Préparer sa retraite : PER ou assurance-vie ?

PER ou assurance-vie

L’essentiel :

  • Plusieurs placements peuvent vous permettre de préparer votre retraite. C’est le cas, en premier lieu, du PER. Il est également possible de le faire avec une assurance-vie.
  • Si le PER est spécialement destiné à la préparation d’une retraite complémentaire, ce n’est pas le cas de l’assurance-vie. Celle-ci poursuit un objectif plus global de transmission patrimoniale.
  • L’assurance-vie reste cependant un placement très intéressant pour préparer votre retraite, en remplacement ou en complément du PER.
  • Choisir entre PER ou assurance-vie dépend essentiellement de votre situation et de vos objectifs à long terme.

Il est fréquent de se demander que choisir entre PER et assurance-vie pour préparer sa retraite. Si le rôle initial de l’assurance-vie n’est pas de constituer une retraite complémentaire, elle dispose pourtant de nombreux atouts face au PER.

Afin de faire le bon choix entre PER ou assurance-vie, il est important de bien comprendre les caractéristiques de ces deux placements.

En savoir plus : Comment bien investir pour préparer sa retraite ?

PER ou assurance-vie : la phase d’épargne

Avantages fiscaux en phase d’épargne

Les versements volontaires sur le nouveau PER peuvent faire l’objet d’une déduction fiscale. L’assiette de l’impôt sur le revenu diminue alors, sous certaines limites, du montant de l’épargne versée.

Cette déduction fiscale est finalement assez peu intéressante pour les foyers peu ou pas imposés, puisqu’elle est proportionnelle à leur taux de prélèvement. Elle profite surtout aux foyers dont le taux marginal d’imposition est supérieur à 30 % et baissera à la retraite.

En savoir plus : Que vaut le nouveau PER ?

Il est possible de renoncer à cette déduction fiscale, afin de bénéficier d’une fiscalité plus favorable à la sortie.

L’assurance-vie ne présente quant à elle pas d’avantages fiscaux particuliers en phase d’épargne.

Disponibilité des fonds

L’épargne placée sur un PER est bloquée jusqu’à l’âge de la retraite, sauf accidents de la vie et acquisition de la résidence principale. Ce manque de souplesse peut s’avérer pénalisant, en particulier pour les épargnants âgés de moins de 55 ou 60 ans, encore éloignés de l’âge de la retraite.

Dans le cadre de l’assurance-vie, le capital n’est pas bloqué. Vous pouvez faire des retraits à votre guise.

PER ou assurance-vie : la phase de sortie

Modalités de sortie

La sortie du PER s’effectue à l’âge de la retraite. L’épargnant peut à cette occasion choisir une sortie en rente viagère, une sortie en capital, ou bien un mélange des deux. La rente permet de recevoir un revenu tous les mois jusqu’au décès.

Le titulaire d’une assurance-vie peut effectuer un ou plusieurs rachats au cours de la vie du contrat, jusqu’à épuisement du capital. Il peut également choisir de recevoir une rente, de la même façon que pour le PER.

Avantages fiscaux à la sortie

Le PER ne prévoit pas d’avantages particuliers lors de la sortie. Il fonctionne surtout comme un outil de lissage de l’impôt sur le revenu dans le temps : l’épargnant est essentiellement taxé à la retraite.

Cela peut être favorable pour les foyers dont le taux d’imposition baisse à la retraite… Mais beaucoup moins pour les autres.

La fiscalité applicable dépend des modalités de sortie. Ainsi, la rente viagère est soumise à l’impôt sur le revenu en tant que pension de retraite. En cas de sortie en capital, les fonds sont également soumis à l’impôt sur le revenu. Si l’épargnant a renoncé à la déduction fiscale lors de l’épargne, la fiscalité est plus légère.

Au contraire, l’assurance-vie présente une fiscalité attractive grâce à la possibilité de bénéficier de taux d’imposition peu élevés. Pour les versements effectués après 2017, voici comment elle se présente :

  • Pour les contrats de moins de 8 ans, les versements sont soumis, sauf option contraire, au PFU au taux global de 30 % : 12,8 % seulement d’IR et 17,2 % de prélèvements sociaux.
  • Pour les contrats de plus de 8 ans, les versements de moins de 150 000 € sont imposés à 7,5 % (+ 17,2 % de prélèvements sociaux). Au-delà, le PFU de 30 % s’applique.

PER ou assurance-vie : que se passe-t-il en cas de décès du souscripteur ?

S’agissant du PER, il est possible de souscrire des options pour protéger financièrement ses proches en cas de décès pendant la phase d’épargne ou encore pendant la phase de rente.

La fiscalité du PER assurantiel (ouvert auprès d’une compagnie d’assurance) au décès est la même que celle de l’assurance-vie (cf infra). Le régime applicable dépend de l’âge du titulaire du plan au moment du décès (avant ou après 70 ans).

Le décès du titulaire d’un PER ouvert auprès d’un gestionnaire actif emporte quant à lui application des règles classiques du droit de succession.

De son côté, la transmission d’une assurance-vie au décès est génératrice d’avantages fiscaux. Grâce à la clause bénéficiaire incluse dans chaque contrat, les bénéficiaires désignés pourront percevoir la valeur du contrat au moment du décès de l’épargnant.

La fiscalité applicable diffère selon la date des versements :

  • Les versements effectués sur l’assurance-vie avant les 70 ans de l’épargnant n’entrent pas dans la succession. Ils sont soumis à un taux d’imposition spécifique de 20 %, après application d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire.
  • Les versements effectués après les 70 ans de l’épargnant entrent quant à eux dans la succession, après application d’un abattement global de 30 500 €. Les produits financiers du contrat ne sont pas taxés. C’est le régime de l’article 757 B du CGI.

PER vs assurance-vie : tout dépend de votre profil

Pour choisir entre assurance vie ou PER, tout dépend finalement de votre situation et de votre stratégie d’investissement à moyen et long terme. À chaque profil son placement adéquat !

Le PER est ainsi idéal pour les épargnants proches de la retraite ayant des revenus élevés amenés à diminuer fortement au moment du passage à la retraite (médecins en profession libérale notamment). L’argent sera ainsi bloqué peu de temps et la baisse du TMI après la retraite permettra de bénéficier réellement de la déduction fiscale obtenue à l’entrée.

L’assurance-vie, quant à elle, convient dans tous les autres cas. Elle est aussi un formidable outil de succession.

Finalement, l’assurance-vie présente de très nombreux avantages, même dans l’objectif de constituer une retraite complémentaire.

Il est bien entendu possible de cumuler PER et assurance-vie. Ces deux placements répondent à des objectifs et un cadre juridique bien différents. Ils peuvent alors être complémentaires.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre site, ou faites une simulation d'investissement :

Hugo Bompard

Hugo Bompard

Statisticien Économiste, précédemment chercheur au Centre de Recherche en Statistique et en Économie, Hugo Bompard est Directeur Scientifique de Nalo.

Laisser un commentaire

You have to agree to the comment policy.