En France, la retraite correspond au moment où vous cessez votre activité professionnelle et commencez à percevoir une pension versée par les régimes de retraite de base et complémentaires.
L’âge de départ et le montant de votre pension dépendent de votre année de naissance, du nombre de trimestres cotisés et, dans certains cas, de dispositifs spécifiques comme la retraite anticipée pour carrière longue ou le minimum contributif.
L’Essentiel
- L’âge légal de la retraite en France est relevé progressivement de 62 à 64 ans, avec un âge cible de 64 ans pour les personnes nées à partir de 1968.
- La durée de cotisation nécessaire pour une retraite de base à taux plein atteint 43 ans (172 trimestres) pour les générations les plus récentes.
- Des départs avant l’âge légal restent possibles via la retraite anticipée pour carrière longue, le handicap, l’inaptitude ou certaines incapacités professionnelles.
- Les fonctionnaires sont également concernés par le report de l’âge légal et l’allongement de la durée d’assurance, avec des règles spécifiques selon les corps.
- Le minimum contributif et le minimum vieillesse offrent une pension minimale aux retraités les plus modestes, avec des montants revalorisés en 2026.
Comment fonctionne l’âge de la retraite en France ?
L’âge légal de départ à la retraite est l’âge minimum à partir duquel vous pouvez demander votre retraite de base.
Depuis la réforme des retraites de 2023, il est relevé progressivement, par paliers de trois mois par génération, pour atteindre 64 ans pour les personnes nées à partir de 1968.
- Pour les générations nées avant le 1er septembre 1961, l’âge légal reste fixé à 62 ans.
- Pour celles nées à partir du 1er septembre 1961 et avant 1968, l’âge légal augmente de 62 ans à 64 ans, à raison de 3 mois supplémentaires par année de naissance.
- Pour les personnes nées à partir du 1er janvier 1968, l’âge légal cible est de 64 ans.
Pour obtenir une retraite de base à taux plein (sans décote), vous devez soit :
- valider une durée d’assurance d’environ 43 ans, soit 172 trimestres pour les générations les plus récentes,
- soit attendre l’âge d’annulation de la décote, fixé à 67 ans, même si vous n’avez pas tous vos trimestres.
Exemple : une personne née en 1968 devra, en principe, attendre 64 ans et justifier d’environ 172 trimestres pour bénéficier d’une retraite de base à taux plein, sauf cas de départ anticipé (carrière longue, handicap, inaptitude…).
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Pour aller plus loin
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La réforme des retraites de 2023 :
La loi de financement rectificative de la Sécurité sociale pour 2023 a profondément modifié les règles de départ à la retraite.
Les principaux changements sont :
- Recul progressif de l’âge légal de départ de 62 ans à 64 ans, entre 2023 et 2030, à raison de trois mois par génération.
- Accélération de la montée à 43 ans de durée de cotisation pour une retraite à taux plein d’ici 2027.
- Élargissement du dispositif de retraite anticipée pour carrière longue, notamment pour ceux qui ont commencé à travailler avant 21 ans.
- Suppression ou transformation de plusieurs régimes spéciaux pour les nouveaux embauchés.
Des mesures de revalorisation ont également été mises en œuvre pour les pensions de base et certains minima (minimum contributif, minimum vieillesse), afin de préserver le pouvoir d’achat des retraités.
Retraite anticipée : comment partir avant l’âge légal ?
Certaines situations permettent un départ à la retraite avant l’âge légal, tout en bénéficiant d’une pension de base à taux plein.
Les principaux dispositifs sont :
- Retraite anticipée pour carrière longue (début d’activité jeune + durée d’assurance suffisante).
- Retraite anticipée en cas de handicap, d’inaptitude au travail ou d’incapacité permanente liée à un accident du travail ou une maladie professionnelle.
Dans tous les cas, il faut remplir des conditions d’âge et de nombre de trimestres cotisés (et parfois “réputés cotisés”, c’est‑à‑dire assimilés à des périodes de travail, comme certaines périodes de chômage, maladie ou maternité).
Carrière longue : partir avant 64 ans
Le dispositif de retraite anticipée pour carrière longue s’adresse aux personnes ayant commencé à travailler tôt et ayant cotisé sur une longue durée.
Il permet, sous conditions, de partir avant l’âge légal tout en obtenant une retraite de base à taux plein.
