En bref
| Question | Réponse |
| De quoi s’agit-il ? | D’un titre de créance qui associe une obligation et un ou plusieurs instruments dérivés. |
| Qu’est-ce qui détermine le gain ? | L’évolution d’un sous-jacent, comme un indice ou une action, observée à des dates prévues dans le contrat. |
| La confusion la plus fréquente | « Capital protégé » ne signifie pas « capital garanti ». La protection peut disparaître si une barrière est franchie. |
| Le risque souvent oublié | Le risque de crédit de l’émetteur, qui existe même si le sous-jacent évolue favorablement. |
| Quelle durée prévoir ? | En général, une durée maximale de 8 à 12 ans, avec un éventuel remboursement anticipé. |
Qu’est-ce qu’un produit structuré ? Définition, composants et utilité
Un produit structuré est un titre de créance émis par une banque. Son remboursement et sa rémunération ne sont pas fixés à l’avance : ils dépendent de l’évolution d’un actif de référence, appelé le sous-jacent.
Concrètement, vous prêtez de l’argent à une banque. En échange, celle-ci s’engage à vous rembourser selon une formule définie dès le départ. Cette formule précise notamment :
- la date à laquelle le remboursement aura lieu, au plus tard, et les conditions permettant un remboursement plus tôt
- le montant des coupons éventuels et les conditions nécessaires pour les percevoir ;
- les circonstances dans lesquelles le capital est préservé, ainsi que le seuil à partir duquel il ne l’est plus.
La règle est connue dès la souscription, mais pas le résultat final. Vous savez donc comment votre performance sera calculée, sans savoir à l’avance quelle sera cette performance. C’est l’une des principales différences avec un fonds d’actions classique.
Deux briques : une obligation et un instrument dérivé
Un produit structuré n’est pas un placement mystérieux. Il repose généralement sur l’association de deux éléments financiers bien connus : une obligation et un ou plusieurs instruments dérivés.
La partie obligataire sert à reconstituer le capital à l’échéance.
Prenons un exemple simple : sur 10 000 € investis dans un produit prévu pour durer dix ans, l’émetteur peut consacrer une partie de la somme, par exemple 7 000 €, à une obligation zéro coupon qui vaudra 10 000 € à l’échéance.
Le montant nécessaire dépend directement des taux d’intérêt : plus les taux sont élevés, moins il faut immobiliser d’argent au départ pour reconstituer le capital.
Le reste de la somme, ici environ 3 000 €, sert à acheter des options sur le sous-jacent, après déduction de la marge de l’émetteur et des frais de distribution. Ce sont ces options qui permettent de créer les coupons, les barrières et le mécanisme de remboursement anticipé.
Cette décomposition explique aussi pourquoi les produits structurés n’ont pas toujours été aussi attractifs. Entre 2015 et 2021, les taux d’intérêt étaient très bas.
Il fallait alors immobiliser une grande partie de la mise pour reconstituer le capital, ce qui laissait peu de marge pour financer les options. Les produits à capital garanti offraient donc des rendements limités. La remontée des taux a rendu ces montages plus intéressants.
À quel besoin répondent-ils ?
Les produits structurés se situent entre deux grandes familles de placements.
- D’un côté, les livrets et les fonds en euros offrent une bonne sécurité, mais avec un rendement généralement plafonné.
- De l’autre, les actions et les ETF donnent accès à un potentiel de performance plus élevé, sans protection contre les baisses de marché.
Le produit structuré constitue une solution intermédiaire : il peut offrir un rendement supérieur à celui d’un placement sans risque, en échange d’un gain plafonné et d’une protection du capital qui reste conditionnelle.
Il ne s’agit donc pas d’un tour de magie, mais d’un compromis. Vous renoncez notamment à une partie de la hausse potentielle et aux dividendes du sous-jacent, en contrepartie d’un mécanisme de protection à la baisse.
Il répond aussi à une attente très concrète : investir sur les marchés tout en ayant un cadre plus lisible. Les règles sont connues à l’avance, ce qui peut rendre les variations de la valeur du placement moins difficiles à supporter.
Comment fonctionne un produit structuré ?
