Concurrence pure et parfaite

L’Essentiel

  • La concurrence pure et parfaite est une structure hypothétique de marché définir au XIXème siècle ;
  • Ses hypothèses sont l’atomicité, l’homogénéité, la fluidité, la transparence et la libre circulation des facteurs de production ;
  • Sa théorie est le fondement de celle de l’équilibre général des marchés.

La concurrence pure est parfaite correspond à une structure de marché théorisée au XIXème siècle par les économistes néoclassiques. Cette structure, soumise à des conditions ou hypothèses très strictes, permettrait d’atteindre un équilibre des prix et des quantités sur tous les marchés.

Hypothèses de la concurrence pure et parfaite

Il existe cinq conditions du marché : les trois premières pour que la concurrence soit “pure” et les deux suivantes pour qu’elle soit “parfaite”.

  • L’atomicité du marché : l’offre et la demande sont composées d’une grande multitude d’agents, si bien qu’un seul agent n’est pas en mesure d’influencer l’une ou l’autre ;
  • L’homogénéité des produits : un marché vaut pour un produit, tous sont jugés identiques et interchangeables en termes de qualité ou de caractéristiques. Tout produit différent constitue un nouveau marché. Seul le prix est donc susceptible de modifier le comportement de l’agent ;
  • La fluidité du marché : l’entrée ou la sortie du marché sont libres, tout agent peut s’y introduire sans condition ou barrière à l’entrée ou à la sortie. On ne peut s’opposer à l’entrée de nouveaux acteurs, qui viennent concurrencer ceux qui existaient déjà (pas de protectionnisme ou de numerus clausus par exemple) ;
  • La libre circulation des facteurs de production (le travail et le capital), qui peuvent se déplacer et aller là où ils sont le mieux rémunérés. La main d’œuvre est logiquement attirée là où il y a une demande de travail supérieure à l’offre. La libre circulation suppose l’absence à la fois de coûts et de délais de transport ;
  • La transparence de l’information : tout agent sait tout ce qu’il se passe sur le marché dans lequel il se situe, l’information est gratuite et immédiate, notamment celle portant sur les prix n’importe où sur le marché. Il n’y a aucune asymétrie d’information.

Selon ces conditions, on peut démontrer que le prix imposé est égal au coût marginal de la production. A long-terme, le profit des firmes sera donc nul. Une firme qui tentera de faire du profit en imposant des prix plus élevés ne pourra vendre ses produits car seul les prix déterminent l’achat de l’agent (les produits étant homogènes).

Intérêt et limites de la concurrence pure et parfaite

Ces conditions permettent d’obtenir un équilibre sur un marché, c’est l’équilibre partiel théorisé par Walras. De là, on peut atteindre l’équilibre général qui est celui de l’ensemble des marchés, formalisé par Arrow et Debreu. Ce modèle est très intéressant puisqu’il permet de mieux comprendre le processus de formation des prix parfaits, sans intervention extérieure, régie par une sorte de main invisible, concept développé par Adam Smith. Il apporte une simplification scientifique à la réalité multiforme.

Cependant, en pratique, ces hypothèses sont extrêmement restrictives et il est impossible de les remplir en totalité. Elles supposent en particulier que les agents économiques soient totalement rationnels ce qui est difficilement vérifiable. Le modèle peut être ainsi enrichi par des notions de concurrence imparfaite, comme la concurrence monopolistique par exemple.

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