Le private equity, ou capital-investissement, est une classe d’actifs dite « alternative » qui consiste à investir dans le capital d’entreprises non cotées en Bourse : startups, TPE, PME ou ETI plus matures.
- Contrairement aux actions cotées, que l’on achète en quelques clics sur un compte-titres ou un PEA, ces titres ne sont pas accessibles via le marché boursier traditionnel.
- Ces investissements servent à financer des étapes clés de la vie de l’entreprise : lancement, développement, changement d’actionnariat, transmission ou redressement.
- En échange de ce capital, les investisseurs espèrent une plus‑value lors de la revente de leurs parts (vente à un industriel, introduction en Bourse, rachat par un autre fonds, etc.).
- L’horizon de placement est long : souvent entre 8 et 12 ans, voire davantage, car il faut du temps pour que les plans de croissance soient exécutés, que la valeur de l’entreprise progresse et que les opérations de sortie se concrétisent.
En pratique, le private equity se pense donc comme une brique patrimoniale de long terme, qui vient compléter un patrimoine déjà bien structuré plutôt qu’un placement de court terme.
Le private equity dans la famille des actifs non cotés
Le private equity appartient à la grande famille des actifs non cotés, qui regroupe plusieurs sous‑catégories d’investissements hors marchés boursiers.
- Private equity (capital-investissement)
Investir au capital d’entreprises non cotées (venture, growth, LBO…), sur un horizon de 8 à 12 ans. - Dette privée
Accorder des prêts directs à des entreprises, avec un profil plutôt défensif et un horizon de 4 à 7 ans. - Infrastructure
Financer des actifs physiques essentiels (réseaux, transport, énergie, etc.) avec des horizons très longs, souvent entre 10 et 20 ans. - Immobilier non coté
Investir dans des véhicules immobiliers hors Bourse, sur des horizons généralement compris entre 8 et 15 ans.
Plus de 99 % des entreprises dans le monde ne sont pas cotées en Bourse, ce qui signifie que le private equity ouvre l’accès à un univers économique très vaste, invisible depuis un simple portefeuille d’actions cotées.
Pourquoi le private equity intéresse autant d’investisseurs ?
1. Une classe d’actifs en plein essor
La demande pour le private equity progresse fortement à l’échelle mondiale, notamment parce que les investisseurs cherchent des solutions capables de délivrer du rendement dans un environnement marqué par des taux d’intérêt longtemps bas et des marchés cotés volatils.
De nouveaux cadres réglementaires comme les FCPR au format evergreen ou plus largement « retail » rendent enfin ces stratégies accessibles à des clients patrimoniaux et non plus seulement aux investisseurs institutionnels.
En France, les FCPR, FCPI ou FIP permettent à des particuliers de se positionner sur le non coté via des véhicules collectifs, parfois logés dans une assurance‑vie.
En parallèle, des solutions comme le crowdfunding en capital ont démocratisé l’accès au private equity en permettant d’entrer au capital de jeunes entreprises pour des montants plus modestes, en jouant un rôle proche de celui d’un business angel, mais dans un cadre plus encadré et mutualisé.
2. Une brique de diversification patrimoniale
Plus de 99 % des entreprises dans le monde ne sont pas cotées, ce qui signifie qu’un portefeuille composé uniquement d’actions cotées passe à côté d’une grande partie du tissu économique.
Le private equity permet de corriger partiellement ce biais en exposant l’investisseur à des PME et ETI, des sociétés régionales, des entreprises familiales ou des sociétés innovantes qui ne se financent pas via les marchés publics.
Cette exposition apporte plusieurs bénéfices :
- Diversification sectorielle et géographique : les entreprises financées peuvent opérer sur des niches, des marchés locaux ou des secteurs peu représentés en Bourse.
- Décorrélation partielle : la valorisation des fonds non cotés ne fluctue pas au quotidien au rythme des marchés boursiers, mais suit l’évolution de l’activité réelle des entreprises (croissance, marges, transactions comparables).
- Contribution à l’économie réelle : les capitaux apportés servent directement à financer la croissance, les embauches, l’innovation et parfois la transmission d’entreprises.
Les grandes stratégies de private equity (dites sans jargon)
Le private equity se décline en plusieurs grandes stratégies, chacune correspondant à un stade de maturité de l’entreprise et à un profil rendement/risque différent.
- Venture capital / capital-amorçage
- Cible : startups en phase d’amorçage ou de forte croissance.
- Objectif : financer le lancement, la R&D, les premiers recrutements, le marketing de démarrage.