Le rôle du sous-jacent
Le sous-jacent est l’actif dont l’évolution sert à calculer votre remboursement et vos éventuels coupons. Il peut s’agir :
- d’un indice actions, le cas le plus courant grâce à sa diversification et à sa liquidité ;d’une action individuelle, qui peut permettre une rémunération plus élevée, mais avec un risque supérieur ;
- d’un panier d’actifs, dont la composition et les règles de calcul doivent être étudiées avec attention ;
- plus rarement, d’un taux d’intérêt ou d’une matière première.
Deux points sont souvent peu mis en avant dans les documents commerciaux.
D’abord, vous ne percevez pas les dividendes du sous-jacent. La performance est généralement calculée à partir d’un indice hors dividendes.
Pour un indice actions européen, le manque à gagner peut représenter environ 3 % par an. Sur dix ans, cette différence peut dépasser le montant total des coupons versés par certains produits.
Ensuite, il faut être attentif aux indices « à décrément ». Certains produits utilisent des indices spécialement conçus, auxquels on retire chaque année un montant fixe correspondant, par exemple, à 50 points ou à 5 %.
Ce mécanisme permet parfois d’afficher un coupon plus élevé, mais il pèse mécaniquement sur la performance de l’indice.
Un indice auquel on retire 5 % par an doit progresser de 5 % simplement pour rester au même niveau. Le nom exact de l’indice et sa méthode de calcul doivent donc être vérifiés avant toute souscription.
L’échéance et les dates de constatation
Un produit structuré suit un calendrier établi dès son émission.
La date de constatation initiale sert à déterminer le niveau de référence du sous-jacent. Pour simplifier les calculs, ce niveau est souvent ramené à 100. Les évolutions futures seront comparées à cette valeur.
Viennent ensuite les dates de constatation périodiques, le plus souvent annuelles, parfois trimestrielles. Ce sont les seules dates auxquelles le niveau du sous-jacent est pris en compte. Ce qui se passe entre deux dates n’a, en principe, aucune conséquence sur le calcul du produit.
Enfin, la date d’échéance correspond à la durée maximale du placement, généralement comprise entre 8 et 12 ans.
Ce fonctionnement peut sembler contre-intuitif. Un krach survenant entre deux dates de constatation n’aura aucun effet direct si le sous-jacent est revenu à un niveau suffisant le jour de l’observation.
À l’inverse, une baisse temporaire qui intervient précisément à une date de constatation peut entraîner la perte d’un coupon.
Les principaux mécanismes : autocall, barrières et coupon mémoire
La plupart des produits structurés distribués aujourd’hui reposent sur plusieurs mécanismes récurrents.
Le remboursement anticipé ou autocall
À chaque date de constatation, si le sous-jacent atteint le seuil prévu souvent 100 % de son niveau initial le produit prend fin automatiquement. Le capital est alors remboursé, avec les coupons dus selon les conditions du contrat.
Il ne s’agit pas d’une option laissée à votre choix : le remboursement anticipé s’applique automatiquement lorsque la condition est remplie.
La barrière de coupon
Le coupon n’est versé que si le sous-jacent se trouve au-dessus d’un certain niveau à la date de constatation. Ce seuil est souvent fixé à 60 % ou 70 % du niveau initial. S’il n’est pas atteint, aucun coupon n’est payé pour la période concernée.
Le coupon mémoire
Le coupon mémoire est un mécanisme favorable à l’investisseur. Les coupons non versés ne sont pas nécessairement perdus immédiatement : ils sont conservés en mémoire.
Si le sous-jacent repasse ensuite au-dessus de la barrière, les coupons en attente peuvent être versés en même temps que celui de la période en cours.
Par exemple, après trois années sans coupon, une année suffisamment favorable peut entraîner le versement de quatre coupons en une seule fois.
Il faut toutefois en connaître la limite : si le sous-jacent ne repasse jamais au-dessus de la barrière, les coupons mémorisés sont définitivement perdus. L’effet mémoire ne garantit donc pas le paiement ; il le reporte seulement.
La barrière de protection du capital
Dans la grande majorité des produits, cette barrière n’est observée qu’à l’échéance. Elle fixe le seuil en dessous duquel le capital n’est plus préservé. Elle se situe souvent autour de 50 % ou 60 % du niveau initial.
L’effet cliquet
Présent dans certains montages, l’effet cliquet permet de sécuriser définitivement un niveau de performance atteint. Même si le sous-jacent baisse ensuite, le niveau enregistré ne peut plus être remis en cause.
