Un oligopole est une structure de marché où un petit nombre d’entreprises représente une grande partie de l’offre, face à beaucoup de consommateurs.
Chaque entreprise dispose d’un pouvoir de marché, c’est-à-dire qu’elle peut influencer les prix ou les quantités produites, tout en tenant compte des réactions de ses concurrentes.
Exemple : sur le marché français des communications mobiles, quelques grands opérateurs de réseau (Orange, SFR, Bouygues Telecom, Free Mobile) détiennent l’essentiel des parts, aux côtés d’opérateurs virtuels (MVNO) qui restent minoritaires.
L’Essentiel
- Un oligopole est une forme de concurrence imparfaite où quelques entreprises dominent le marché.
- Les entreprises sont interdépendantes : leurs décisions de prix, quantité ou innovation se répondent.
- Les résultats peuvent se rapprocher d’un monopole (en cas de collusion) ou de la concurrence (dans certains modèles) sans que la structure cesse d’être oligopolistique.
- L’émergence de l’oligopole tient souvent à des barrières à l’entrée (coûts fixes, économies d’échelle, réglementation).
- Le droit de la concurrence vise à protéger le processus concurrentiel et le bien-être des consommateurs, pas à garantir une « équité » abstraite entre entreprises.
Comment fonctionne un marché oligopolistique ?
Dans un oligopole, les décisions d’une entreprise (prix, quantités, qualité, publicité, innovation) affectent directement les autres.
Les firmes sont donc interdépendantes : avant de décider, elles doivent anticiper la réaction de leurs concurrentes.
- Lorsque les entreprises coordonnent leurs comportements de manière explicite (cartel) ou tacite, le résultat peut se rapprocher de celui d’un monopole : prix plus élevés, quantités plus faibles, marges plus importantes.
- Dans d’autres configurations, notamment dans certains modèles où les entreprises se font concurrence par les prix sur des produits homogènes, l’issue peut être proche de la concurrence au sens des résultats (prix bas, marges faibles), même si la structure de marché reste une concurrence imparfaite.
Un marché oligopolistique n’est donc pas un marché de concurrence pure et parfaite : il manque l’atomicité (grand nombre d’offreurs) et, souvent, la libre entrée.
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Pour aller plus loin
Pourquoi des situations d’oligopole apparaissent-elles ?
Plusieurs mécanismes favorisent l’émergence et la persistance d’un oligopole :
- Coûts fixes et investissements très élevés : infrastructures lourdes, réseaux, licences, flottes de transport, etc.
Exemple : réseaux électriques, télécoms mobiles, certaines lignes aériennes. - Économies d’échelle : plus une entreprise produit, plus elle peut réduire ses coûts unitaires, ce qui renforce la position des acteurs déjà installés et rend l’entrée plus difficile pour de nouveaux concurrents.
- Barrières réglementaires ou techniques : réglementation sectorielle, normes de sécurité, autorisations administratives, accès à des ressources rares (fréquences hertziennes, infrastructures, matières premières).
Les brevets jouent un rôle important dans certains secteurs innovants, en accordant à une entreprise un monopole légal temporaire sur une invention.
Ce dispositif, à lui seul, ne crée pas un oligopole : il peut conduire à des situations très variées (monopole, concurrence entre plusieurs détenteurs de technologies, oligopole autour de quelques grandes firmes), selon le nombre d’acteurs innovants et la diffusion des technologies.
Encadrement juridique et politique de concurrence
Les marchés oligopolistiques font l’objet d’une surveillance spécifique par les autorités de concurrence, en France et en Europe.
L’objectif n’est pas de garantir une « concurrence équitable » au sens moral, mais de préserver le processus concurrentiel et le bien-être des consommateurs (prix, choix, qualité, innovation).
En pratique, plusieurs types de comportements sont examinés :
- Ententes et cartels : coordination explicite entre entreprises sur les prix, les quantités ou le partage des marchés, visée notamment par l’article 101 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE).
- Abus de position dominante : comportement d’une entreprise qui exploite sa puissance de marché au détriment des concurrents ou des consommateurs (article 102 TFUE).
- Concentrations : fusions et acquisitions susceptibles de réduire significativement la concurrence.
Les ententes qui ont pour objet ou pour effet de restreindre la concurrence sont en principe interdites, mais le droit prévoit des exemptions dans certains cas (par exemple des coopérations susceptibles d’améliorer la production, la distribution ou l’innovation, sous conditions).
Toutes les formes de coordination ou d’échange d’informations ne sont donc pas automatiquement illégales : tout dépend de leur objet, de leurs effets et du contexte de marché.
En France, l’Autorité de la concurrence et la DGCCRF interviennent, en lien avec la Commission européenne pour les dossiers affectant le marché intérieur de l’UE.
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Je découvre l’assurance-vie NaloLes principaux modèles économiques de l’oligopole
Pour analyser les stratégies des entreprises en oligopole, la microéconomie utilise des modèles de théorie des jeux :
- Modèles à la Cournot : les entreprises choisissent les quantités produites, en supposant que leurs concurrentes gardent leurs décisions inchangées ; le prix s’ajuste ensuite.
- Modélisation à la Stackelberg : une entreprise « leader » fixe sa quantité en premier, les autres réagissent ensuite ; l’ordre de décision compte.
- Modèles à la Bertrand : les entreprises se font concurrence en fixant les prix, en supposant que les consommateurs achètent au prix le plus bas (avec des hypothèses sur l’homogénéité des produits et la capacité de production).
L’issue de ces jeux est souvent décrite par l’équilibre de Nash, situation dans laquelle aucune entreprise n’a intérêt à modifier unilatéralement sa stratégie, compte tenu des choix des autres.
Oligopole, monopole et concurrence pure et parfaite : repères rapides
| Structure de marché | Nombre d’offreurs | Pouvoir de marché | Exemple théorique simplifié |
| Concurrence pure et parfaite | Très nombreux | Nul (price takers) | Marché agricole standardisé |
| Oligopole | Quelques-uns | Élevé, interdépendant | Télécoms, certaines lignes aériennes |
| Monopole | Un seul | Très élevé | Monopole légal sur un réseau local |
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Pour aller plus loin
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