- Profil de risque : très élevé, avec une dispersion extrême : beaucoup de dossiers se soldent par des pertes, mais quelques « gagnants » peuvent générer des multiples très élevés.
- Growth capital / capital-développement
- Cible : entreprises déjà rentables, en forte croissance, qui doivent financer une montée en puissance (nouveaux marchés, nouveaux produits, acquisitions).
- Objectif : accélérer un modèle économique déjà validé, souvent via des investissements ciblés ou des opérations de croissance externe.
- Profil de risque : élevé, mais plus contenu que le venture, avec une création de valeur surtout opérationnelle (augmentation du chiffre d’affaires, amélioration de l’EBITDA).
- Buyout / LBO (capital-transmission)
- Cible : entreprises matures, rentables, souvent en phase de transmission (changement de propriétaire, sortie d’un groupe, passage de relais familial).
- Mécanisme : rachat de la société via une combinaison de fonds propres et de dette (LBO), l’objectif étant d’améliorer la rentabilité, de restructurer le capital et de créer de la valeur avant une sortie future.
- Profil de risque : modéré à élevé ; en France, cette stratégie est historiquement l’une des plus performantes sur longue période, avec un TRI moyen autour de 14 % depuis l’origine pour certains indices de buyout.
- Capital-retournement
- Cible : entreprises en difficulté présentant un potentiel de redressement.
- Objectif : restructurer l’entreprise (finances, organisation, gouvernance) pour la ramener vers la profitabilité et préparer une sortie.
- Profil de risque : très élevé et marginal en volume, car ce segment représente moins de 2 % des opérations de private equity en France.
Small / Mid / Large buyout : la taille compte
Au sein du buyout, on distingue plusieurs segments selon la taille (valorisation) des entreprises financées.
- Small buyout (10 à 100 M€)
PME souvent dirigées par leur fondateur, avec un fort potentiel de transformation : structuration de la gouvernance, renforcement de l’équipe de direction, expansion géographique, croissance externe.- Avantage : potentiel de création de valeur élevé grâce à la transformation de l’entreprise.
- Risque : sociétés plus petites, donc plus sensibles aux chocs économiques.
- Mid buyout (100 M€ à 1 Md€)
ETI déjà bien établies, rentables, structurées, avec des relais de croissance encore importants.- Avantage : bon équilibre entre potentiel de croissance et maturité, apprécié des investisseurs.
- Risque : concurrence forte entre fonds pour accéder aux meilleurs dossiers.
- Large buyout (> 1 Md€)
Grandes entreprises, souvent leaders sectoriels, avec des modèles économiques éprouvés.- Avantage : entreprises généralement plus solides, bien diversifiées, avec des cash‑flows importants.
- Risque : potentiel de croissance parfois plus limité et valorisations plus élevées à l’entrée.
De nombreux gérants, dont Flexstone, privilégient un biais small/mid‑market, car c’est là que la création de valeur opérationnelle peut être la plus forte, même si ces entreprises sont plus exposées aux cycles économiques.
D’où vient la performance du private equity ?
1. La prime d’illiquidité
En acceptant de bloquer son capital pendant 8 à 10 ans, l’investisseur renonce à la liquidité offerte par les marchés cotés.
En échange, il vise un supplément de rendement, appelé prime d’illiquidité, qui explique en partie pourquoi un indice global de private equity a pu délivrer sur certaines périodes une performance annuelle supérieure à celle d’un indice actions mondiales comme le MSCI World (par exemple 12,3 % vs 7,8 % sur 2006–2024).
2. La création de valeur opérationnelle
Les gérants de private equity ne se contentent pas d’apporter des capitaux : ils accompagnent activement les entreprises : recrutement de dirigeants, structuration de la fonction finance, mise en place d’indicateurs de performance, acquisitions externes, internationalisation.
Cette intervention directe sur le business (augmentation du chiffre d’affaires, amélioration des marges, optimisation de l’EBITDA) est au cœur de la création de valeur, au‑delà du simple effet de levier financier.
3. L’accès à l’univers non coté
Enfin, la performance du private equity vient aussi du fait qu’il donne accès à des milliers de PME et ETI qui ne sont pas en Bourse, et qui peuvent croître plus vite que certaines grandes capitalisations cotées, tout en restant sous le radar du grand public.
Cela permet de capter des moteurs de croissance différents et plus diversifiés, tout en finançant directement l’économie réelle.
Performance, diversification et stabilité apparente
Un indicateur global de private equity a montré, sur la période 2006–2024, une performance annualisée supérieure à celle d’un grand indice actions mondiales, tout en restant exposé au risque économique.