Exemple concret : un produit structuré, scénario par scénario
Les caractéristiques du produit fictif
Prenons l’exemple d’un produit imaginaire baptisé « Horizon 2036 ». Il ne s’agit pas d’un produit commercial réel, mais d’un cas pédagogique construit à partir de caractéristiques courantes.
| Caractéristique | Valeur |
| Montant investi | 10 000 € |
| Sous-jacent | Indice actions européen, niveau initial fixé à 100 |
| Durée maximale | 10 ans |
| Dates de constatation | Annuelles |
| Coupon | 7 % par an, avec effet mémoire |
| Seuil de remboursement anticipé | 100 % du niveau initial |
| Barrière de coupon | 70 % du niveau initial |
| Barrière de protection du capital | 60 % du niveau initial, observée à l’échéance |
Scénario favorable : remboursement en année 3
| Année | Niveau de l’indice | Coupon versé | Explication |
| 1 | 65 | 0 € | Le niveau est sous la barrière de coupon. 7 % sont mis en mémoire. |
| 2 | 68 | 0 € | Le niveau reste sous 70. 14 % sont désormais en mémoire. |
| 3 | 105 | 2 100 € | Le seuil de 100 est dépassé : le produit est remboursé et les coupons en mémoire sont versés. |
Résultat : 10 000 € de capital, auxquels s’ajoutent 2 100 € de coupons, soit 12 100 € au total. Le gain atteint 21 % en trois ans, soit environ 6,6 % par an.
C’est dans ce type de situation que l’effet mémoire prend tout son sens : malgré deux premières années difficiles, l’investisseur récupère les coupons qui avaient été mis en attente.
Scénario neutre : remboursement à l’échéance avec coupons
Dans ce scénario, l’indice ne repasse jamais au-dessus de 100 à une date de constatation. Le produit va donc jusqu’à son terme. En revanche, le sous-jacent reste la plupart du temps au-dessus de 70 et termine à 85.
Les coupons sont versés lors des huit constatations où l’indice dépasse 70. Les deux coupons manquants sont ensuite récupérés grâce à l’effet mémoire.
Résultat : le capital de 10 000 € est remboursé intégralement puisque l’indice termine au-dessus de la barrière de protection fixée à 60. Avec 7 000 € de coupons, le montant total atteint 17 000 €, soit un gain de 70 % sur dix ans, environ 5,4 % par an.
L’indice a pourtant perdu 15 % sur la période. C’est précisément dans un marché stagnant ou légèrement baissier que ce type de produit peut faire mieux qu’un investissement direct.
Scénario défavorable n° 1 : la protection du capital fonctionne
L’indice baisse durablement. Il dépasse 70 uniquement en années 2 et 3, puis reste sous ce niveau jusqu’à l’échéance. Il termine à 65.
- En année 2, l’indice repasse au-dessus de 70 : le coupon de l’année et celui de l’année précédente sont versés, soit 1 400 €.
- En année 3, un coupon de 700 € est versé.
- De l’année 4 à l’année 10, aucun coupon n’est payé. Les sept coupons placés en mémoire ne seront finalement jamais récupérés.
- À l’échéance, l’indice vaut 65, donc reste au-dessus de la barrière de 60. Le capital est remboursé intégralement.
Résultat : 10 000 € de capital et 2 100 € de coupons, soit 12 100 € au total. Le gain est de 21 % sur dix ans, environ 1,9 % par an.
Le capital a bien été préservé. Mais cela n’en fait pas forcément un bon scénario : la performance annuelle peut être inférieure à celle d’un fonds en euros sur la même période, alors que le risque pris est nettement plus élevé.
Scénario défavorable n° 2 : une perte en capital
La trajectoire est similaire, mais l’indice termine à 45 au lieu de 65. Il a donc perdu 55 % par rapport à son niveau initial.
La barrière de 60 a été franchie. La protection ne s’applique plus et le remboursement suit la performance réelle de l’indice : vous récupérez 45 % de votre capital.
Résultat : 4 500 € de capital, auxquels s’ajoutent 2 100 € de coupons, soit 6 600 €. La perte atteint 34 % au bout de dix ans.
C’est le point essentiel à retenir : la protection fonctionne selon une logique de tout ou rien.
| Niveau de l’indice à l’échéance | Capital remboursé |
| 61 | 10 000 € |
| 59 | 5 900 € |
Deux points seulement séparent ces deux situations, mais l’écart de remboursement atteint 4 100 €. Il n’y a pas d’amortissement progressif : dès que la barrière est franchie, la perte suit la baisse du sous-jacent.
