % : c’est ce qu’ont rapporté en moyenne l’an dernier les fonds en euros d’assurance-vie. Les obligations sont pénalisées à plusieurs titres. La hausse des prix érode le capital. Avec l’augmentation des taux d’intérêt qui en découle, la valeur des anciennes obligations diminue rendant leur revente plus délicate. Les fonds en euros tendent à rapportter encore moins pour cette deuxième moitié d’année.

Néanmoins, les fonds en euros proposent toujours un rendement bien supérieur au livret A, et ce, malgré la baisse généralisée des rendements. Ce fonds dispose surtout d’une garantie de capital, d’une fiscalité dissuasive et d’une transmission avantageuse.

L’investissement en action

L’inflation est une donnée fondamentale qui oblige les entreprises à adapter le prix de vente des biens ou services pour continuer à générer des bénéfices. Ceci est source de sécurité, à condition que ces investissements concernent des entreprises qui sachent réagir à ces augmentation de prix. Elle pourrait à terme peser sur les marges des entreprises et donc sur leurs résultats. Cette menace n’est actuellement pas d’actualité.

Les actions résistent donc assez bien à l’inflation. Même si ses rendements diminuent, les actions sont le support apportant les plus grandes performances (cf graphique ci-dessous).

Conclusion

Ainsi, l’impact de l’inflation sur votre portefeuille dépendra du type de titres que vous possédez. La baisse continue de la rémunération de la plupart des produits d’épargne poussent à modifier les habitudes de placements.

  • Les placements qui garantissent un taux d’intérêt fixe dans le temps sont donc à éviter.
  • Les produits d’épargne réglementés (Livret A, PEL) ne vous rapporteront plus autant qu’avant. Ils doivent être envisagés pour y placer une petite épargne de précaution compte tenu de leur fiscalité avantageuse.
  • Côté assurance-vie, la rémunération fonds en euros baisse tous les ans mais dispose d’une fiscalité et d’une transmission avantageuse.
  • Sur le long terme, le chiffre d’affaires et les recettes d’une société devraient augmenter au même rythme que l’inflation. Les placements en unités de compte sont donc conseillé à condition de diversifier votre portefeuille.

En savoir plus sur la diversification de portefeuille

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