La valorisation des fonds non cotés n’est cependant pas réalisée tous les jours : elle repose sur des reportings trimestriels, des comparables de transactions et des analyses de flux de trésorerie, plutôt que sur un cours de Bourse en continu.
Cela donne une impression de stabilité (la courbe est plus lissée), mais ne supprime pas le risque de perte en capital : les entreprises peuvent toujours connaître des difficultés, voire faire faillite.
La fameuse « courbe en J » expliquée simplement
Un fonds de private equity suit souvent une trajectoire de valeur appelée « courbe en J » :
- Phase initiale (années 1–3)
La valeur du fonds peut être inférieure au capital versé, car les frais de gestion sont prélevés alors que les investissements sont encore en construction et peu valorisés. - Phase de montée en puissance (à partir de 4–5 ans)
Les entreprises en portefeuille commencent à générer de la croissance, les premières cessions ont lieu, et la valeur du fonds remonte progressivement au‑dessus du capital initial, formant ainsi le « J ».
Les fonds qui reposent fortement sur le secondaire (rachat de parts de fonds déjà constitués) atténuent cette courbe : le portefeuille est déjà composé d’entreprises plus matures, certaines proches de la sortie, ce qui raccourcit la phase de creux et accélère les distributions.
C’est l’un des atouts d’un fonds comme Flexstone PE Opportunities, dont environ 79 % du portefeuille est investi en secondaire.
Primaire, secondaire, co‑investissement : trois portes d’entrée
Un même fonds de private equity peut combiner plusieurs approches d’investissement.
- Primaire
Souscription à un fonds lors de sa levée, avec un portefeuille « à l’aveugle » au départ, une courbe en J marquée et des frais pleins. - Secondaire
Rachat de parts de fonds existants, souvent avec une décote à l’entrée : le portefeuille est déjà visible, la courbe en J est atténuée et les distributions peuvent intervenir plus tôt. - Co‑investissement
Participation directe au capital d’une entreprise aux côtés d’un gérant principal, ce qui réduit la double couche de frais (fonds de fonds + fonds sous‑jacents).
Fonds fermé vs fonds evergreen : deux architectures différentes
Pour l’investisseur final, la structure juridique du fonds change beaucoup l’expérience vécue.
- Fonds fermé classique
- Durée de vie : 10 à 12 ans, définie dès l’origine.
- Souscription : appels de fonds échelonnés sur plusieurs années, le capital est injecté au fur et à mesure que le gérant trouve des opportunités.
- Liquidité : quasi‑nulle avant la fin du fonds, sauf marché secondaire spécifique.
- Fonds evergreen (cas de Flexstone)
- Durée de vie : théoriquement perpétuelle (cadre FCPR jusqu’à 99 ans).
- Souscription : versement unique, investi rapidement dans un portefeuille déjà constitué (environ 150 sociétés dans le cas décrit).
- Liquidité : possibilité de rachats trimestriels après une période de blocage initial, sous réserve de « gates » qui plafonnent les sorties en cas de tension de liquidité.
Le fonds mis en avant par Nalo est un FCPR evergreen avec un ticket d’entrée autour de 10 000 € pour la part R, un blocage initial jusqu’à une date donnée, puis des fenêtres de rachat trimestrielles avec préavis de 90 jours.
Pour qui le private equity est‑il adapté ?
La formation insiste sur trois prérequis avant d’envisager le private equity.
- Une épargne de précaution constituée
L’investisseur doit disposer de 6 à 12 mois de dépenses courantes en liquidités (livrets, fonds euros, etc.) avant de bloquer du capital à long terme. - Un horizon de placement réel d’au moins 8 ans
Le montant investi en private equity ne doit pas être nécessaire pour financer un projet important (résidence principale, études, etc.) avant cette échéance. - Un portefeuille coté déjà structuré
Le private equity n’est pas un premier placement : il vient compléter un portefeuille actions/obligations diversifié, en tant que brique « satellite ».
En règle générale (non normative), une allocation de 10 à 20 % du patrimoine financier liquide peut être envisagée pour le private equity, avec une fourchette de 5 à 10 % recommandée dans le cas du fonds Flexstone, compte tenu de son profil de risque élevé (SRI 6/7).
Quels sont les principaux risques ?
Investir en private equity comporte plusieurs risques importants.