C’est ce que l’on appelle parfois l’effet falaise, et c’est pourquoi un produit structuré ne doit pas être considéré comme un placement prudent.
Capital garanti ou capital protégé : une distinction indispensable
Deux expressions qui ne veulent pas dire la même chose
Dans le langage courant, les termes « garanti » et « protégé » sont parfois utilisés comme s’ils étaient équivalents. En réalité, ils recouvrent deux situations différentes.
Avec un capital garanti, l’émetteur s’engage à rembourser 100 % du montant investi à l’échéance, quelle que soit l’évolution du sous-jacent. Cette sécurité a généralement pour contrepartie un rendement potentiel plus faible, car une grande partie de la mise doit être consacrée à la composante obligataire.
Avec un capital protégé, le remboursement intégral dépend d’une condition : le sous-jacent doit rester au-dessus de la barrière prévue à l’échéance. Si cette condition n’est pas remplie, la protection disparaît et le capital est exposé à la baisse du sous-jacent.
La plupart des produits proposés aujourd’hui, y compris ceux qui affichent une barrière de -50 %, relèvent de cette seconde catégorie. Dans la documentation, le terme à surveiller est donc « conditionnelle ». S’il apparaît, il s’agit d’une protection et non d’une garantie absolue.
Les différents types de barrières
Toutes les barrières ne présentent pas le même niveau de risque. Leur mode d’observation est déterminant.
La barrière européenne, observée uniquement à la date d’échéance, est la plus favorable et la plus répandue. Les fluctuations qui se produisent avant cette date n’ont pas de conséquence directe.
Un sous-jacent peut perdre 70 % en cours de vie puis revenir à -30 % à l’échéance : le capital reste alors intégralement remboursé.
La barrière américaine, observée en continu, est plus contraignante. Un seul franchissement, même temporaire, peut désactiver définitivement la protection.
Ces produits sont moins présents dans l’offre grand public, mais il reste important de vérifier systématiquement le mode d’observation.
Il faut également distinguer la barrière de protection du capital de la barrière de coupon. Elles peuvent avoir des niveaux différents et leurs conséquences ne sont pas les mêmes.
La solvabilité de l’émetteur : un risque à ne pas oublier
C’est un aspect souvent absent des présentations commerciales, alors qu’il est fondamental.
La garantie ou la protection annoncée est une promesse contractuelle de la banque émettrice. Elle ne repose pas sur un mécanisme collectif. Juridiquement, un produit structuré est un titre de créance.
Si la banque fait défaut, vous devenez l’un de ses créanciers et votre capital peut être perdu, même si le sous-jacent a parfaitement évolué.
Deux précisions méritent d’être retenues :
- les produits structurés ne sont pas couverts par le Fonds de garantie des dépôts et de résolution, qui protège les dépôts bancaires jusqu’à 100 000 € ;
- lorsqu’un produit est détenu comme unité de compte dans une assurance-vie, l’assureur garantit le nombre d’unités de compte, mais pas leur valeur. Le risque lié à l’émetteur reste donc à la charge de l’épargnant.
En pratique, il faut regarder attentivement l’identité et la solidité de l’émetteur, et pas seulement la formule proposée.
Les risques réels d’un produit structuré
Le risque de crédit de l’émetteur
C’est le risque le plus structurel et l’un des moins visibles. Il faut identifier l’émetteur et consulter sa notation de crédit, généralement indiquée dans le document d’informations clés (DIC) remis avant la souscription.
Le risque de remboursement anticipé et de réinvestissement
Le remboursement anticipé est souvent présenté comme le scénario idéal. C’est effectivement favorable pour le rendement annualisé, mais cela crée un risque de réinvestissement.
Un produit rappelé au bout d’un an vous rend votre capital, augmenté d’un coupon. Vous devez alors replacer cette somme dans des conditions qui peuvent être moins favorables.
Si le sous-jacent a progressé, les nouveaux produits proposés peuvent être construits sur des niveaux plus élevés, avec des barrières également plus hautes en valeur absolue.
Le rappel anticipé met donc fin au placement au moment où son mécanisme fonctionnait le mieux. Le taux annoncé, par exemple 7 % par an, ne correspond pas à un rendement garanti sur dix ans. Il s’applique uniquement pendant la durée réelle du produit, que vous ne contrôlez pas.