En 2026, les grandes lignes du dispositif sont les suivantes :
- Début de carrière avant 16 ans : départ possible à partir de 58 ans, si vous remplissez le nombre de trimestres requis.
- Début de carrière avant 18 ans : départ possible à partir de 60 ans.
- Début de carrière avant 20 ans : départ possible entre 60 et 62 ans selon votre génération et vos trimestres.
- Début de carrière avant 21 ans : départ possible à partir de 63 ans.
Dans tous les cas, vous devez :
- avoir validé un nombre minimal de trimestres avant un âge donné (par exemple 5 trimestres avant la fin de l’année de vos 20 ans pour un départ à 60 ans),
- totaliser la durée d’assurance requise pour votre génération (environ 167 à 172 trimestres).
Exemple : un assuré né en 1966 qui a validé 5 trimestres avant la fin de l’année de ses 16 ans et totalise 172 trimestres cotisés peut, sous réserve des règles applicables à sa génération, prétendre à un départ anticipé vers 58 ans.
Pour vérifier vos droits, il est fortement recommandé de consulter votre espace personnel sur le site de l’Assurance retraite (info‑retraite.fr ou lassuranceretraite.fr) et de demander, si besoin, un rendez‑vous personnalisé.
Fonctionnaires : ce qui change pour la retraite
La réforme des retraites concerne aussi les fonctionnaires, qu’ils soient civils ou militaires.
Le principe est similaire au privé : l’âge légal de départ est progressivement relevé et la durée d’assurance exigée pour une retraite à taux plein est alignée sur celle des autres régimes (environ 172 trimestres pour les générations les plus récentes).
Les pensions civiles et militaires ont fait l’objet de plusieurs revalorisations depuis 2023, afin de tenir compte notamment de l’inflation.
La retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP) a également été relevée, ce qui augmente légèrement la pension globale pour les agents qui y ont acquis des droits.
Dans la fonction publique, certains emplois sont classés en catégories « actives » ou « super‑actives », ce qui permet un départ plus précoce que dans les emplois dits « sédentaires », en raison de la pénibilité ou des contraintes du métier.
La réforme a relevé de 2 ans l’âge minimal de départ pour ces catégories : par exemple, l’âge passe de 57 à 59 ans pour de nombreux emplois de catégorie active, et de 52 à 54 ans pour des emplois de catégorie super‑active, selon les textes applicables.
Attention toutefois : l’appartenance d’un métier concret (policier, pompier, contrôleur aérien, etc.) à la catégorie « active » ou « super‑active » dépend de son statut précis et des textes réglementaires qui le régissent.
Pour connaître l’âge minimal de départ applicable à votre situation, il est indispensable de vérifier votre dossier auprès de votre administration (service RH) ou via les sites officiels dédiés à la retraite des fonctionnaires.
Par ailleurs, l’accès à la retraite progressive a été élargi aux fonctionnaires.
Cela permet de réduire son temps de travail en fin de carrière tout en percevant une partie de sa pension, afin de passer plus progressivement de la vie active à la retraite.
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Je découvre l’assurance-vie NaloAnnée de naissance : quel impact sur l’âge de départ ?
Votre année de naissance détermine l’âge légal de départ, mais aussi la durée de cotisation nécessaire pour une retraite à taux plein.
- Avant le 1er septembre 1961 : âge légal 62 ans, avec une durée d’assurance dépendant de votre génération (environ 166 à 168 trimestres).
- Entre le 1er septembre 1961 et le 31 décembre 1967 : âge légal progressif de 62 ans à 64 ans, avec un décalage de 3 mois par année de naissance.
- À partir du 1er janvier 1968 : âge légal cible 64 ans, avec une durée d’assurance d’environ 43 ans (172 trimestres).
Ces paramètres peuvent encore évoluer en fonction des arbitrages politiques et d’éventuelles nouvelles réformes ; il convient donc de vérifier régulièrement les informations sur service‑public.fr ou travail‑emploi.gouv.fr.
Retraite complémentaire : valeur du point et revalorisations
Au‑delà de la retraite de base, la plupart des salariés perçoivent une retraite complémentaire, notamment via le régime Agirc‑Arrco.
Son montant dépend du nombre de points acquis tout au long de la carrière et de la valeur du point au moment de la liquidation.
- La valeur du point Agirc‑Arrco est révisée en principe chaque année au 1er novembre, en fonction de l’inflation et de la situation financière du régime.