- Risque de perte en capital
Les entreprises financées peuvent ne pas atteindre leurs objectifs, être cédées à un prix inférieur aux attentes, voire faire faillite, ce qui peut entraîner des pertes partielles ou totales. - Risque de liquidité
Le capital est bloqué pendant plusieurs années ; même dans un format evergreen avec des fenêtres de rachat trimestrielles, des « gates » peuvent limiter le montant total remboursable à chaque période. - Risque de valorisation
La valeur des parts repose sur des modèles, des comparables de transactions et des hypothèses, ce qui peut conduire à des écarts entre la valeur estimée et le prix effectivement obtenu lors des sorties. - Risque lié aux gérants et au contexte économique
La qualité du gérant (sélection des dossiers, suivi, discipline de sortie) est déterminante, tout comme le contexte macroéconomique (taux d’intérêt, croissance, conditions de crédit).
Frais d’un fonds de private equity (format retail) :
Un fonds de private equity retail comme Flexstone PE Opportunities présente généralement les éléments suivants.
- Frais de gestion : autour de 2 % par an sur la valeur liquidative pour la part retail, prélevés chaque année.
- Commission de surperformance : par exemple 10 % au‑delà d’un certain seuil de performance (hurdle), calculée de façon annualisée, avec mécanisme de High Water Mark.
- Autres frais : frais divers alloués à la part (droit de garde, frais administratifs) qui restent modestes mais à intégrer dans le coût global.
En parallèle, les risques principaux à garder en tête sont : perte en capital, illiquidité, risque de valorisation, risque lié aux gérants sous‑jacents, risque de marché et de change, sans oublier l’impact des frais sur la performance nette.
A noter : Le High Water Mark (« ligne des plus hautes eaux ») garantit que le gérant ne prélève une commission de performance que si le fonds dépasse son plus haut niveau historique. Il faut donc d’abord rattraper les pertes passées avant que le gérant soit à nouveau rémunéré.
Exemple : le fonds monte à 120 € (commission prélevée, HWM fixé à 120 €), puis retombe à 100 €, puis remonte à 115 € → aucune commission, car on est toujours sous les 120 €. Le gérant ne sera rémunéré qu’au-delà de 120 €.
L’intérêt : l’investisseur ne paie pas deux fois pour la même performance.
Le rôle clé du gérant et du « track record »
L’écart entre un fonds de private equity top quartile et un fonds médian peut représenter plusieurs points de TRI par an, cumulés sur 8 à 10 ans, ce qui transforme fortement le résultat final. Autrement dit, la moyenne du marché ne dit rien de ce que vous obtiendrez avec un gérant donné : le choix du gérant est central.
Le marché français et européen est dominé par quelques grands acteurs disposant d’une forte capacité de sélection et de suivi (Ardian, Eurazeo, EQT, Blackstone, etc.), chacun avec sa stratégie, sa taille de tickets et son accès aux meilleures opportunités.
Flexstone Partners se positionne sur ce terrain avec un long historique sur les stratégies primaires, secondaires et de co‑investissement, en sélectionnant des fonds et co‑investissements généralement réservés aux institutionnels.
Quelques notions clés à connaître (mini lexique)
- TRI (Taux de Rendement Interne)
Rendement annualisé qui tient compte des dates exactes de tous les flux (entrées et sorties), indicateur de référence pour comparer des investissements illiquides. - MOIC (Multiple on Invested Capital)
Montant total retourné pour 1 € investi (un MOIC de 2,5 signifie que 1 € investi a généré 2,5 € à la sortie), sans tenir compte de la durée. - Millésime
Année de constitution d’un fonds ou d’un investissement ; diversifier par millésime permet de lisser les points d’entrée dans le temps. - Courbe en J
Forme de la courbe de valeur d’un fonds de private equity : baisse initiale liée aux frais et à la montée en charge des investissements, puis remontée au fil des distributions.
Private equity : par où commencer concrètement ?
Pour un épargnant patrimonial qui découvre le private equity, une démarche prudente peut suivre ces étapes :
- Vérifier les fondamentaux (épargne de précaution, horizon long, portefeuille coté diversifié).
- Définir une cible d’allocation raisonnable, en pourcentage du patrimoine financier liquide, sans surpondérer cette classe d’actifs.
- Comparer les solutions disponibles (type de fonds, part de secondaire vs primaire, format evergreen ou fermé, frais, SRI, contraintes de rachat).
- S’assurer de bien comprendre les contraintes de liquidité (durée de blocage, préavis, gates) avant de souscrire.
Le private equity est une brique avancée, potentiellement puissante, mais qui nécessite une bonne compréhension de ses mécanismes, de ses risques et de son horizon de temps.
C’est justement pour cela que le mieux reste d’en parler de vive voix : prenez rendez-vous avec l’un de nos conseillers pour évaluer si cette classe d’actifs a sa place dans votre allocation.