Le risque de liquidité
Un produit structuré est conçu pour être conservé jusqu’à son terme. Une sortie anticipée est généralement possible, mais elle se fait à la valeur de marché du moment. Celle-ci peut être nettement inférieure au montant investi, y compris pour un produit à capital garanti lorsque la garantie ne s’applique qu’à l’échéance.
La valeur de revente dépend notamment du niveau du sous-jacent et de l’évolution des taux d’intérêt, qui influence la composante obligataire. Il faut aussi tenir compte de l’écart entre le prix d’achat et le prix de vente, qui peut atteindre plusieurs points.
La règle pratique est simple : n’investissez jamais une somme dont vous pourriez avoir besoin avant la durée maximale du produit, et pas seulement avant la date de remboursement anticipé espérée.
Le risque de perte en capital
C’est le risque principal. Comme le montre l’effet falaise, une fois la barrière franchie, la perte correspond à la baisse totale du sous-jacent, sans mécanisme d’amortissement.
Il faut également se méfier de l’apparente solidité des barrières. Une barrière à -50 % sur dix ans peut sembler très protectrice, mais les indices actions européens ont déjà connu des baisses de cette ampleur à plusieurs reprises depuis 2000.
Le coût d’opportunité
Ce risque est plus discret, car il ne se traduit pas par une perte visible sur le relevé.
Dans notre scénario neutre, le produit rapporte 70 % sur dix ans et le capital est préservé. Sur la même période, un portefeuille d’ETF diversifié exposé au même marché aurait perçu les dividendes réinvestis et n’aurait pas été limité par le montant des coupons. Selon la trajectoire des marchés, l’écart peut être important.
Un produit structuré est conçu pour être performant dans un marché stable ou modérément baissier, mais il peut nettement sous-performer lorsque les marchés montent fortement. Ce n’est pas un défaut : c’est le principe même du produit. Il faut simplement en tenir compte dans la répartition globale de son patrimoine.
Frais et fiscalité des produits structurés
Les différents frais
Les frais sont parfois difficiles à repérer, car une grande partie d’entre eux n’apparaît pas clairement sur le relevé de compte.
La commission de structuration et de distribution est intégrée au prix d’émission. Vous investissez 10 000 €, mais la valeur financière réelle du produit au premier jour peut être inférieure.
La différence rémunère l’émetteur et le distributeur. Cette commission est généralement exprimée en pourcentage de la durée maximale du produit et figure dans le DIC, à la rubrique consacrée aux coûts. C’est l’un des premiers documents à demander.
Il faut ensuite ajouter les frais de l’enveloppe. Lorsqu’il est détenu dans une assurance-vie, le produit supporte les frais de gestion annuels du contrat, appliqués aux unités de compte. Des frais élevés réduisent mécaniquement le rendement réellement obtenu.
Des frais d’entrée ou d’arbitrage peuvent également s’appliquer, selon le distributeur. Chez Nalo, il n’y a ni frais d’entrée ni frais d’arbitrage.
Le bon réflexe consiste à raisonner en rendement net de frais et à comparer le coupon annoncé avec le montant qui restera réellement après les frais du contrat.
La fiscalité dans l’assurance-vie
L’assurance-vie est le cadre de détention le plus courant pour les produits structurés, notamment pour des raisons fiscales.
Tant qu’aucun rachat n’est effectué, les coupons et les gains ne sont pas imposés. Ils restent investis dans le contrat. L’imposition intervient au moment d’un retrait, uniquement sur la part de gains comprise dans la somme retirée.
Après huit ans de détention, un abattement annuel s’applique aux gains retirés : 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune.
Au-delà de cet abattement, les gains sont taxés à 7,5 % pour les primes n’excédant pas 150 000 €, ou à 12,8 % au-delà, auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux.
La durée de vie habituelle d’un produit structuré s’accorde donc assez bien avec le délai fiscal de huit ans de l’assurance-vie.
La fiscalité hors assurance-vie
Lorsqu’il est détenu sur un compte-titres ordinaire, le produit structuré relève du prélèvement forfaitaire unique.
Depuis 2026, les prélèvements sociaux sur les revenus du capital sont passés de 17,2 % à 18,6 %. Le PFU atteint donc désormais 31,4 %, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, contre 30 % auparavant.