- Des revalorisations significatives ont été accordées depuis 2023, avec une hausse de près de 4,9% au 1er novembre 2023 pour environ 13 millions de retraités du privé.
- D’autres régimes complémentaires (professions libérales, indépendants) disposent de leurs propres valeurs de points et calendriers de revalorisation.
Pour connaître la valeur actualisée du point et ses effets sur votre future pension, il est conseillé de consulter directement le site de votre régime (par exemple agirc‑arrco.fr).
Minimum contributif et minimum vieillesse :
Le minimum contributif est un mécanisme qui garantit une pension de retraite de base minimale aux assurés qui ont cotisé sur de faibles salaires mais sont partis à la retraite à taux plein.
Il est attribué sous conditions de ressources “retraite” (plafond de montant total des pensions de base et complémentaires) et de durée d’assurance.
En 2026, les montants bruts mensuels maximum indicatifs du minimum contributif sont les suivants :
| Type de minimum | Montant brut mensuel maximum en 2026 | Conditions principales |
| Minimum contributif de base | 756,29 € | Retraite de base à taux plein, total des pensions ne dépassant pas le plafond réglementaire |
| Minimum contributif majoré | Jusqu’à 903,93 € | Taux plein + au moins 120 trimestres cotisés, sous plafond de pensions |
Le minimum vieillesse, aujourd’hui appelé Aspa (allocation de solidarité aux personnes âgées), est une prestation qui garantit un niveau minimal de ressources aux retraités aux revenus très faibles.
Il est attribué sous conditions d’âge, de résidence en France et de ressources du foyer.
Contrairement au Smic, l’Aspa est indexée sur l’inflation, afin de suivre l’évolution du coût de la vie.
En 2026, l’Aspa est portée à :
- 1 043,59 € par mois pour une personne seule.
- 1 620,18 € par mois pour un couple.
Exemple : un retraité vivant seul, dont la pension totale est inférieure à ce montant, peut percevoir un complément d’Aspa pour atteindre 1 043,59 € mensuels, sous réserve de remplir les autres conditions (âge, résidence, ressources).
Peut‑on partir à la retraite à 60 ans avec 168 trimestres ?
Partir à la retraite à 60 ans avec 168 trimestres reste possible, mais uniquement dans le cadre de la carrière longue, et sous réserve des conditions d’âge de début d’activité et des règles applicables à votre génération.
- Vous devez en principe avoir validé un nombre minimal de trimestres avant un certain âge (par exemple 5 trimestres avant la fin de l’année de vos 20 ans pour un départ à 60 ans).
- Vous devez également totaliser la durée d’assurance requise pour votre génération (168 trimestres peut être suffisant pour certaines générations, mais le seuil peut monter jusqu’à 172 trimestres).
Exemple : une personne née au milieu des années 1960, ayant commencé à travailler avant 18 ou 20 ans et totalisant 168 trimestres, peut, selon les règles applicables à sa génération et à la réforme, prétendre à un départ à 60 ans au titre de la carrière longue.
Les règles ayant évolué avec la réforme et ses ajustements, il est indispensable de vérifier votre situation exacte auprès de l’Assurance retraite (relevé de carrière, simulateur en ligne, rendez‑vous conseil).
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Pour aller plus loin
L’indice S&P 500 en bourse expliqué
FAQ
À quel âge puis‑je partir à la retraite en France ?
Votre âge de départ dépend de votre année de naissance, du nombre de trimestres validés et de votre situation (salarié, fonctionnaire, carrière longue, handicap…). Pour les générations les plus récentes, l’âge légal cible est de 64 ans.
Comment savoir si je suis éligible à la retraite pour carrière longue ?
Vous devez avoir commencé à travailler jeune (avant 16, 18, 20 ou 21 ans selon les cas) et totaliser un certain nombre de trimestres cotisés. La vérification se fait via votre relevé de carrière et votre espace personnel sur info‑retraite.fr ou lassuranceretraite.fr.
Quelle est la différence entre minimum contributif et minimum vieillesse (Aspa) ?
Le minimum contributif complète une retraite de base à taux plein pour les personnes ayant cotisé sur de bas salaires, alors que le minimum vieillesse (Aspa) est une allocation de solidarité destinée aux retraités aux revenus très modestes, sous conditions de ressources. site de l’Assurance retraite pour connaître précisément son âge de départ.