L’option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu reste possible. Elle peut être intéressante pour les foyers faiblement imposés, mais elle s’applique globalement à l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers du foyer pour l’année concernée.
La durée de détention change-t-elle la fiscalité ?
Sur un compte-titres, non : le PFU s’applique de la même façon après un an ou après dix ans.
En assurance-vie, en revanche, la durée de détention est déterminante. Elle permet de bénéficier de l’absence d’imposition tant qu’aucun rachat n’est effectué, de l’abattement annuel après huit ans et du taux réduit de 7,5 % dans les conditions prévues.
C’est l’une des raisons pour lesquelles les produits structurés sont majoritairement proposés dans des contrats d’assurance-vie plutôt qu’en détention directe.
À quel investisseur s’adresse un produit structuré ?
Le profil adapté
Un produit structuré peut convenir à un épargnant qui réunit plusieurs conditions.
- Il faut d’abord avoir un horizon long et suffisamment certain. La durée maximale du produit doit rester compatible avec vos projets, sans compter uniquement sur un remboursement anticipé qui reste hypothétique. Si vous pouvez avoir besoin des fonds avant l’échéance, le produit n’est probablement pas adapté.
- Il faut ensuite accepter réellement le risque de perte en capital. La bonne question n’est pas seulement : « Suis-je à l’aise avec une barrière à -50 % ? » Il faut plutôt se demander : « Comment réagirais-je si je ne récupérais que 4 500 € sur les 10 000 € investis ? » Si ce scénario n’est pas acceptable, le produit ne l’est pas non plus.
Le produit structuré suppose également que votre patrimoine soit déjà organisé : épargne de précaution constituée et socle diversifié en place. Il doit rester une brique de diversification, pas le point de départ de votre stratégie.
Enfin, vous devez comprendre la formule. Si, après avoir lu la fiche produit, vous ne savez pas dans quelles conditions vous pouvez perdre de l’argent, mieux vaut ne pas souscrire.
À l’inverse, ce type de placement est peu adapté à un horizon court, à une épargne de précaution, à un investisseur qui recherche la simplicité ou à quelqu’un qui veut profiter de toute la hausse des marchés. Dans ce dernier cas, les ETF peuvent être plus appropriés.
Quelle part du patrimoine y consacrer ?
Il n’existe pas de pourcentage valable pour tout le monde. Un principe peut toutefois servir de garde-fou : la somme investie doit rester minoritaire dans le patrimoine financier, et une perte partielle ne doit remettre en cause aucun projet important.
Trois règles simples peuvent aider :
- ne jamais investir l’épargne de précaution ou l’argent prévu pour un projet à une date précise ;
- diversifier les dates d’émission et les émetteurs, plutôt que de concentrer une somme importante sur un seul produit ;
- considérer le produit structuré comme un complément d’un portefeuille diversifié, jamais comme son remplacement.
Comment y accéder ?
Les banques traditionnelles proposent régulièrement des produits structurés à leurs clients. Il faut toutefois être attentif aux frais d’entrée et aux commissions de distribution, qui peuvent être élevés.
Les conseillers en gestion de patrimoine offrent souvent un accompagnement plus personnalisé et peuvent donner accès à des produits négociés dans de meilleures conditions. Les niveaux de service et de frais varient cependant d’un professionnel à l’autre.
Les plateformes et courtiers en ligne proposent généralement des conditions plus compétitives, avec un accompagnement qui dépend beaucoup de l’acteur choisi.
Dans tous les cas, trois documents doivent être obtenus et lus avant de prendre une décision :
1.le document d’informations clés (DIC) ;
2.la brochure commerciale complète, et pas uniquement la page de synthèse ;
3.le détail des frais liés à l’enveloppe de détention.
Découvrir les produits structurés Nalo
Nalo propose des produits structurés accessibles dans le contrat d’assurance-vie Nalo Patrimoine. Selon les millésimes, ces produits peuvent intégrer une protection totale ou partielle du capital. Ils sont proposés sans frais d’entrée ni frais d’arbitrage.
Chaque produit est accompagné d’une documentation présentant sa formule, son sous-jacent, ses barrières et son émetteur. Les conseillers peuvent également vous aider à déterminer si un tel produit a sa place ou non dans votre allocation globale.







